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Le général Asso'o Emane Benoît , photo | illustration/afriqinter

Le général Asso’o Emane Benoît , photo | illustration/afriqinter

CAMEROUN : GÉNÉRAL BENOÎT ASSO’O EMANE, «LE GÉNÉRAL SEMENGUE A MENTI SUR LE 06 AVRIL»

Avant votre arrivée au commandement du Quartier général, le colonel Bouba Kaélé avait longtemps dirigé cette unité. On le présentait alors comme l’un des fidèles du président Ahidjo. Paul Biya arrive au pouvoir et vous êtes promu aux fonctions de commandant du Quartier général quelques temps plus tard. Peut-on considérer que vous êtes « le Bouba Kaélé » du président Paul Biya ?

Si vous voulez… Cela se comprend et se justifie à travers les événements de 1984. Figurez-vous que j’arrive au Quartier général, et, en 1984, il y a ce que vous connaissez : la tentative de coup d’Etat du 6 avril 1984. Je me positionne du côté du pouvoir, c’est-à-dire du côté du chef de l’Etat. Et tout le monde sait comment ça s’est passé…

Parlant des événements d’avril 1984, le général Pierre Semengue a commis un ouvrage il y a quelque temps, dans lequel il raconte sa version du putsch manqué. Pensez-vous que ce récit qui montre finalement que le général Semengue a occupé une place centrale dans la défense du pouvoir de Paul Biya est exact ? Quel a été votre rôle à vous ?
Vous savez très bien que tout le monde a défendu le chef de l’Etat. Et chacun l’a défendu à sa manière… Depuis que le général a écrit son livre, il y a beaucoup de choses qui ont été dites par des officiers qui ont servi sous son commandement. Moi, je relaterai seulement ce qui s’est passé. Et je peux vous dire que quelques semaines avant les événements, j’ai été informé de ce qui se tramait du côté de la Garde républicaine…

Comment vous réagissez ?
… J’invite chez moi le général Pierre Semengue, chef d’état major des Armées, le commandant Benaé Mpeké, le capitaine Roger Bolo notamment, et je leur dis que je possède des informations selon lesquelles les officiers de la Garde républicaine envisagent d’organiser un coup de force. Et je leur précise mon intention d’aller désarmer les hommes du colonel Salé Ibrahim en enlevant les percuteurs de leurs canons. Nous commençons la discussion à 21h et elle s’achève à 5h. Le général Semengue me fait savoir qu’il ne faut pas chercher des problèmes aux gens du Nord. Et qu’il ne faut pas absolument embêter mes camarades du Nord en leur cherchant des histoires ; parce ce que si je vais à la Garde républicaine enlever les percuteurs des canons, le colonel Salé Ibrahim risque de se fâcher. On se sépare donc à 5h du matin sans arriver à adopter une position commune.

Au sortir de notre rencontre, le général Semengue s’en va voir Gilbert Andzé Tsoungui, le ministre d’Etat en charge des Forces armées, pour lui faire part des mes intentions et de son désaccord. Lorsque j’arrive donc pour voir le ministre des Forces armées à 8h30, celui-ci me dit : « Il ne faut pas chercher cette affaire-là, il faut plutôt suivre les gens du Nord.  » Et je lui demande comment je pourrais les suivre, puisque je suis à pied. A ce moment-là, le ministre des Forces armées me dit : « Dans l’armée, on exécute les ordres ! » Je rentre donc chez moi sans l’autorisation d’enlever les percuteurs des canons de la Garde républicaine. Pourquoi enlever les percuteurs ? Parce que tant que l’on a des percuteurs, des coups peuvent partir…

Qu’est-ce qui se passe effectivement ?
Le colonel René Claude Meka, directeur de la Sécurité présidentielle, m’appelle le 5 avril et me demande de renforcer la garde. Je lui demande pour quelles raisons. Il me répond qu’on en parlera. Ce soir-là, je reçois chez moi le secrétaire général du ministère des Forces armées et le ministre de l’Administration territoriale, accompagnés de leurs épouses que j’ai invité à dîner. Il s’avère que c’est pendant qu’on mangeait que les gars ont réussi à enlever toutes les munitions des points sensibles du Plateau Atemengue.

Et quand vous finissez votre dîner, qu’est-ce qui se passe le 6 avril au matin ? Comment réagissez-vous aux premiers coups de canon?
Après le dîner, mon épouse et moi décidons de regarder un film. Je me couche vers 3h45… Et ce sont les coups de feu qui me réveillent. Et je me dis : « Je savais bien que ces gars-là allaient passer à l’action et voici maintenant qu’ils nous surprennent… » A ce moment, j’avais déjà deux chars dans ma concession et j’entendais des voix me dire : « Asso’o, rendez-vous ! » C’est alors que le général Semengue m’appelle et me demande : « Qu’est-ce qui se passe ? » Je lui réponds : « Mon général, je vous avais dit que ces gars allaient passer à l’action. Moi, je ne suis pas dehors et je suis sûr que c’est eux qui sont là, parce qu’on me demande de me rendre. » Quelque temps après, Gilbert Andzé Tsoungui appelle à son tour pour savoir ce qui se passe. Je lui dis : « Monsieur le ministre d’Etat, je vous avais dit que ces gars allaient passer à l’action. Ils me demandent de me rendre. »

Dans l’ouvrage commis par le général Pierre Semengue, on se rend compte que, finalement, la riposte du pouvoir s’organise autour de lui. Quelle est votre appréciation de la manière dont a été défendu le pouvoir ?
A partir de ce moment-là, ma femme, mon beau-frère et ma belle-soeur me conseillent de me réfugier dans le plafond, mais je me rends compte qu’il y a trop de fils électriques. Je descends et j’essaye de gagner mon bureau. Lorsque j’arrive au premier poste de garde, tout près de l’actuelle direction du Budget, je demande aux soldats s’ils ont des armes. Ils me disent qu’ils ont été désarmés. A ce moment, j’essaye de traverser la route et je tombe nez à nez avec un blindé qui venait du coté de la résidence du président de l’Assemblée. J’effectue un bond, je me renverse et me reçois sur mon épaule, malade jusqu’à ce jour. Je parviens néanmoins à ma résidence avec un seul bras. Alors j’appelle le commandant de la Légion de gendarmerie à Bertoua. Sa première épouse me répond qu’il n’a pas dormi à la maison. J’attends une heure et je me dis alors que, peut-être, ces gens sont dans le coup. J’appelle le commandant Yakana Guebama à Douala et lui demande de préparer deux avions pour aller chercher deux compagnies à Koutaba. Une compagnie de cette unité devait être parachutée autour du stade Omnisports pour aller reprendre le Palais et libérer le président de la République, parce que à ce moment, je sais où il se trouve. Et l’autre compagnie devait débarquer à l’aéroport de Yaoundé pour venir me sauver au Quartier général, parce que je suis déjà bloqué.

Après Yakana, j’appelle Bafoussam. Je tombe sur le capitaine Barnabas Enanga (qui est actuellement aux ordres du Premier ministre). Je demande au capitaine de dire au colonel Mathurin Meyong, qui commandait alors le 22è bataillon d’infanterie, de convaincre Koutaba de préparer deux compagnies de parachutistes qui doivent débarquer à  Yaoundé. Après Bafoussam, j’appelle un commissaire en service à l’ambassade du Cameroun en France et je luis dis ceci : « Cette affaire ne nous a pas encore dépassé, il ne faut pas que nos amis français interviennent. Nous mêmes on va résoudre le problème à notre niveau. » Et c’est là que je prends le commandement.

Vous êtes-là en train d’organiser la riposte. Est-ce que ce sont des prérogatives liées à la fonction de commandant du Quartier général ? Il y a un chef au-dessus de vous… Comment vous faites ?
Ce que je dis, c’est qu’il faut que la vérité se sache : jusqu’à la libération du chef de l’Etat, aucun général n’a pris le commandement des opérations. Le seul commandant des opérations, c’était moi !

Comment évoluent donc les choses dès ce moment ?
Je souhaite un peu revenir aux conditions de ma libération. Quand ma maison est attaquée, aux environs de 10h et que je réussis à en sortir, je rencontre Eno Belinga et mon petit frère. Je dis à Eno Belinga d’aller à Ebolowa prévenir les unités qui y sont basées, afin qu’elles viennent défendre le chef de l’Etat. Je demande à mon petit frère, Benjamin, d’aller à Sangmélima pour que les gars viennent défendre le chef de l’Etat. Lorsque je reviens chez moi, je dis à ma femme que j’ai vu des gens attroupés devant la résidence du général Semengue. C’est à ce moment que les putschistes étaient venus enlever le général. C’est à ce moment là également que les amis du général sont venus le chercher pour le sortir de sa concession et de Yaoundé. Je ne sais pas où il est parti. Mais, moi, je suis resté seul au Plateau Atemengue.

Quand je rentre dans ma chambre, je vois deux blindés qui se dirigent vers ma maison : un venant du côté du domicile du général Semengue, l’autre venant du domicile du président de l’Assemblée nationale. Quand les deux chars s’arrêtent, ils pointent leurs canons vers ma maison et je dis à ma femme : « Nous sommes morts ! » Les gars savaient que je me trouvais dans cette chambre là.

Ils savaient que c’était là qu’il fallait absolument frapper. Ils ont donc commencé à tirer sur la maison. Ma femme et moi nous sommes réfugiés dans des coins différents de la chambre que j’ai appelée par la suite « la chambre de Dieu ». Pendant une heure, ma maison a été bombardée. J’ai demandé à ma famille de ne pas dire où je me trouve parce que  c’est moi qu’on cherche. Car si on me tuait, le pouvoir allait tomber.

Je suis donc rentré dans les douches. Et Dieu seul sait que moi, je suis originaire d’une zone de pygmées. J’ai été obligé d’employer des méthodes qu’on nous apprend au village et qui me rendent invisible. Lorsque les gars sont arrivés, la première question qu’ils ont posée était : « Où est le colonel ? » Mon fils Bernard leur a dit que je n’étais pas là, que j’étais déjà avec eux sur le terrain. Ils ont ensuite dit: « Debout ! » Mon grand frère, qui devait être évacué en France pour se faire opérer, leur a répondu: « Moi je suis malade. »  Puis, j’ai entendu : « Mettez vous sur la route! » J’ai dit. :  » Ça y est, on va les tuer ! »

Après, les putschistes ont dit : « Tirez sur la maison, la révolution va reconstruire ! » A ce moment-là, je me suis couché dans la douche. J’ai dit à Dieu : « C’est toi qui a donné le pouvoir au président Biya, Ahidjo n’a été qu’un relais, maintenant que nous devons mourir entre tes mains, Dieu, je te remets mon destin ! » Ils ont tiré sur la maison, et, comme par miracle, rien n’est tombé sur moi, aucune caillasse ! Les débris tombaient entre mes genoux. Après une heure de tirs, le froid du ciment m’a endormi. J’ai été projeté dans mon village. J’ai trouvé ma mère, décédée en 1973, debout sur la tombe de mon père. Elle m’a dit: « Mon fils, tu vas gagner ce combat. »

Lorsque je me suis réveillé, il faisait une chaleur de tonnerre ce jour-là. Je n’ai plus entendu de bruit. Je suis sorti et j’ai mis une cartouche dans mon pistolet. Je voudrais signaler qu’il ne me restait que neuf cartouches. Je suis descendu pour aller reconquérir le Quartier général. Je tombe sur mon petit frère qui revenait, sur mes instructions, de Sangmélima où on lui avait remis 36 grenades. Quand il m’a vu, il s’est mis à pleurer. Je lui ai dit : « Ce n’est pas le moment de pleurer, je suis libre et à partir de maintenant commence la guerre ! »

Quelle heure est-il à ce moment-là?
Il doit être 14h. Alors, je me couche donc sur le siège arrière du taxi et je demande à mon petit frère quel itinéraire il a emprunté. Il me dit qu’il a roulé comme je le lui ai recommandé. Je lui dis : « On refait le même itinéraire. Mais cette fois-ci, destination état-major de l’Armée de terre. » On chemine sous les balles. Ça siffle de partout. On suit alors l’itinéraire ambassade de France-pont d’Olezoa-carrefour de la Mefou. Et on arrive devant une pharmacie. A ce moment, le taxi tombe en panne sèche. Et, lorsque les populations se rendent compte que c’est moi qui suis couché-là, elles poussent le taxi jusqu’à la station Shell. Je n’avais pas d’argent en poche et ce sont les populations qui ont payé la note et me disant : « Nos prières t’accompagnent. »

Je vous précise que si une seule balle touchait les grenades, mon petit frère et moi étions pulvérisés… Quand j’arrive devant la cathédrale, je m’assois. Je sais que l’état-major de l’Armée de terre n’est pas très loin. Quand j’arrive à l’état-major, je vois des soldats qui se réjouissent : « Le colonel est vivant ! » Je leur demande où se trouve le ministre, car il faut reprendre le Quartier général.

Quand j’arrive donc dans le bureau du ministre, je lui montre les grenades et je dis : « Monsieur le ministre, on doit prendre le Quartier général ! » Il me répond : « Mon fils, bonne chance ! » A ce moment-là, dans le bureau du ministre, il n’y a aucun général. Aucun !

Il y a combien de personnes dans le bureau lorsque vous arrivez ?
Quand j’arrive, je trouve Gilbert Andzé Tsoungui et quelques hommes, quelques officiers qui avaient réussi à s’exfiltrer.

Donc, entre 3h du matin et 16h, à peu près, lorsque vous arrivez dans ce bureau, il n’y a aucune coordination entre vous, le commandant du Quartier général et un quelconque général…
Il n’y a aucune coordination en ce moment-là. Nous prenons le chemin du Quartier général. Je vous fais remarquer que mes hommes sont très peu nombreux, car depuis l’état-major de l’Armée de terre jusqu’au Quartier général, je n’ai rencontré des soldats qu’au niveau du monument de la Réunification. C’était la compagnie que le commandant Benaé Mpéké m’avait envoyée. A ce moment, je peux dire que je travaille avec Benaé. C’est le seul  officier avec lequel j’ai un contact.

Comment organisez-vous la riposte?
Quand j’arrive devant la maison du général Semengue, il n’y a personne. Là, je tourne à gauche et j’arrive chez moi. Je trouve que ma maison continue de brûler. Lorsque je parviens au Quartier général, les soldats qui me croyaient mort, en me voyant, s’enfuient apeurés. Il y a là le corps d’un lieutenant – dont je tais le nom – qui avait été abattu. C’est avec le Motorola (l’émetteurrécepteur, Ndlr) de ce lieutenant, que j’ai récupéré, que je communique avec le ministre pour lui annoncer que j’ai repris possession du Quartier général. Et que je veux organiser la contre-offensive.

Je forme alors trois bataillons. Je demande au premier d’aller reprendre la radio. Ensuite, je rentre dans mon bureau et me rends compte que l’ordre donné d’aller reprendre la radio, par exemple, n’est pas exécuté. Il me revient que personne ne bouge. Je prends alors mon pistolet et je tire en disant : « Si jamais vous ne partez pas, je vous fais exécuter ! » Et je demande : “Qui sait ce que c’est qu’une arme ? Je vais lui montrer comment on l’utilise… » Constatant ma détermination, ils sont partis. L’homme qui a repris la radio c’est le colonel Samobo. A ce moment-là, un général – dont je tais le nom – qui a rejoint le Poste de commandement (PC), me demande  de lui passer le commandement.

Je lui dis: « Mon général, depuis le matin, je ne savais pas où étaient les généraux, donc je ne peux pas vous passer le commandement. » Et le général ira se plaindre chez  le ministre en disant que, comme d’habitude, Asso’o ne veut pas se soumettre. Le ministre me contacte pour savoir ce qui se passe et je lui dis : « Monsieur le ministre, tant que je ne sais pas où se trouve le président Biya, je ne remets le commandement à personne ! » Le ministre me dit alors: « Mon fils, continue ce que tu as commencé. »

Le général Semengue affirme dans son ouvrage que, après avoir piloté toutes les opérations pendant toute la journée (ce que vous démentez à travers le récit que vous venez de faire, parce que nulle part, on ne le voit), il est venu au Palais de l’unité. Il a rencontré le chef de l’Etat. Tout le monde pense alors qu’il est venu prendre le pouvoir. Et c’est lui qui a, de sa propre volonté, déposé ses armes et annoncé au président de la République que tout était rentré dans l’ordre. Est-ce que vous avez souvenance de la survenance  d’un tel acte ? Dans quelle mesure cela est-il possible ?
Je dis que tout ceci est faux ! Le seul officier que le chef de l’Etat a vu le 8 avril, avant le discours, c’était le colonel Asso’o. C’est moi, je l’affirme ! Et le président aussi est prêt à l’affirmer. Le président n’a jamais perdu connaissance. Quand je l’ai trouvé, il était lui-même et il était vraiment maître de lui-même. Et ce  que vous devez savoir, c’est que, au Palais, il y a un abri souterrain. Je ne l’avais pas trouvé dans l’abri souterrain : il était dans son bureau, celui réservé de la résidence privée. Et c’est là donc que je lui fais comprendre que le peuple veut entendre sa voix et qu’il est encore le patron de ce pays. Tout ce que je sais, c’est que c’est moi qui étais armé.

C’est moi seul qui étais armé. Et quand les gens disent partout qu’Asso’o veut faire un coup d’Etat, si je voulais faire le coup d’Etat, je le faisais à ce moment. Mais c’était le président Biya que je voulais libérer. Je ne peux pas dire que le général n’est pas intervenu après. Non ! Je veux préciser qu’il est intervenu après son retour de là où il était parti. Il n’y a que le colonel Titus Ebogo qui peut vous dire là où il a rencontré le général Semengue. De toutes les façons, j’ai un livre que je publierai lorsque j’aurai quitté l’armée et qui s’intitule : « Mon combat du 6 avril ». Il aura plus de détails sur cette question, et plus de photos.

Immédiatement après cette épreuve-là, vous connaissez comme une sorte de passage à vide dans le cadre de votre propre parcours. On a le sentiment que c’est vous, finalement, qui avez libéré le président. Mais après, vous publiez un ouvrage plus ou moins controversé. Quel problème posait ce livre ?
Le problème, c’est que j’écris dans mon livre que les chefs doivent être à leur place, et, surtout, que la doctrine d’emploi des forces en vigueur au Cameroun date du temps de Bismarck. Voilà, semble-t-il, ce qui posait problème. Je faisais remarquer que nous sommes déjà à la troisième année de la Réforme, nous n’avons toujours pas de doctrine d’emploi des forces.

Vous quittez quand même Yaoundé dans des conditions un peu douloureuses. Il nous revient que vous partez à peu près avec un baluchon, dans un train. Est-ce que vous ne trouvez pas que c’est un peu ingrat, de la part du président Biya, que vous avez libéré quelque temps plus tôt, de vous avoir fait subir de telles humiliations ?
Je ne pense pas. Je ne me suis pas senti humilié parce que ma famille m’a bien conseillé. C’est l’histoire de Job avec Dieu. Je suis Job pour le président Biya, et le président Biya est Dieu. Ce qui est important à mes yeux, c’est qu’il a vu la vérité. Il a restauré mon autorité. La preuve, il vient de me donner une troisième étoile…

Quelle est votre réaction au livre de Fréderic Fenkam, dans lequel, selon des confidences de Jean Fochivé, vous avez été à l’origine de son arrestation, car vous aviez peur qu’il ne démontre que la tentative de putsch d’avril 1984 n’était qu’un moyen pour éliminer les officiers de l’armée originaires du Nord ?
Je n’ai pas de commentaires à faire au sujet de cet ouvrage, qui contient beaucoup de fausses affirmations. Je ne sais pas ce que recherche son auteur. Je pense que le président Biya a déjà passé l’éponge sur cette affaire avec la loi d’amnistie.

© L’Oeil du Sahel : PROPOS RECUEILLIS PAR MBANGA KACK, DANS LES CAHIERS DE MUTATIONS

3 Responses so far.

  1. Julian dit :

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  2. legalsounds dit :

    Salutations! des conseils très utiles dans cet article!
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    Merci d’avoir partagé!

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