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La face ultrasecrète de Shimon Peres

La face ultrasecrète de Shimon Peres

La face ultrasecrète de Shimon Peres

Aussitôt après la mort de Shimon Peres, tous les spécialistes ès-nécrologie ont sorti de leurs tiroirs les fiches déjà pré-remplies de l’homme d’état israélien (il n’y manquait que la date du décès), pour, en fin de compte, ne nous relater qu’une succession de fragments d’articles de presse qui ont jalonné sa vie. Selon les points de vue, Shimon Peres est présenté tantôt comme un homme de gauche, une colombe et un humaniste, tantôt comme un homme de guerre responsable de massacres et un des agents de la colonisation.

Voir ici  un excellent article sur Shimon Peres

Bien sûr, Shimon Peres a été complètement intégré dans la machine politicienne israélienne, en étant dirigeant de parti, député, 15 fois ministre, 4 fois vice-premier ministre, 3 fois premier ministre par intérim et président, avec tout ce que cela représente dans le drame de la Palestine. Cependant tout cela n’est que la partie visible de l’iceberg se manifestant à travers un jeu dit démocratique qui, avant d’être démocratique, est d’abord et avant tout un jeu autour d’un principe immuable, le sionisme.

Depuis l’auto-naissance d’Israël en 1948, le principe et les objectifs du sionisme n’ont pas changé d’un pouce. Tous les gouvernements israéliens, sans exception, s’y sont conformés. Il consiste essentiellement, pour ce qui concerne le Moyen-Orient, à pénétrer le plus profondément possible à l’intérieur des terres en partant de la petite bande de terre le long de la côte méditerranéenne, en une sorte de « Go east » à l’instar de la conquête de l’Ouest en Amérique. Il s’agit d’une entreprise de colonisation pure et simple, qui repose sur deux piliers : une armée conçue au départ pour conquérir des territoires, puis chargée actuellement de mater toute résistance, et une administration qui a pour rôle à la fois de gérer et de pérenniser les acquis, et également de mettre en œuvre sur le terrain les décisions prises par les grands stratèges de ce projet.

C’est à ce niveau que se situe l’action secrète de Shimon Peres. Outre son rôle dans l’acquisition d’Israël des capacités nucléaires grâce à la France (il avait même un bureau à Paris), ce proche de Ben Gourion a été un acteur majeur dans deux grandes étapes de la politique sioniste au Moyen-Orient. La guerre d’agression contre l’Egypte par la Grande Bretagne, la France et Israël en 1956 est une de ces étapes. Cette guerre est venue assoir définitivement l’idée d’un combat de l’Occident contre le monde arabe, avec Israël comme défenseur des intérêts occidentaux au Moyen-Orient. Avec le slogan « un petit pays sans défense encerclé par plusieurs pays hostiles », Israël a ainsi réussi à se surarmer et à préparer ses futures guerres de conquêtes.

L’idée était alors que, avec l’argent et les armes de l’Occident, associés à une campagne médiatique permanente auprès des populations occidentales culpabilisées et compatissantes, il était possible de conquérir militairement les territoires convoités. La guerre des six jours en 1967 renforça cette idée en permettant à Israël d’agrandir son territoire. C’était une période euphorique où tous les espoirs lui étaient permis et pendant laquelle Israël avait acquis un sentiment d’invincibilité. C’était compter sans la résistance opiniâtre des palestiniens. Avec l’OLP dirigé par Yasser Arafat, le projet Israélien s’est mis à piétiner, Arafat ayant choisi d’autres armes que l’affrontement frontal. Il fallait revoir toute la stratégie de départ.

Revoilà Shimon Peres au charbon avec Yitzhak Rabin comme premier ministre. Pour les stratèges sionistes, puisque la force ne fonctionnait plus, il fallait utiliser la ruse, en parlant de paix. L’idée c’était, non pas de signer un véritable accord de paix, mais d’initier un processus de paix qui n’aboutira jamais, mais qui aura le mérite non seulement, de neutraliser la résistance, mais aussi de la ramener à la maison et la garder sous surveillance.

Ce furent les accords d’Oslo en septembre 1995. L’un des principaux acteurs de ces accords était Shimon Peres, rôle pour lequel il fut récompensé par un prix Nobel de la paix. Cela seul aurait dû suffire à nous mettre la puce à l’oreille. Après la signature des accords, pendant que le monde entier se réjouissait de la paix enfin retrouvée en Palestine, Israël amplifiait la colonisation du territoire. Oslo n’avait été qu’un leurre, conçu dès le début pour n’aboutir à rien, tout en permettant de garder espoir. Il est possible que certains des acteurs de ces accords ne l’aient jamais su. C’est certainement le cas de Yasser Arafat et peut-être aussi d’Yitzhak Rabin, ce qui pourrait expliquer l’assassinat de ce dernier par un soi-disant fanatique comme on en trouve toujours dans les assassinats politiques.

Arafat et Rabin ont tous deux réellement essayé de mettre en œuvre les accords qu’ils avaient signés. Malheureusement pour eux, ces derniers n’étaient pas conçus pour être appliqués. A l’inverse, Shimon Peres a non seulement saboté les accords, il a aussi participé à l’intensification de la colonisation, véritable but des accords d’Oslo, annihilant toute possibilité d’aller plus avant dans leur réalisation. Aux yeux des décideurs d’Israël, il ne pouvait y avoir de processus qui puisse mener vers la paix. Quand bien même les Palestiniens accepteraient toutes les conditions israéliennes, la paix ne se ferait pas, car cela signifierait la fin de l’expansion sioniste.

La presse mondiale a fait de Shimon Peres une colombe, tout comme aux Etats-Unis certains essaient de transformer Harry Truman en saint amoureux du genre humain. Il a si bien su jouer le jeu qu’aujourd’hui encore nombreux sont ceux qui croient que les accords d’Oslo auraient pu déboucher sur la paix, attribuant les échecs à des tas de facteurs qui, en réalité, n’y sont pour rien. La réalité, c’est qu’ils constituent l’une des plus grandes arnaques de la fin du siècle dernier. Et peut-être, des quatre protagonistes présents à Camp David, Bill Clinton, Yasser Arafat, Yitzhak Rabin et lui, il était le seul à en connaitre la finalité.

En somme, Israël aura connu deux grandes phases dans sa courte histoire. La première, guerrière, de conquête, avec des confrontations directes avec les arabes, chaque général se prenant pour un Josué, débute véritablement avec la guerre de Suez en 1956, et se termine peu avant les accords d’Oslo, quand les pourparlers ont commencé en préparation de ces accords. La deuxième phase, qui s’étend de cette date à nos jours, est caractérisée par une conquête soft par l’implantation progressive de colonies, émaillée de quelques confrontations avec le Hezbollah et le Hamas. A noter que chacune de ces confrontations servait en outre à enliser les discussions du fameux « processus de paix ». Pour les grosses guerres comme celle d’Irak, un autre s’en charge. On retrouve Shimon Peres aux premiers rangs dans la mise en place de ces deux phases essentielles dans le plan sioniste.

Avic – Réseau International

http://reseauinternational.net/la-face-ultrasecrete-de-shimon-peres/

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