site de réflexion et de réinformation sur l'Afrique, toute la vérité sur l'Afrique


Buhari et Biya

Buhari et Biya

Le Nigeria, l’État le plus peuplé d’Afrique avec ses 187 millions d’habitants, proclame son indépendance le 1er octobre 1960 il y a 57 ans. Il reste tiraillé sur la question sensible de la préservation de son unité. Le président Muhammadu Buhari est inflexible: pour lui, il est hors de question de remettre en question cette unité. Paul Biya absent de son pays depuis le 72ème sommet de l’ONU appelle à l’apaisement. Un mouvement sécessionniste anglophone réclame la partition du pays et veut son indépendance.

De profondes divisions ethniques et des tensions au sein des trois territoires avaient mené, en 1954, à l’adoption de la Constitution Lyttleton.

Celle-ci créait une fédération au sein de laquelle les régions profitaient d’une certaine autonomie. L’élection de décembre 1959 entraîne la création d’un gouvernement de coalition entre les deux grandes formations politiques du Nigeria : le Northern People’s Congress (NPC) et le National Congress of  Nigeria and Cameroons (NCNC).

En janvier 1960, le Parlement se prononce en faveur de l’indépendance dont les modalités – défense, aide financière, etc. – sont discutées avec le gouvernement britannique. L’approbation de Londres est acquise le 15 juillet et l’indépendance proclamée le 1er octobre en présence de représentants de plusieurs pays occidentaux. Le premier ministre nigérian est Alhaji Abukabar Tafawa Balewa. Il décédera lors d’un coup d’État qui surviendra le 15 janvier 1966. Le 21 février 1961, un référendum permettra le rattachement d’une partie du Cameroun anglais au Nigeria.

Défis prioritaires du président Buhari

D’emblée, le chef d’Etat nigérian s’est voulu ferme tout en tendant la main pour apaiser la tension née de la crise que traverse certains États fédérés du pays notamment ceux de l’ancienne République sécessionniste du Biafra.

Depuis octobre 2015, les tensions ne cessent de s’amplifier poussant les autorités à déployer d’importants moyens militaires pour contenir les agissements du  qui milite de nouveau pour l’indépendance de cette région située dans le sud Est du pays et à moitié Igbo. « Les récents appels à la restructuration de l’Etat fédéral étaient appropriés dans un débat légitime mais elles ont ouvert la brèche à des groupes hautement irresponsables qui appellent au démembrement de notre pays » a regretté le président nigérian avant de déclarer que son gouvernement « ne peut pas et ne permettra pas un tel plaidoyer ».

Sur le plan sécuritaire, il a rappelé les victoires enregistrées par l’armée sur la secte islamiste Boko Haram dont la capacité de nuisance a considérablement été réduite grâce au renforcement des moyens d’interventions des différents corps et services de défense et de sécurité du pays. « Nous n’allons pas baisser les bras » a promis Muhammadu Bihari qui a également annoncé que les actions seront encore intensifiées en matière de sécurité pour lutter non seulement contre le terrorisme, mais aussi contre les enlèvements, les vols à main armée qui visent les bergers et les agriculteurs afin d’assurer la paix, la stabilité et la sécurité dans le pays.

En outre a mis en exergue Buhari, le programme d’intervention spécial mis en place à permis d’injecter des milliards d’euros du gouvernement pour venir en aide à des populations .

Les velléités de sécession du Cameroun

Les anglophones du Cameroun ont décidé de proclamer la sécession de leur région. Ce qui n’était qu’une grogne est devenu une colère ; la simple protestation, un début de soulèvement. La proclamation symbolique de l’indépendance, prévue dimanche 1er octobre, n’a fait que tendre la situation dans la région anglophone du Cameroun, dans le Sud-Ouest du pays.

Le pouvoir, signe d’une certaine angoisse, a réagi avec force. Un couvre-feu, rebaptisé «mesures régulatoires», Des renforts de police et de l’armée ont été dépêchés sur place. Internet a un très faible débit et sous surveillance.

Au commencement, les avocats et les professeurs de la minorité anglophone (environ 20% de la population) protestaient alors contre la «francophonisation du système anglo-saxon». La Cameroon Teachers Trade Union accusait le gouvernement de Yaoundé de favoriser les francophones dans les écoles anglophones. De son côté, le barreau affirme que la Common law, le système britannique, est de plus en plus supplantée par le droit latin. Les anglophones «sont marginalisés», résume Joshua Osih, député d’une région anglophone et vice-président du Social democratic front (SDF), le premier parti d’opposition camerounais. Le bilinguisme est certes inscrit dans la constitution mais, reste purement théorique.

La Racine du mal

Dans les faits, cette querelle est la même depuis mai 1972 et la décision abrupte du pouvoir central de réunir le pays au sein «d’une république Unie». Cela a mis fin à un protocole de 1961 qui consacrait un état avec deux systèmes: un pour l’ex-colonie française et l’autre pour l’ancienne partie sous mandat britannique. Les différentes tentatives pour endiguer les antagonismes ont depuis échoué, y compris celle d’ôter le mot «Unie» dans la devise de la république.

Le choix des séparatistes du 1er octobre pour instaurer l’indépendance ne doit d’ailleurs rien au hasard. La réunification du Cameroun avait été proclamée le 1er octobre 1961. «(Cette) réunification mal conduite, fondée sur un projet centraliste et assimilationniste, a mené à un sentiment de marginalisation économique et politique de la minorité anglophone et à une prise en compte défectueuse de sa différence culturelle», souligne le centre de recherches International Crisis Group (ICG), dans un récent rapport.

Par Africa24monde Avec afrik-inform | Bianca Fatou

Leave a Reply


  • Archives