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Donald Trump, président des États-Unis | Ph: Capture écran

Donald Trump, président des États-Unis | Ph: Capture écran

Dans le froid et la neige, des clandestins africains fuient l’Amérique de Trump vers le Canada

Au terme d’une longue marche de nuit dans des plaines enneigées et balayées par un vent glacial, plusieurs africains prennent fuite pour éviter le rapatriement. Tel est le cas du Somalien Farhan Ahmed qui a franchi la frontière américaine pour trouver refuge au Canada, fuyant comme des dizaines d’autres clandestins l’Amérique de Donald Trump. 

Comme lui, aux confins des Etats américains du Minnesota, du Dakota du Nord et de la province canadienne du Manitoba, 22 migrants ont risqué leur vie par -20 degrés au cours des derniers jours pour finalement franchir le seuil de l’Emerson hôtel. 

« Ils sont entrés puis ont demandé si ils étaient au Canada. Je leur ai dit +oui, vous êtes au Canada+. » Wayne Pfiel, employé du seul hôtel d’Emerson, bourgade frontalière de moins d’un millier d’habitants, à 120 km au sud de Winnipeg, n’a pas hésité « à les tirer du froid, car ce sont des êtres humains ». 

A 36 ans, Farhan Ahmed a gagné Minneapolis, dans le nord américain, en autocar. De là, un homme l’a conduit pratiquement à la frontière en lui disant, « marche vers le Nord ». 

Un migrant ivoirien, qui habitait aux États-Unis depuis dix ans, a été retrouvé en état d’hypothermie du côté canadien de la frontière après l’avoir franchie illégalement par -15 degrés.

« Inconscient » et « dans des vêtements gelés », il a été retrouvé en hypothermie dans la nuit du 4 au 5 mars, près avoir traversé une rivière et un lac en plein hiver près de la frontière entre les États-Unis et la province canadienne du Québec, selon Eric Taillefer, son avocat. « Il (…) n’arrive que très peu à bouger les doigts ». Il ne peut pas mettre de chaussures car ses pieds sont trop enflés et il a des bouts de peau encore noircis », a raconté à l’AFP Me Taillefer.

Chauffeur de taxi à New York, l’homme dont l’identité n’a pas été révélée, a fui la Côte d’Ivoire en 2006. Le 4 mars, par crainte d’être renvoyé dans son pays d’origine par les autorités américaines, il s’est présenté au poste frontière de Lacolle (Québec) pour déposer une demande d’asile.

Le décret de Donald Trump en cause

Vouloir passer légalement « a peut-être été son erreur », a noté son avocat en référence à l’entente entre le Canada et les États-Unis, dite « sur les tiers pays sûrs », qui l’obligeait à faire cette demande côté américain à sa première entrée.

Depuis le décret anti-immigration de Donald Trump, de nombreux migrants choisissent comme cet Ivoirien de traverser illégalement la frontière pour faire leur demande d’asile au Canada, qui ne peut alors les renvoyer aux États-Unis.

Flux de migrants 

En vertu d’un accord canado-américain, les demandeurs d’asile en provenance des Etats-Unis sont généralement refoulés aux postes-frontières du Canada. Mais ça ne s’applique pas à ceux franchissant illégalement la frontière en d’autres points, comme par exemple en rase campagne où la frontière n’est pas matérialisée. 

Le flux de migrants, hors des points de passage traditionnels, s’est singulièrement accéléré depuis quelques mois, selon l’Agence des services frontaliers du Canada qui en a répertorié plus de 400 depuis mai dernier. 

Au-delà du nombre, ce sont les conditions de leur arrivée qui inquiète Rita Chahal, directrice du conseil oecuménique de l’immigration au Manitoba. Originaires du Nigeria, du Ghana ou de Somalie, « ils viennent à travers champs et plusieurs se perdent ». 

Par Africa24monde

http://africa24monde.com/actualite/view/dans-le-froid-et-la-neige-des-clandestins-africains-fuient-l-amerique-de-trump-vers-le-canada.html

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