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Ce que le Congo-Kinshasa a raté à partir du 24 avril 1990

Ce que le Congo-Kinshasa a raté à partir du 24 avril 1990

Ce que le Congo-Kinshasa a raté à partir du 24 avril 1990

Par Jean-Pierre Mbelu

Plusieurs d’entre nous, au sein des partis politiques ou des associations de la société civile, préfèrent être des  »Préso » et des  »esclaves volontaires  » de l’ordre néolibéral et néocolonial au lieu de participer à l’éclosion d’un grand mouvement citoyen épris de la lutte pour un Congo-Kinshasa réellement souverain. Guérir du  »mobutisme », c’est-à-dire du culte de la personnalité, des  »slogans creux » et procéder à une lutte pour un grand mouvement des masses et leadership collectif promouvant  »un primus inter pares » capable d’assumer à bon escient les défis de l’émancipation politique du Congo-Kinshasa serait une avancée formidable pour ce pays.

Quand Mobutu essaie de rompre avec le MPR/Parti-Etat, forcé par les pressions internes et externes après son discours du 24 avril 1990, il finit par initier des consultations populaires pour écouter les masses populaires profondes. Les rapports de ces consultations populaires lui ont été transmis par des  »clercs ». Un think tank aurait pu se former pour les étudier, les amender et les renvoyer à la base. Celle-ci aurait lu les amendements, formulé ses remarques avant de les renvoyer au think tank.

MULTIPARTISME VS PLURALISME

Un va-et-vient se serait instauré entre  »la hiérarchie finissante » du pays et les masses populaires du pays de façon à créer une constituante pouvant jeter les bases d’un nouveau départ pour le pays. Malheureusement, ce mouvement ne s’est pas mis en branle. Les proches de Mobutu l’ont invité à revoir son engagement et les  »clercs » ayant été en contact avec les masses populaires ont préféré sacrifié à la mode en allant s’enfermer dans  »une conférence nationale ».

Depuis 1990, l’ouverture au multipartisme est confondu, au Congo-Kinshasa, au pluralisme politique. Pourtant, il nous semble que le pluralisme politique est beaucoup plus l’expression de la diversité d’idées dans le débat politique que celle de la multiplication imbécile des partis politiques.

Un mouvement raisonnable et rationnel d’un va-et-vient régulier entre les masses populaires congolaises politisées et leurs élites  »idéalistes » (pas trop corrompues) aurait transmué le MPR/Parti-Etat en un parti avant-gardiste des masses. L’attachement servile et fanatique au MPR par la danse et le culte de la personnalité de Mobutu se serait transformé en une adhésion à un grand mouvement de masses fondé sur  »le servir-oui-se servir-non ». Ledit mouvement de va-et-vient aurait initié les critiques autour du manque de la mise en pratique de ce  »slogan ».

Hélas ! L’ouverture au multipartisme  »à trois » a fini par devenir celle du multipartisme fantaisiste à plus de 200 partis politiques. Pour cause. Mobutu n’était pas  »un acteur politique ». Il était  »une marionnette ». Et une marionnette est toujours téléguidée par son  »créateur ». Depuis 1990, l’ouverture au multipartisme est confondu, au Congo-Kinshasa, au pluralisme politique. Pourtant, il nous semble que le pluralisme politique est beaucoup plus l’expression de la diversité d’idées dans le débat politique que celle de la multiplication imbécile des partis politiques.

Un pluralisme politique riche du débat d’idées et intégrant le conflit (et le désaccord fondateur) comme moteur de la vitalité politique peut s’exprimer à travers un grand mouvement des masses populaires sans multipartisme imbécile. Des oppositions non suivies des  »massacres » sont nécessaires au cœur des mouvements se nourrissant du débat d’idées en vue d’arriver à un consensus (souvent provisoire eu égard aux limites cognitives des débattants, à l’évolution des contextes et des enjeux.)

MOBUTU ET LES « PRÉSOS »…

Le multipartisme imbécile et imbécilisant nous semble être le produit de la reproduction du culte de la personnalité entretenue sous le marrionnetisme mobutien. Plusieurs d’entre nous n’en sont pas encore guerre. Quand ils haranguent les masses ou les saluent, ils imitent Mobutu. Sous Mobutu et après lui, plusieurs compatriotes congolais sont devenus des  »Préso », des  »Présidents » ou  »des chefs ». Ils sont tombés fanatiques du  »culte de la personnalité » en renonçant aux objectifs collectifs. Ce culte de la personnalité mange les cœurs et les esprits. Ils envoûtent au point de rendre ses esclaves insensibles aux enjeux liés à la souveraineté et à l’émancipation politique des forces néolibérales et néocoloniales au Congo-Kinshasa.

Guérir du  »mobutisme », c’est-à-dire du culte de la personnalité, des  »slogans creux » et procéder à une lutte pour un grand mouvement des masses et un leadership collectif promouvant  »un primus inter pares » capable d’assumer à bon escient les défis de l’émancipation politique du Congo-Kinshasa serait une avancée formidable pour ce pays.

Plusieurs d’entre nous, au sein des partis politiques ou des associations de la société civile, préfèrent être des  »Préso » et des  »esclaves volontaires  » de l’ordre néolibéral et néocolonial au lieu de participer à l’éclosion d’un grand mouvement citoyen épris de la lutte pour un Congo-Kinshasa réellement souverain. Guérir du  »mobutisme », c’est-à-dire du culte de la personnalité, des  »slogans creux » et procéder à une lutte pour un grand mouvement des masses et un leadership collectif promouvant  »un primus inter pares » capable d’assumer à bon escient les défis de l’émancipation politique du Congo-Kinshasa serait une avancée formidable pour ce pays.

Guérir de l’inconscient mobutien avancerait le Congo-Kinshasa du côté des élites intellectuelles et politiques tout comme du côté des masses. Celles-ci, depuis Mobutu, semblent se contenter de danser et d’applaudir.  »Les Préso » les instrumentalisent pour confirmer leur  »esclavage volontaire » auprès des  »faiseurs des rois » en les invitant à remplir les stades et les autres sales de meeting.

Et comme ces  »Préso » font partie de  »la classe des dominants » tapie dans  »la République de la Gombe », ils sont disposés à les tuer ou à la faire tuer pour jouer à  »la répression des manifestations » imbécilisantes. Souvent, abruties et dégradées par l’oppression et l’appauvrissement anthropologique, elles n’arrivent pas à se poser cette question simple et banale : « Pourquoi ces  »Préso » se connaissant très bien entre eux tirent sur nous avant d’être convoqués à des tables de négociations-bidons où ils vont se retrouver, manger, boire, rigoler, etc. avant de revenir vers nous à la prochaine crise inventée… ? »

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