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Kojo Annan, le fils de l’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan. CRÉDITS – AFP

Kojo Annan, le fils de l’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan. CRÉDITS – AFP

Afrique : «Panama Papers»: ces fils de dirigeants africains pointés du doigt

Une centaine de médias, dont Le Monde, ont enquêté sur l’utilisation par des dizaines de personnalités de sociétés-écrans dans des paradis fiscaux, sur la base de documents provenant du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca. Les résultats de ce travail ont commencé à être publiés dimanche 3 avril, sous le nom de « Panama Papers ». L’onde de choc est mondiale. Parmi les personnalités africaines apparaissant dans ces fichiers : plusieurs fils de chefs d’Etat ou de hauts dirigeants.

Le fils de Kofi Annan et un associé nigérian

Kojo Annan et Laolu Saraki ne sont pas considérés comme des « personnes politiquement exposées » par la firme panaméenne Mossack Fonseca. Et pourtant. Le premier, 43 ans, est le fils unique de l’ancien secrétaire général de l’ONU, le Ghanéen Kofi Annan, et avait été mis en cause dans le cadre du programme de l’ONU « pétrole contre nourriture » en Irak. Avant d’être blanchi en 2005 par le rapport du panel indépendant dirigé par Paul Volcker.

Le second est le fils de l’influent sénateur nigérian Abubakar Olusola Saraki, décédé en 2012. Tous deux apparaissent dans les fichiers consultés par Le Monde comme actionnaires de la société Blue Diamond Holding Management Corp, enregistrée par Mossack Fonseca aux îles Vierges britanniques le 27 août 2002. Selon les statuts de ce véhicule financier au capital de 50 000 dollars, le champ d’action est large : immobilier, négoce « de toute marchandise », investissement…

On les retrouve également comme directeurs de la société Sutton Energy Ltd, enregistrée la même année aux îles Vierges britanniques puis transférée aux îles Samoa. « Ces sociétés opèrent en légalité avec les lois et les régulations de chaque juridiction où elles paient des impôts », explique l’avocat de M. Annan. Plus récemment, en 2015, Kojo Annan a utilisé un autre de ses véhicules financiers, Sapphire Holding Ltd enregistrée aux îles Vierges Britanniques puis transférée aux îles Samoa par Mossack Fonseca. Cette société a fait l’acquisition d’un appartement à Londres dont le prix indiqué est de 500 000 dollars (440 000 euros).

Denis Christel Sassou-Nguesso éclaboussé

Denis-Christel Sassou Nguesso

Denis-Christel Sassou Nguesso

A Brazzaville, il est surnommé « Kiki le pétrolier ». Denis Christel Sassou-Nguesso ne se contente pas du statut de « fils de » Denis Sassou-Nguesso, au pouvoir depuis trente-deux ans et réélu le 20 mars à l’issue d’un scrutin contesté. Il est député d’Oyo, le fief familial au nord du pays, membre du bureau politique du Parti congolais du travail (au pouvoir), directeur général adjoint de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), administrateur général de la raffinerie nationale, Coraf.

Homme politique et homme d’affaires soupçonné de corruption, Denis Christel Sassou-Nguesso apparaît dans les fichiers de Mossack Fonseca dès les années 1990. Selon les documents consultés par Le Monde, il a mandaté la firme panaméenne pour créer une société domiciliée aux îles Vierges britanniques, Phoenix Best Finance Ltd.

Puis, en 2002, son nom réapparaît à côté de celui du négociant de pétrole Jean-Philippe Amvame Ndong, à la tête de l’entreprise genevoise Philia SA, sur un document à en-tête d’une société de conseil suisse, JC Consulting Co Sarl, adressé le 12 décembre 2002 à Mossack Fonseca. Il s’agit alors de nommer Denis Christel Sassou-Nguesso fondé de pouvoir de Phoenix Best Finance Ltd. Contacté à Brazzaville par Le Monde, il nie en bloc : « Je ne connais ni Mossack Fonseca ni Phoenix, ni ces traders [de pétrole congolais] soi-disant proches de moi. »

Papa Mamadou Pouye, ami d’enfance de Karim Wade

Dubaï Port : Un versement suspect de 35 millions de dollars
                            Karim Wade, fils de l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade

Au Sénégal, l’affaire fruit d’une enquête menée par Le Monde et une centaine de journaux partenaires, risque de faiore des vagues. Papa Mamadou Pouye, ami d’enfance de Karim Wade, a été lié à trois sociétés offshore montées par le cabinet Mossack Fonseca. Dans une lettre en date du 2 août 2012, Mamadou Pouye donnait mandat, au nom de Latvae Group Inc qu’il contrôle, au cabinet Mossack Fonsca, afin de lui gérer ses actifs, ni vu, ni connu. Quatre ans au paravent, en octobre 2008, il avait déjà sollicité le même service, cette fois-ci, pour une autre entité, Seabury Inc, société de droit panaméen.
 
Il se trouve que ces structures ont vraisemblablement servies à cacher des fonds issu de pratique peu orthodoxes. En effet, Seabrury Inc et Latvea ont signé avec Dubaï Port World, des contrats s’élevant à 35 millions de dollars pour des « services de conseils ». Selon « Libération », la Commission d’instruction  de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CI-CREI) avant identifié ces trois sociétés mais elle peinait à avoir plus d’informations à cause du manque de coopération des autorités panaméenne.

La CI-CREI avait identifié un compte ouvert à Monaco au nom de Regory Invest où était logé la somme de 2.332.195,15 euros. « Personne n’était au courant de ces contrats », confie une source haut placée du Port. Presque tous les corps de contrôle du Sénégal avaient mis en cause le contrat de Dubaï Port Word  qui a dû, à la suite d’un tyravail remarquable  de la Section de recherche, verser un reliquat de 24 milliards de F CFA au trésor. Du coup, la CREI qui l’avait placé sous administration provisoire, avait arrêté toutes les poursuites entreprises contre Dubaï port qui avaient bénéficié de faveurs indues de la part de l’ancien régime.  

Khulubuse Zuma, le neveu du président Jacob Zuma 

En Afrique du Sud, Khulubuse Zuma, homme d’affaires, magnat du secteur minier et neveu du président Jacob Zuma, se trouve parmi les personnalités citées par les « Panama Papers » comme ayant recouru à des montages offshore pour dissimuler leurs actifs.

Selon les « Panama Papers », Khulubuse Zuma aurait entreposé une importante somme d’argent sur un compte dans les Iles Vierges britanniques. La somme aurait été déposée en 2010, peu après qu’il avait gagné un important contrat minier en République démocratique du Congo (RDC).

Le neveu du président sud-africain a obtenu des concessions pétrolières sur le lac Albert, à la frontière avec l’Ouganda, via la société Caprikat dont il est l’un des actionnaires. La société aurait été immatriculée aux Iles Vierges britanniques trois mois avant la transaction jugée douteuse par certains. Pour l’ONG britannique Platform, elle est défavorable aux intérêts de l’Etat congolais. D’autre part, cette transaction est jugée douteuse car elle a eu lieu quelques mois seulement après une visite du président Jacob Zuma en RDC.

Par  Africa24monde / OEIL D’AFRIQUE  / Le Monde / RFI / pressafrik

http://www.africa24monde.com/view.php?article=panama-papers-ces-fils-de-dirigeants-africains-pointes-du-doigt

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