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Mohammed ben Salman, prince héritier d'Arabie saoudite, le 24 octobre 2017 à Riyad. REUTERS/Hamad I Mohammed/File Photo

Mohammed ben Salman, prince héritier d’Arabie saoudite, le 24 octobre 2017 à Riyad. REUTERS/Hamad I Mohammed/File Photo

Grand nettoyage en Arabie saoudite. Des dizaines de princes, de ministres et d’hommes d’affaires ont été arrêtés lors d’une opération anti-corruption qualifiée de « décisive » par les autorités. Cette purge sans précédent, un coup de billard à plusieurs bandes, a été déclenchée juste après la mise en place d’une nouvelle commission anticorruption présidée par le nouvel homme fort du régime, le prince héritier Mohammed ben Salman, parti dans une ascension fulgurante vers le trône.

On le sait depuis juin 2017, c’est Mohammed ben Salman qui a été choisi pour succéder, un jour, à son père âgé de 81 ans, le roi Salman d’Arabie saoudite. A 32 ans tout juste, le fils du monarque est désormais l’homme fort du royaume. Très actif, notamment sur la scène régionale, il s’est assigné pour mission de réformer son pays ultra-conservateur et de peser dans les affaires du Moyen-Orient.

Entre autres avantages, cette purge, considérée par les observateurs comme une opération de consolidation de son pouvoir, pourrait notamment trouver un écho favorable auprès d’une certaine catégorie de la population saoudienne, instruite, jeune, féminisée. Pour Fatiha Dazi-Héni, Mohammed ben Salman se lance en quelque sorte à la conquête des cœurs de son futur royaume.

L’inquiétude la plus forte de la jeunesse, qu’il cible comme son futur public pour assoir sa légitimité, c’est ce système de corruption, de wasta, de piston, qui fait qu’on a une société princière, une communauté d’affaires qui constitue une sorte de société très particulière. Et les autres sont laissés-pour-compte. Mohammed ben Salman a annoncé également en direction de cette jeunesse une volonté de détendre un peu l’atmosphère sociale, avec des espaces de divertissement. Tout cela adressé à une certaine jeunesse, éduquée, acquise à ses projets, de même qu’en direction des femmes, le droit de conduire, le fait de promouvoir beaucoup plus la femme au sein de la force active. Tous ces signes-là, c’est aussi une volonté de, entre guillemets, se mettre dans la poche cette partie de la population qui a été un peu négligée et qui pourrait être, dans le futur, cooptée. Et même être la base de sa légitimité. On est dans la phase de consolidation de son pouvoir

Fatiha Dazi-Héni, chercheuse spécialisée sur les monarchies de la péninsule arabique à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (Irsem), enseignante «monde arabe» à l’IEP de Lille06/11/2017 – par Anastasia Becchio

Par Africa24monde Avec RFI

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