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Le président ivoirien, Alassane Ouattara, lors de la cérémonie d’ouverture de l’AGOA

Le président ivoirien, Alassane Ouattara, lors de la cérémonie d’ouverture de l’AGOA

Côte d’Ivoire : l’énorme arnaque US ?

Après le voyage du ministre ivoirien des Affaires étrangères, Marcel Amon Tanoh à Moscou vers la mi-juillet, où il a signé plusieurs accords de coopération avec son homologue russe, une occasion aussi pour déblayer le terrain en vue de la toute première visite d’État du président ivoirien en Russie. Après cette visite, a eu lieu le 18e forum de l’AGOA (la loi sur la croissance et les opportunités en Afrique), ce lundi, 5 août. 

Cette initiative lancée en 2000 par les États-Unis permet aux produits des pays africains d’accéder au marché américain sans barrières douanières et tarifaires. Cette année, l’événement annuel se tient à Abidjan et il a réuni de hauts responsables africains et américains. Pourrait-on dire que la France n’a plus de poids en Côte d’Ivoire ?

Trente-neuf pays du continent sont considérés comme éligibles au programme, s’ils respectent des critères, notamment en matière de bonne gouvernance, de libéralisme économique et également de respect des droits des travailleurs. Certains médias mainstream annoncent déjà que plus de 6.000 produits sont autorisés à pénétrer le marché américain, l’AGOA doit permettre aux entreprises africaines de participer au marché mondial. Avec une part de seulement 3% dans le commerce international, l’Afrique, qui vient d’entériner la création d’une zone de libre-échange continentale, pourrait devenir un concurrent sérieux.

Pour William Hartung, l’un des responsables de l’ONG World Policy Institute, les opportunités d’exportation par l’AGOA sont plutôt modestes. « Les États-Unis n’ont pas vraiment ouvert leur marché. Mis à part amener la notion de commerce avec l’Afrique et créer des possibilités de consultations en vue d’une coopération économique, la mesure est limitée ». Pour les textiles par exemple, le Botswana, la Guinée équatoriale, le Gabon, l’Afrique du Sud, Maurice, la Namibie et les Seychelles ne peuvent exporter sans taxe que des produits assemblés sur leur territoire à partir de matières premières américaines.

D’ailleurs, le Rwanda en a aussi fait les frais car les choses sont désormais compromises en raison des menaces que l’administration Trump a décidé de mettre en œuvre pour réagir à la décision de Kigali d’augmenter les droits de douane sur les importations de fripes d’origine américaine.

Le président ivoirien ramène les conditions des États-Unis sur le continent africain à travers l’AGOA.

Donald Trump a régulièrement dénoncé les politiques protectionnistes adoptées par ses partenaires commerciaux et menace régulièrement d’utiliser l’Agoa pour décourager toute mesure adoptée en ce sens.

En 2015 par exemple, le Kenya, le Rwanda, l’Ouganda et la Tanzanie se sont mis d’accord sur un plan triennal visant à éliminer progressivement l’importation de vêtements et de vêtements d’occasion en provenance des États-Unis. Les taxes ont donc augmenté de manière exponentielle sur les vêtements d’occasion pour décourager davantage les importations et une interdiction complète devait entrer en vigueur en 2019.

Mais, selon Washington, une telle interdiction est contraire aux conditions fixées par l’Agoa. « Les critères sont très clairs sur la restriction d’importation des produits américains », a expliqué Constance Hamilton, représentante économique pour la Maison-Blanche, en amont du forum de Lomé en août 2017. Sentant le danger, l’administration Trump a agi rapidement et a lancé un ultimatum pour le 23 février 2018 pour que ces dirigeants annulent leur plan ou en affrontent les conséquences. Les États-Unis ont fait cela pour protéger leur secteur d’exportation de seconde main.

Lors de la cérémonie d’ouverture, le président ivoirien, Alassane Ouattara a également cité le défi de la faible diversification des produits ainsi que des investissements américains en Afrique qui ne représentent qu’un petit pour cent au niveau mondial malgré l’énorme potentiel qui se trouve sur le continent.

Les États-Unis obligent donc les pays africains à fabriquer des produits mais avec leurs propre matières premières. Pour rappel, ces matières sont pillées par les multinationales américaines sur le continent africain. Mais ce n’est pas tout. Donc, grâce à l’AGOA, ces mêmes pays africains pourront donc vendre leurs marchandises au États-Unis. Et en plus de cela, lorsque ces marchandises seront usées, les USA les revendront encore en occasion en Afrique.

Tout ceci d’une manière légale à travers la ZLEC et l’AGOA. Pour ramener ces plans-là ou encore la nouvelle monnaie unique, l’Occident utilise son levier principal qui est le gouvernement d’Ouattara. Cela dit, les populations africaines font de plus en plus en sorte d’empêcher les tentatives de l’Occident de mettre en place ces plans néocoloniaux.

Par RSA  Avec Presstv

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