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Jason Black / Estelle Ahanda / Ambe

Jason Black / Estelle Ahanda / Ambe

Estelle Ahanda : « Comme je le dis aux artistes avec qui j’ai déjà eu à collaborer, le tout n’est pas d’avoir du talent ni de passer sur Trace Africa »

Le métier de conseiller en Relations Presse  et  de  manager artistique  est désormais  incontournable et indispensable  pour  un bon suivi et aboutissement  d’une promo musicale. Conseil sur l’entretien d’une carrière, savoir valoriser  l’image d’un artiste,  le rendre crédible et marketable, voici les tâches quotidiennes de ces hommes et femmes d’ombre  qui, malgré  les contours de ce showbiz  parviennent à leurs fins et les résultats sont toujours à la merci de tous. Estelle ‘Elle’  Ahanda  fait donc partie de ceux-là. Très active sur la scène du showbiz camerounais et africain en général,  nous profitons de sa rare disponibilité  pour lui tirer quelques vers du nez. Son petit résumé personnel de l’année 2014, ses vœux pour l’année 2015…

Kurbain : Salut Estelle les fêtes de décembre sont passées, tu fêtes ça comment?

Esthelle: Bonjour à vous et à tous les lecteurs de Kurbain.com. Mes fêtes, j’ai décidé de les passer dans le calme et le repos, un repos bien mérité je précise! (rires). J’essaye de profiter des fêtes pour passer du temps avec ma famille que je vois rarement, histoire de me ressourcer et de prendre des forces parce que 2015 s’annonce déjà ‘très mouvementée’!

Kurbain : On t’a vu très active cette année 2014. Tu dois sûrement être satisfaite du travail abattu tout au long de cette année. En quelques mots, c’est quoi le bilan?

Esthelle : 2014 a été pour moi une année riche en activités. Je me suis énormément dépensée à cause des nombreux projets que je gère, parfois au détriment de ma santé. Le bilan est positif, quoique je sois quelqu’un qui s’autocritique et qui cherche toujours à s’améliorer. Je rends grâce à mon créateur pour Sa protection et toutes ces récompenses. L’une d’elle s’est d’ailleurs faite il y’a quelques jours encore lorsque ONE, avec qui je travaille a gagné le trophée de la Meilleure Collaboration Africaine samedi dernier aux AFRIMA Awards, pour la chanson ‘Cocoa Na Chocolate’ qui regroupe 19 artistes dont D’banj, Fally Ipupa, Femi Kuti, Victoria Kimani, DonTom, Tiken Jah Fakoly et Wax Dey entre autres. Un super cadeau pour cette fin d’année. L’un de mes objectifs pour l’année à venir est de toujours donner le meilleur de moi-même et surtout ne jamais cesser d’apprendre.

 Kurbain: En ta qualité de professionnelle en Relations Presse, peux-tu déjà prétendre que c’est un métier rentable? Surtout lorsqu’on sait que les artistes camerounais ne prennent pas encore conscience de votre indispensabilité professionnelle dans le milieu.

Esthelle: (la) chargé(e) de Relations Presse ou attaché(e) de presse est une personne dont pratiquement toutes les entreprises/personnalités/artistes en Occident et dans une majorité de pays d’Afrique s’entourent. Malheureusement, ici au Cameroun c’est un terme qu’on ne connait pas vraiment. Même dans bon nombre d’entreprises, c’est un poste qui n’existe pas. Je le sais pour avoir bossé avec quelques entreprises depuis mon retour au Cameroun. On est plus habitué aux Responsables/Directeurs Commerciaux/Marketing. Ce n’est que récemment que certaines structures ont créé un poste de Responsable/Directeur en Communication. J’ai un Bac+5 en Communication options Relations Publiques, Marketing et Publicité, donc il m’était facile de toujours trouver un boulot que ce soit dans le Commercial/Marketing ou même dans la pub. Mais je dois aussi avouer que j’ai eu le privilège d’avoir dans certaines de ces entreprises, un poste taillé sur mesure pour moi, avec le titre qui me convenait. C’est ainsi que j’ai pu être ‘Responsable Marketing et Communication’ ou ‘Responsable Communication et Mise en Œuvre de Projets’…de certaines structures. Pour ce qui est des artistes camerounais, l’un de mes plus grands challenges est de leur faire comprendre le rôle d’un(e) attaché(e) de presse dans leur carrière. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai choisi de ne pas travailler avec n’importe qui, malgré le nombre important d’artistes qui me contactent chaque jour. Je ne peux malheureusement pas bosser avec tout le monde, surtout avec quelqu’un qui ne comprend même pas ma vision pour son image, sa marque, et par conséquent sa carrière. Ici on est beaucoup plus habitué au ‘Communicateur’, un terme dont j’ai horreur personnellement et c’est n’importe qui qui se croit capable de gérer cette fonction. Même les médias ne sont pas habitués à ce terme. Combien de fois m’a-t-on appelée ‘Manager de…’ parce que ‘attachée de presse de…’ n’était pas un terme courant? Le métier d’attaché(e) de presse est un métier rentable ailleurs, un(e) attaché(e) de presse se fait payer de l’heure dans certains cas. J’ai la chance de pouvoir le faire avec mes clients qui sont basés à l’étranger. Ici il n’est nullement possible d’en faire une profession à part entière et de gagner sa vie, du moins pas pour le moment. C’est même à la limite un métier ingrat ici. J’abats un boulot de malade, mais je n’ai pas souvent la reconnaissance que je mérite…une des raisons pour lesquelles j’ai dû plus d’une fois me séparer de certains.

Kurbain: Tu es forcément une observatrice avisée de cette culture. Selon toi qu’est ce qui a pu changer en mieux dans le milieu?

Il y’a énormément de progrès en terme de contenu musical. J’ai une préférence particulière pour la musique urbaine et je dois avouer avoir été agréablement surprise par le nombre d’artistes talentueux dont le Cameroun regorge. L’une des raisons pour lesquelles j’ai choisi de revenir au Cameroun après 11 ans passés en Afrique du Sud, est le fait que je voulais absolument tout faire pour aider à promouvoir la culture camerounaise à l’international. Je m’y attèle donc depuis un peu plus d’un an déjà. Mais comme je le dis aux artistes avec qui j’ai déjà eu à collaborer, le tout n’est pas d’avoir du talent ni de passer sur Trace Africa. Il faut pouvoir s’entourer d’une équipe solide qui guidera un artiste dans sa carrière et l’aidera à atteindre ses objectifs dans le long terme. Malheureusement aussi ici dans le milieu, on doit faire face à un type spécial de personnes qui ont le syndrome du ‘je sais tout’, elles ont la science infuse et refusent d’écouter. Je les appelle ‘ingénieurs en tout’. Je me détache généralement de ce genre de personnes. Chacun doit comprendre les responsabilités et le rôle de l’autre et les respecter.

Un autre point positif est l’amélioration de la qualité des clips vidéo. Je tiens à tirer un coup de chapeau à tous ces réalisateurs qui font un super boulot et cherchent à s’améliorer chaque fois. En tant qu’attachée de presse et consultante en communication et événementiel, je suis toujours à la recherche de talent, même brut. Je sais comment transformer ce talent en succès, il n’y a qu’à voir les artistes avec qui j’ai travaillé ici. Je ne parlerai pas plus (rires).

Kurbain: A l’aube de cette année 2015 où naissent beaucoup d’autodidactes, est-ce que le métier de Conseiller en Relations Presse peut être pratiqué par n’importe qui? Nécessite-il une formation?

J’ai énormément de respect pour certains autodidactes, surtout dans les métiers liés à l’art et au commerce. Mais il faut une base.Dans toute chose, donc un minimum d’éducation et de formation sont nécessaires. Une formation en communication, à défaut d’aller dans une école spécialisée (qui n’existe pas encore ici) est fondamentale. Il faut être passionné, rigoureux, patient, courtois, avoir une grande ouverture d’esprit, en plus d’une bonne maitrise du rédactionnel pour exercer ce métier.

Kurbain: Quels sont tes souhaits et tes vœux pour cette année 2015?

Esthelle : Avoir encore plus d’opportunités fructueuses, avoir la force de continuer à faire ce que j’aime, bien le faire, avoir le soutien de ma famille et être entourée de personnes ‘vraies’ et loyales. Le Dieu que je sers se chargera du reste (sourire). Je souhaite que l’industrie musicale camerounaise se développe encore plus, et que les camerounais apprennent à bien faire les choses et cultivent la notion du professionnalisme. Enfin, je souhaite aux lecteurs et à votre équipe tous mes meilleurs vœux pour la nouvelle année. Que 2015 soit remplie de paix et de bonheur!

 visionjeunes.com/Entretien réalisé par www.kurbain.com

 

 

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