site de réflexion et de réinformation sur l'Afrique, toute la vérité sur l'Afrique


Génocide rwandais : Kigali ouvre une enquête sur des officiers français

Génocide rwandais : Kigali ouvre une enquête sur des officiers français

Génocide rwandais : Kigali ouvre une enquête sur des officiers français

Le procureur rwandais a fait parvenir à la justice française une demande d’entraide judiciaire dont l’objectif est l’ouverture d’une enquête sur 20 officiers français soupçonné d‘être impliqués dans le génocide rwandais de 1994.

Kigali matérialise ses soupçons à l’encontre de responsables français ayant participé au génocide qui a décimé le pays en 1994. Le procureur rwandais, Richard Muhumuza, a annoncé avoir ouvert une procédure qui vise “20 personnes qui, d’après les informations recueillies jusqu‘à présent, sont tenues par l’Organe de poursuite (judiciaire) de permettre de mieux comprendre leur rôle et de décider s’ils elles seront poursuivies ou non”.

Mais la justice rwandaise ne compte pas s’arrêter là. A en croire le procureur, d’autres “agents et/ou fonctionnaires français pourraient être appelés à assister l’Organe de poursuite dans le même sens”, précise un communiqué.

Les attentes du Rwanda sont que la justice française collabore à l‘établissement de la vérité. “Les autorités compétentes du gouvernement français ont été formellement engagées et le bureau du procureur général s’attend à ce que ces autorités compétentes veuillent bien coopérer tout au long de cette enquête judiciaire sur la base de l’offre de la réciprocité”, ajoute le texte.

L’axe Paris – Kigali en déroute

Ce serait-ce là le clou de la rupture diplomatique entre la France et le Rwanda ? Il est fort à parier que oui. Ces deux pays se sont opposés depuis 22 ans à propos des accusations sur le rôle de la France dans le génocide de 1994 ayant abouti à la mort de 800.000 Tutsi et Hutu modérés.

Paris est notamment accusée par Kigali d’avoir soutenu le régime hutu de Juvénal Habyarimana. L’avion du président rwandais Habyarimana avait été abattu le 6 avril 1994. Cet attentat avait été suivi par cent jours de génocide dans le pays.

A l’inverse, la justice française a prétendu une responsabilité du Front patriotique rwandais (FPR), le parti du président rwandais Paul Kagamé, dans l’attentat contre le président Habyarimana. Une démarche hautement dénoncée par le pouvoir au Rwanda.

A l’annonce par la ministre rwandaise des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo de poursuites judiciaires contre des responsables français, il y a quelques semaines, la réponse du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian avait été sans équivoque.

“Affirmer que l’armée française a pris part au génocide est un mensonge indigne, que je ne tolérerai jamais”, avait-il déclaré. Un mécontentement qui semble peu gêner le président Paul Kagamé qui n’exclut pas une rupture diplomatique entre la France et le Rwanda à ce sujet. Les hostilités sont lancées.

Africanews

Leave a Reply


  • Archives