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Sheila Abdus Salaam, première magistrate africaine américaine et musulmane à siéger dans la plus haute juridiction de New York, la Cour d’appel fédérale | AFP

Sheila Abdus Salaam, première magistrate africaine américaine et musulmane à siéger dans la plus haute juridiction de New York, la Cour d’appel fédérale | AFP

États-unis: Le mari de Sheila Abdus-Salaam, première magistrate Afro-Américaine retrouvée morte dans le fleuve Hudson, ne croit pas au suicide

Dans une déclaration écrite adressée à un média américain, le mari de la juge Sheila Abdus-Salaam, retrouvée morte le mercredi 12 avril, flottant sur le fleuve Hudson, à New York, a rejeté la thèse du suicide, privilégiée par la police dans les heures qui ont suivi la découverte du corps.

Sheila Abdus-Salaam était née en 1952 à Washington D.C. Issue d’une famille pauvre, elle a grandit au milieu d’une fratrie de sept enfants. Dans une interview datant de 2014, la juge Abdus-Salaam confiait s’être intéressés très tôt à l’histoire de sa famille, dès l’école. Après des recherches, elle découvre que son grand-père était esclave dans l’État de Virginie.

Elle décide de faire du droit après avoir fait la rencontre de Frankie Muse Freeman, première femme à avoir intégré la Commission des Droits civils. Elle poursuit ses études au College Barnard de New York et obtient son diplôme de droit à l’université de Columbia en 1977.

«Si ma mère n’était pas si intelligente et si pleine de ressources, j’aurais peut-être atterri dans une famille d’accueil ou pire », avait-t-elle déclaré en 2015. « Même si elle avait abandonné l’école, ma mère avait réalisé qu’une bonne éducation nous aiderait à échapper à la pauvreté dans laquelle elle était piégée».

Cette histoire commence comme un roman noir. Une célèbre juge, la première magistrate africaine américaine et musulmane à siéger dans la plus haute juridiction de New York, la Cour d’appel fédérale, a été retrouvée morte dans l’Hudson River, apparemment sans trace de lutte, de traumatismes et de coups.

Le corps de Sheila Abdus-Salaam, 65 ans, a été découvert la semaine dernière, le 12 avril, habillé et flottant entre deux eaux non loin de la berge du côté de Manhattan à moins de 2 kilomètres de son logement à Harlem. Son mari avait signalé sa disparition la veille au matin.

Les autorités ont procédé à une autopsie et certaines sources évoquent la possibilité d’un suicide. Un de ses frères s’est suicidé à la même période il y a trois ans. Mais il n’a été retrouvé aucune lettre ou justification. Elle avait juste le matin de sa disparition appelée sa secrétaire pour lui dire qu’elle ne viendrait pas travailler.

La police s’intéresse aux images enregistrées par les caméras de surveillance de la ville, pour tenter de reconstituer le chemin emprunté par Sheila Abdus-Salaam, et déterminer si oui ou non elle a marché jusqu’au fleuve. Mais l’hypothèse d’un suicide semble invraisemblable à des personnes proches d’elle. Que lui est-il arrivé?

Les hommages se sont en tout cas multipliés. «Je suis fier de l’avoir nommée au sein de la plus haute cour de l’État et je suis profondément attristé par sa mort», a déclaré Andrew Cuomo, le gouverneur de New York, dans un communiqué. «À travers ses écrits, sa sagesses, sa morale inébranlable, elle était une force œuvrant pour le bien, et son héritage influencera les années à venir».

«C’est extrêmement choquant», a déclaré pour sa part Jonathan Lippman, ancien juge en chef de la cour d’appel de New York, cité par le Washington Post.

Au début de la semaine, un juge de Chicago, Raymond Myles, a été assassiné par balles. Un suspect a été arrêté et mis en examen.

            Le mari de la juge Abdus-Salaam ne croit pas au suicide

Dans une déclaration écrite adressée à un média américain, le mari de la juge Sheila Abdus-Salaam, retrouvée morte le mercredi 12 avril, flottant sur le fleuve Hudson, à New York, a rejeté la thèse du suicide, privilégiée par la police dans les heures qui ont suivi la découverte du corps.

« Ces informations reposent souvent sur des commentaires sans valeur concernant la santé mentale de ma femme et de son état émotionnel au moment de sa mort », a affirmé le révérend Gregory Jacobs, mercredi 19 avril, dans une déclaration écrite adressée à la chaîne de télévision américaine NBC News.

C’est la première fois, depuis l’annonce de la mort de la juge Sheila Abdus-Salaam, dont le corps a été découvert il y a une semaine, flottant sur le fleuve Hudson, à Harlem, que son mari s’exprime publiquement.

« Ceux d’entre nous qui aimaient Sheila et la connaissaient bien ne croient pas à toutes conclusions infondées déconnectées de la réalité », ajoute le révérend Jacobs qui officie dans le diocèse de Newark, dans le New Jersey (nord-est).

Appel à témoins

Durant les premières heures qui ont suivi cette découverte macabre, la police privilégiait la thèse du suicide. Mais, 48h après, les enquêteurs n’avaient toujours pas tiré de conclusion ferme et définitive sur les circonstances de sa mort, jugée suspecte.

« Je me joins à la police de New York pour demander à toute personne du quartier détenant une information qui pourrait nous aider à déterminer ce qui s’est passé les heures qui ont précédé sa mort, de se manifester », a prié le révérend.

La veille, la police de New York a posté appel à témoin sur son compte Twitter, accompagné de la description détaillée de son habillement lorsque son corps a été retrouvé. Les enquêteurs sont également à la recherche de vidéos de surveillance pour tenter de reconstituer le chemin emprunté par  Sheila Abdus-Salaam avant sa mort.

Sa famille rejette les rumeurs

Dans une déclaration, citée par la chaîne de télévision NBC News, la famille Turner a précisé que « Sheila Abdus-Salaam (née Sheila Turner, NDLR) n’avait pas pratiqué la religion musulmane ces vingt dernières années. Elle continue de porter le nom de son premier mari à titre professionnel », ajoute son entourage pour nuancer les déclarations faites à l’annonce de sa mort, présentant la juge comme la première femme musulmane à occuper cette fonction.

Sa famille a par ailleurs rejeté les rumeurs de suicide courant sur ses proches. « La mère de Sheila, la matriarche de notre famille est décédée à l’âge de 92 ans en 2012, ne s’est pas ôtée la vie », indiquent ses proches dans cette même déclaration, ajoutant : « Le petite-frère de Sheila, décédé en 2014, a perdu sa bataille contre un cancer du poumon en phase terminale ».

Depuis 2013, Sheila Abdus-Salaam était l’une des sept juges de la Cour suprême d’appel de New York. L’annonce de sa mort la semaine dernière a ébranlé le milieu politique et judiciaire new-yorkais.

Par Africa24monde Avec Sources

http://africa24monde.com/actualite/view/le-mari-de-sheila-abdus-salaam-premiere-magistrate-afro-americaine-retrouvee-morte-dans-le-fleuve-hudson-ne-croit-pas-au-suicide.html

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