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Mouammar Kadhafi et Nicolas Sarkozy(Crédits : Reuters)

Mouammar Kadhafi et Nicolas Sarkozy(Crédits : Reuters)

De Charybde en Scylla ! Les juges en charge de l’affaire depuis cinq ans n’ont pas eu besoin des 48 heures de garde-à-vue.

Un peu plus de vingt-quatre heures après des va-et-vient entre le pôle financier anticorruption de Nanterre et son domicile du XVIè arrondissement de Paris, Nicolas Sarkozy a été mis en examen dans l’affaire du financement de sa campagne victorieuse de la présidentielle de 2007. La défense de l’ancien président dénonce un acharnement judiciaire et médiatique : « l’enfer de la calomnie » !

« Corruption passive », « financement illégal de campagne électorale ». Pour compléter la liste des chefs d’inculpation, Serge Tournaire, Aude Buresi et Clément Herbo, les juges chargés de l’enquête y ont exceptionnellement ajouté le « recel de fonds publics libyens ».

Sarkozy, mis en examen et sous contrôle judiciaire

Un peu plus de 24 heures après sa garde-à-vue, Nicolas Sarkozy a été mis en examen dans l’affaire dite du financement libyen de sa campagne électorale de 2007, celle-là même qui lui a ouverte les portes de l’Elysée. Les juges ont estimé les éléments présentés assez graves et concordants pour inculper l’ancien président français. Même s’il a pu regagner son domicile du XVIème arrondissement, Nicolas Sarkozy a été placé sous contrôle judiciaire.

A la lumière de nouveaux éléments notamment des témoignages de hauts dignitaires libyens, le dossier des soupçons de financements de la campagne du candidat de l’ex-UMP par la Libye de Mouammar Kadhafi, instruit depuis cinq ans par des juges anticorruption français, vient de prendre un coup d’accélérateur. Un rapport sur la circulation d’importantes sommes d’argent en liquide au sein de l’entourage de Nicolas Sarkozy à l’époque de la campagne électorale, ferait partie de ces nouveaux éléments.

Tout comme le témoignage très attendu de l’homme d’affaires Alexandre Djouhri, arrêté à Londres en janvier et qui aurait servi d’intermédiaire ou de prête-nom pour des transactions visant à dissimuler le versement de l’argent libyen. « Le menteur, ce n’est pas moi. Petit à petit, l’étau se resserre, tout commence à tomber et la mafia aussi », a commenté peu après la mise en examen de Sarkozy, l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takkieddine, un des principaux transporteurs présumés de valises entre Tripoli et Paris, témoin principal de l’affaire.

 Une fragile défense pour répondre aux accusations

A 63 ans, Nicolas Sarkozy n’est pas novice dans l’art de la riposte médiatique. Dans une rhétorique proche d’un prêche contre un acharnement médiatique, ses avocats ont transmis sa déclaration aux magistrats, reproduite jeudi sur le site du Figaro.

Tantôt Nicolas Sarkozy dénonce dans cette déclaration, l’absence de « preuves matérielles », « une manipulation du dictateur Kadhafi ou de sa bande, ou de ses affidés » ou encore des déclarations de Ziad Takkieddine qui auraient contribué à sa défaite à la présidentielle de 2012 et à la primaire de droite en 2016.

L’ancien président semble vouloir se poser en victime d’un acharnement médiatique et judiciaire. « Depuis le 11 mars 2011, je vis l’enfer de cette calomnie », écrit-il avant de demander aux juges de le mettre sous le statut de témoin assisté plutôt que de le mettre en examen. Une défense bien fragile. Il faudra peut-être plus que cela pour convaincre les juges.

https://afrique.latribune.fr/politique/2018-03-22/financement-libyen-sarkozy-denonce-une-calomnie-apres-sa-mise-en-examen-772747.html

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