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Les soldats burkinabés. (Archives)

Les soldats burkinabés. (Archives)

Le scénario dit de libération des otages occidentaux au Burkina y est sans doute pour quelque chose : le pays des « hommes intègres » n’entend pas tomber dans le piège français. Après le Mali, c’est aussi au Burkina Faso que les troupes d’occupation française sont remises en question. 

Dans une interview donnée au journal sud-africain Mail & Guardian, le ministre de la Défense du Burkina Faso, Moumina Cheriff Sy, s’interroge sur l’action de la France au Sahel. Alors que les moyens tricolores engagés sont considérables, le terrorisme continue quand même de s’étendre.

La charge est surprenante de la part d’un haut responsable d’un « pays allié » de la France. « Les Français ont près de 4 000 hommes dans la région, ils disposent de toutes les ressources militaires et technologiques, aussi suis-je étonné qu’ils n’aient pas été en mesure d’éradiquer cette bande de terroristes », estime le ministre de la Défense du Burkina Faso, Moumina Cheriff Sy, dans une interview donnée à l’hebdomadaire sud-africain Mail & Guardian.

« Nous nous posons beaucoup de questions : s’ils le voulaient vraiment, ils auraient pu les battre, alors, ont-ils d’autres priorités ? » interroge le ministre, sans préciser davantage sa pensée.

Effectivement, les moyens déployés sont réellement démesurés et montrent parfaitement que les objectifs de ce déploiement massif ne sont pas du tout la prétendue lutte contre le terrorisme. Depuis l’émergence d’autres puissances en Afrique et de la résistance africaine, l’Occident n’a plus le monopole des ressources dans les pays africains.

Ce qui fait que ce déploiement de troupes militaires dans le triangle Mali/Niger/Burkina Faso a pour but de relancer le colonialisme tout en prenant compte cette fois de l’acteur principal au sein du continent, à savoir la résistance. L’Occident n’a jamais eu une quelconque volonté de rétablir la situation en Afrique. À titre d’exemple, la France avait fait don de 1 400 fusils d’assaut, saisi auparavant sur les côtes du Yémen.

Mais ces fusils d’assaut n’avaient pas de chargeurs ni de munitions. Les États-Unis ont fait pareil récemment, en faisant don de matériel militaire au Niger. Ils ont mis à la disposition du bataillon nigérien 8 camions, 71 GPS, 4 réservoirs, 30 barrières, 50 jumelles, 26 lampes de recherche portatives, 800 casques balistiques et 18 tentes collectives.

Du matériel d’un coût de plus de 21 millions de dollars, pour lequel le ministre nigérien de la Défense, Kalla Moutari, s’est trouvé dans l’obligation de saluer le geste. Du matériel qui maintient toujours l’armée nationale dans sa dépendance envers les forces d’occupation étrangères.

Si le ministre de la Défense burkinabé remet en question la présence des militaires français au Sahel, le déploiement des États-Unis n’est pas non plus à négliger, avec des bases de drones et une base de la CIA déployées au Niger.

Le fait d’affaiblir les armées nationales des pays africains, et de déployer autant de moyens, c’est surtout dans le but de délimiter de nouvelles frontières en Afrique, tout en tenant compte de la Résistance et de la montée de l’influence du bloc de l’Est au sein du continent.

La résistance se veut de plus en plus forte, et le réveil des consciences au sein de la population africaine face à la présence des troupes d’occupation est tel que les habitants arrivent à tenir en échec les plans néocoloniaux qui sont ourdis par l’Occident.

Par Regardsurlafrique Avec Presstv

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