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Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev s’est rendu les 10 et 11 octobre en Algérie et au Maroc, afin de donner un nouveau souffle aux relations entre la Fédération et les deux pays du Maghreb.

Le chef du gouvernement russe est arrivé en Algérie dans la soirée du 9 octobre. Bien qu’il s’agissait d’un voyage d’affaire, M. Medvedev a été accueilli comme s’il effectuait une visite d’État – sous le son des hymnes et par une garde d’honneur – et s’est vu offrir des dattes et du lait en signe de bienvenue. Il s’agissait de la première visite depuis 1971 d’un Premier ministre russe dans la république nord-africaine.

Dmitri Medvedev dépose une couronne ornementale sur le monument aux héros de la guerre d'indépendance algérienne. Crédits : premier.gov.ru

Dimitri Medvedev dépose une couronne orientale sur le monument aux héros de la guerre d’indépendance Algérienne. Crédits: Premier.gov.ru

Les négociations russo-algériennes ont abouti à la signature de six documents : sur l’aide mutuelle dans les affaires pénales, sur la coopération entre les ministères de la santé et de l’éducation des deux pays, ainsi que des mémorandums sur la coopération entre Transneft et la compagnie pétrolière publique algérienne Sonatrach, entre Rosatom et le Commissariat à l’énergie atomique d’Algérie, et entre les entreprises pharmaceutiques Biocad et Biomad SPA. Avec ces documents, les deux États essayent de diversifier leurs économies, actuellement très dépendantes du pétrole et du gaz.

Dmitri Medvedev et son homologue algérien Ahmed Ouyahia ont également abordé la thématique pétrolière, soulignant leur position commune concernant l’accord OPEP+. Dans le cadre de cet accord, la Russie a réduit en septembre sa production pétrolière de 346 000 barils par jour et l’Algérie de 50 000.

Pour cette dernière, la production est d’ailleurs en baisse depuis 2008 du fait de la diminution des investissements dans le secteur pétrolier. « Le secteur des hydrocarbures est vital pour nous. Nous comptons sur la réalisation de cet accord pour que les prix des hydrocarbures deviennent raisonnables », a insisté le Premier ministre algérien. Dmitri Medvedev a pour sa part souligné que les accords conclus fonctionnent : « Grâce à eux, nos économies reçoivent des opportunités de croissance supplémentaires. »

Les échanges commerciaux entre la Russie et l’Algérie se sont élevés à 4 milliards de dollars en 2016. Au premier semestre de cette année, ils se sont quelque peu contractés, s’élevant à 1,52 milliard dollars, soit 29 % de moins que lors de la même période en 2016. Le commerce entre les deux pays est presque entièrement composé des exportations russes (les exportations algériennes sont estimées à 6,4 millions de dollars).

La Russie vend à l’Algérie des armements, des véhicules et des équipements, des métaux ferreux et des produits alimentaires. L’Algérie occupe la 27e place parmi les partenaires commerciaux de la Russie avec une part de seulement 0,6 % dans son commerce extérieur.

Dmitri Medvedev et le président algérien Abdoulaziz Bouteflika. Crédits : premier.gov.ru

Dimitri Medvedev et le président Algérien Abdoulaziz Bouteflika: Crédits:Premier.gov.ru

Le blé contre les agrumes

Mardi 10 octobre, Dmitri Medvedev a poursuivi sa visite en Afrique du Nord. Il a ainsi atterri à Rabat afin de discuter avec les dirigeants marocains des efforts supplémentaires pouvant être fournis afin de diversifier la coopération entre le deux États. Comme pour l’Algérie, c’était la première fois depuis 1971 qu’un chef de gouvernement russe visitait le royaume. « Mais durant toutes ces années, nous avons fait un pas en avant dans nos relations, a souligné Dmitri Medvedev lors de sa rencontre avec son homologue Saâdeddine El Othmani. Depuis 2002, ces relations ont acquis les caractéristiques d’un partenariat stratégique. »

En 2016, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 1,3 milliard de dollars. En 2017, malgré tous les problèmes économiques mondiaux, durant la période janvier-juillet, ils ont augmenté de 9 % (733 millions de dollars) par rapport à la même période en 2016. Les exportations russes ont augmenté de 24 % (jusqu’à 413 millions de dollars), principalement grâce à l’augmentation de deux fois des livraisons de blé.

Le volume des échanges de la production agricole a augmenté de 1,5 fois (jusqu’à 530 millions de dollars) en 2016, a déclaré le ministre russe de l’agriculture Alexandre Tkatchev au cours du Forum d’affaires russo-marocain mardi 10 octobre. Les exportations marocaines en Russie ont baissé de 5 % (jusqu’à 320 millions de dollars) en un semestre en raison de la réduction de 30 % des livraisons de tomates marocaines en Russie.

L’agriculture reste une des sphères de coopération prioritaire : les ministères russe et marocain de l’agriculture ont conclu un mémorandum d’entente dans ce domaine. « Nous sommes prêts à fournir au marché marocain non seulement du blé, mais aussi de l’huile de tournesol, des confiseries, du sucre, de la viande, des boissons et des glaces », a déclaré à Rabat M. Tkatchev, avant de conseiller aux producteurs marocains d’agrumes de vendre davantage leurs fruits sur le marché russe.

Le ministère russe de l’énergie a l’intention de développer la coopération dans les domaines de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables, tandis que Rosatom compte promouvoir le nucléaire civil au Maroc, comme elle le fait déjà dans de nombreux autres pays. Le barrage hydroélectrique d’Al Wahda, qui produit près d’un tiers de toute l’électricité du royaume, a été construit à l’aide de technologies russes. « La fourniture de gaz naturel liquéfié est, d’après nous, très prometteuse pour répondre aux besoins de l’économie marocaine », a conclu Dmitri Medvedev.

Par Africa24monde Avec lecourrierderussie

http://africa24monde.com/actualite/view/dmitri-medvedev-veut-renforcer-l-influence-de-la-russie-au-maroc-et-en-algerie.html

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