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Le 24 janvier 1943, les dirigeants britanniques, français et américains concluent un grand sommet en Afrique du Nord, à Casablanca, au Maroc. La réunion ne parvient pas à résoudre les antagonismes nationaux entre les trois puissances impérialistes.

Durant les 10 jours de discussions, le président américain Franklin Roosevelt et le premier ministre britannique Winston Churchill sont incapables de surmonter la rude rivalité entre deux factions hostiles de l’élite dirigeante française. Les divisions étaient principalement entre le Général Henri Giraud, soutenu par les capitalistes fascistes de Vichy qui avaient collaboré avec Hitler et cherchaient à rejoindre les Alliés, et le Général Charles de Gaulle, qui voulait se débarrasser des collaborateurs de Vichy pour empêcher la révolution socialiste en France.

Roosevelt voulait démembrer l’empire français au profit de l’impérialisme américain. Il avait également demandé la cession permanente de bases stratégiques dans les colonies françaises africaines et asiatiques, ce qui aurait aidé les États-Unis à s’établir en tant que gendarmes du monde. De Gaulle avait refusé de céder le moindre territoire. Les fascistes français, qui perdaient la guerre, consentirent à la politique américaine, et Roosevelt fit ainsi de Giraud sa marionnette en Afrique du Nord.

Jusqu’à Casablanca, Churchill avait soutenu de Gaulle et s’était battu pour maintenir l’Empire français. Il espérait utiliser la France comme alliée contre les États-Unis, pour empêcher que Roosevelt affaiblisse le contrôle britannique sur ses colonies dans une répartition d’après-guerre. Roosevelt, tentant de sortir de l’impasse, offrit à la Grande-Bretagne des bases françaises stratégiquement situées qui lui permettraient de défendre ses colonies, à condition que Churchill fasse pression pour subordonner de Gaulle à Giraud.

De Gaulle, en utilisant un langage diplomatique prudent, rejeta l’accord et révéla publiquement le soutien de Roosevelt aux fascistes français. La presse américaine attaqua vivement la politique de Roosevelt, reflétant les craintes que ses manoeuvres sordides ne nuisent à la position du capitalisme américain sur la scène mondiale. Un certain nombre de publications avertirent que le soutien américain aux fascistes enflammerait les luttes de classe, l’une d’entre elles déclarant que cette politique «ferait des communistes dans les territoires occupés plus vite que le Komintern».

https://www.wsws.org/fr/articles/2018/01/26/casa-j26.html

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