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(Crédits : © Jacky Naegelen / Reuters)

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La taxe Chirac dans le viseur d’Air France

Alexandre de Juniac et Frédéric Gagey, les dirigeants de la compagnie aérienne française et de sa maison-mère, le groupe franco-néerlandais Air-France KLM, demandent à Bercy un moratoire sur la taxe Chirac.

C’est dans une lettre adressée au Ministre des Finances Michel Sapin, et aux secrétaires d’Etat chargés du budget et du transport, Christian Eckert et Alain Vidalies que les dirigeants d’Air France KLM ont fait part de leur ras-le-bol.

Ils estiment que la taxe Chirac sur les billets d’avion, instaurée en 2006, nuit à leur compétitivité dans le transport aérien. La compagnie s’estime ainsi lésée par rapport à ses concurrents étrangers qui n’y sont pas assujettis. Chaque année, elle représente un coût supplémentaire de 90 millions d’euros pour les compagnies aériennes françaises, déplorent ainsi les deux dirigeants. Pour sa part, Air France reverse 60 millions par an.

D’autant plus que cet impôt a connu une augmentation de 12,7% en avril 2014 pour faire face à des besoins de financement croissants. En France, son montant forfaitaire est calculé en fonction du vol et de la classe du billet.

Peu de pays solidaires

Créée en 2006 par l’ancien président de la République, cette taxe de solidarité sur les billets d’avion a pour but de financer les maladies graves (paludisme, sida, tuberculose) dans les pays en développement. Elle est ainsi la principale ressource de l’ONG Unitaid dont la taxe serait à l’origine de 64% des recettes.

A la base, 30 pays s’étaient engagés à appliquer cette taxe. Mais à l’arrivée, ils ne sont qu’une poignée à l’appliquer. Neuf pays très exactement : le Cameroun, le Congo, le Mali, le Niger, Madagascar, et Maurice pour l’Afrique, le Chili pour l’Amérique Latine, la Corée du Sud en Asie.

Une taxe qui freine la compétitivité des compagnies françaises ?

Dans un rapport sur la compétitivité du transport aérien remis par Bruno Le Roux à Manuel Valls en novembre dernierle député de la Seine-Saint-Denis préconisait de ne plus taxer les billets d’avions mettant en lumière une taxe à deux vitesses.

 « L’extension de la contribution à d’autres pays économiquement développés n’a pu être obtenue, alors qu’elle était considérée comme allant de soi lors de son instauration. La non-concrétisation de cette attente se traduit par une charge substantielle supplémentaire qui pèse en tout premier lieu sur les compagnies aériennes françaises ».

 Une taxe étendue à d’autres secteurs d’activité ?

Dans ce même rapport, Bruno Le Roux proposait que l’effort soit consenti par d’autres secteurs :

« L’élargissement au mode concurrent-ferroviaire à grande vitesse- est une des mesures propres à rétablir des conditions de concurrence équitables. Le CISTAF va plus loin en envisageant un élargissement à d’autres secteurs économiques (pétrole, banques) et une réforme de l’assiette afin de taxer au prorata du bénéfice et non du chiffre d’affaires »

 De son côté, le Ministère des Finances a fait savoir qu’il souhaitait le maintien de cette taxe sur les billets d’avion au nom de la « solidarité ».

latribune.fr

http://www.latribune.fr/economie/france/la-taxe-chirac-dans-le-viseur-d-air-france-474084.html

 

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