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Lamido de Rey Bouba Photo: (c) Archives

Lamido de Rey Bouba
Photo: (c) Archives

Invité du journal de 13h sur le Poste national ce vendredi 16 janvier 2015, Sa Majesté Aboubakary Abdoulaye s’est exprimé avec vigueur pour soutenir le Gouvernement et sa loi contre le terrorisme.

Interrogé par Alain Belibi, le très influent Lamido de Rey Bouba a été invité à réagir sur la loi contre le terrorisme, qu’une partie de l’opinion a jugé liberticide.

«Je regrette d’entendre ce discours, a lancé le Lamido. Vous savez très bien que le magistrat n’agit que par rapport au Code en son âme et conscience. Il se réfère toujours au Code pénal (…) »

D’un ton impérieux et un peu pédagogue, il a poursuivi: «Le Code pénal camerounais n’a pas prévu cette peine et n’a pas prévu ce crime-là. Il faut qu’on enrichisse le Code pénal camerounais qui n’a pas encore parlé de terrorisme depuis toujours. Le législateur a fait son travail. C’est de prévoir dans le Code pénal camerounais l’activité de terrorisme et d’en prévoir les peines qui sont encourues par toute personne qui a été prise dans ce cadre. Le magistrat peut, parce que cela est prévu, réprimer cet acte-là. Il n’est pas dit que, comme la loi est aujourd’hui votée, toute personne va être passée par les armes».

À la question de savoir si cette loi n’avait pas quelque arrière-pensée politique, l’ancien Secrétaire d’Etat à l’Agriculture, et actuel sénateur, a lancé: «Y a pas de harcèlement politique (…) Beaucoup de gens ont évoqué le fait que cela soit attribué au Tribunal militaire. Mais vous pouvez me dire quelle est la différence entre une arme de guerre, une arme de traite et une arme de chasse ?»
«Il y a de l’incompréhension et de l’instrumentalisation»

« Le magistrat militaire c’est déjà un magistrat comme vous et moi qui a fait l’Enam et a aujourd’hui la spécialité d’être un militaire. Et il peut discuter valablement avec les avocats et les terroristes, du calibre et de la catégorie de l’arme utilisée. Vous avez vu une mine ? Vous avez vu la bombe ? Vous avez vu la grenade ? Nous sommes des civils ! Laissons les militaires qualifier ce qui est destiné à la destruction massive et ce qui est destiné à la chasse d’oiseaux des animaux ».

« Et ce n’est pas parce que c’est le Tribunal militaire qui juge ces gens qu’on pense que c’est une cour martiale. Ce magistrat qui est juge au premier ressort a en face de lui des citoyens protégés par des avocats. Vous avez droit de faire appel. Et quand on va en appel, vous avez un collège où les militaires commencent à être très réduits ».

« Il y a de l’incompréhension et de l’instrumentalisation. Est-ce le Cameroun qui le premier a commencé à voter la loi sur le terrorisme ? Vous savez que cette loi a été recommandée par les Nations Unies il y a plus de 10 ans ? Est-ce que vous savez que l’Union Africaine a recommandé des actes, depuis combien d’années ? Que tous les Etats votent ces lois ? Le Cameroun ne se sentant pas très concerné par le terrorisme a dû aujourd’hui introduire ce terme dans son Code pénal parce que justement Boko Haram est entré au Cameroun. S’il n’y avait pas eu Boko Haram, cette loi n’aurait pas été initiée par le Gouvernement ».

Sa Majesté Aboubakary Abdoulaye, qui s’exprime très rarement dans les médias, a pris quelques minutes pour évoquer son propre cas: «Je fais toujours de la politique. Je suis membre du Bureau politique du Rdpc; je suis membre du Comité central du Rdpc; je suis sénateur. Je fais de la politique. On peut faire de la politique en étant au Sénat ou en étant au Gouvernement».

Dans le cadre de la lutte contre Boko Haram, c’est un énième soutien au pouvoir de Yaoundé qu’apporte ainsi le Lamido de Rey Bouba après la rencontre des imams et dignitaires musulmans du Cameroun, réunis à la Mosquée Centrale de Yaoundé le 4 janvier dernier.

ARTHUR BILOUNGA, Cameroon-Info.Net

 

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