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Tinno Bang Mbang, Owner & Ceo of Africa24monde.com , Regardsurlafrique.com

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La solidarité existe-t-elle ou alors c’est l’exploitation humaine?

Je suis triste et en colère devant tant de violence et d’injustice. Triste de voir ce qu’un humain peut faire à un autre humain. Des individus scotchés à leur poste de télévision, que dis-je, des individus sous perfusion quotidienne pour se voir « injecter » des informations savamment mises au point afin de créer chez eux un climat de peur. Tout ceci contribue à réveiller chez nous les bas instincts que je vais mentionné dans cet article.

Comme le disait Malcom X  » Si vous n’êtes pas vigilants, les médias arriveront à vous faire détester les gens opprimés et aimer ceux qui les oppriment ».

Ce qui me terrorise, c’est la différence et l’incompréhension entre les classes sociales, précarité, insécurité sociale, course aux emplois, pauvreté, clivage social accru et violence sont très bien au rendez-vous. La précarité est un fait accepté, même à contrecœur, par nombre d’entre nous. Elle est justifiée par la classe dominante et subie par les moins favorisés. Mais le plus grave, c’est qu’elle divise les victimes d’un système contrôlé par une élite financière, industrielle et politique. Diviser pour régner? En fait, les détenteurs du pouvoir biensur. Les banques, les multinationales et leurs vassaux que sont les gouvernements qui ont peu d’effort à faire pour diviser le peuple pour mieux régner.

L’être humain obéit à ses pulsions et en cas de crise, redevient un animal. J’entends par crise toute situation perçue comme menaçante par un individu. Tout ce qui met son équilibre en danger. Cela peut aller de la peur de devoir renoncer à un peu de son confort à la peur de la différence en passant par l’intolérance à l’autre. Toutefois, l’être humain possède une arme qui lui est unique : son intelligence, destructrice. Il accepte la précarité qui lui est imposée par la classe dirigeante, mais il se venge sur les plus faibles que lui. Il fonctionne comme un vase communiquant. Il évacue la pression qui lui est imposée d’en haut en faisant pression sur le bas, les plus vulnérables que lui. Les classes dominantes le savent. Elles dominent parce que leur intelligence destructrice est plus développée que celle des dominés.

La précarité est bien sûr une forme de violence intolérable qui, en plus de continuer à enrichir les plus riches, crée un climat de peur chez la classe moyenne et laborieuse. Comment vivre quotidiennement avec la peur du lendemain? Les soins de santé, les retraites, l’éducation, l’accès à l’emploi sont autant de domaines pour lesquels la population a de bonnes raisons de s’inquiéter. La classe moyenne craint à la fois les nantis qui régissent sa vie et les démunis qui lui renvoient l’image de ce qu’elle pourrait être demain. Car, ne nous leurrons pas, il est plus facile et probable de basculer vers le bas que de monter dans l’échelle sociale. L’austérité imposée à la population à l’échelle mondiale est, après les guerres la forme de violence la plus injuste et inacceptable.

Je suis triste devant tant de violence et d’injustice. Triste de voir ce qu’un humain peut faire à un autre humain. Des ministres qui sabrent dans les programmes sociaux, dans les services de santé et dans l’éducation, renvoyant à leur misère les plus nécessiteux. Des institutions financières qui mettent des pays à genoux. Des milliards dépensés dans des guerres, sous la houlette des pays riches.

La vague de réfugiés africains et syriens et le traitement par les médias occidentaux sont le meilleur exemple d’une campagne de désolidarisation brillamment orchestrée. Dans un premier temps, les médias nous montrent des photos destinées à nous prouver que nous sommes de bons humains. Le cœur chancelant, et l’esprit tout aussi chancelant, nous nous indignons devant tant d’horreur.

Puis les médias instillent le doute : pouvons-nous accueillir toute cette misère à une époque et dans un contexte (voulu par la classe dirigeante) où il est déjà difficile de subvenir à nos propres besoins? Par nous, j’entends le peuple, la classe laborieuse. Nos craintes face à notre avenir sont légitimes. L’animal que nous sommes tous et toutes se sent menacé par cet autre qui pourrait venir mettre en péril son équilibre, difficilement obtenu à la sueur de son front.

Nous croyons ce que nous instillent les médias. Notre peur l’emporte sur notre sens de l’humanité. Une fois de plus, nous avons perdu une belle occasion de prouver que nous sommes encore des hommes et des femmes doués de jugement et capables de solidarité.
Ce qui me fait plus peur encore que les terroristes c’est l’ignorance et la perte de la capacité d’exercer un jugement éclairé. L’autre peut me sembler menaçant parfois, mais il ne me fait pas peur. J’accepte et j’accueille avec joie et reconnaissance cet autre différent de moi. Grâce à lui je vais grandir et apprivoiser la différence et rester humain.

Ce qui me terrorise, c’est la différence et l’incompréhension entre les africains qui ne comprennent rien à leur destin hélas . Cet autre-là me fait peur. Cet autre qui me répond, en écoutant la sottise des africains de la diaspora sur les réseaux sociaux et les discours de nos dirigeants africains à la télé, des projets et promesses vides, j’ai peur de me déshumaniser. De devenir violent à mon tour. Ils me font beaucoup plus peur que les terroristes de Boko Haram, dont je n’ai jamais eu peur malgré les efforts des médias.
J’ai la chance de partager de temps à autre mes idées et pensées ou encore un plat de ndolé avec mes amis. Ce sont là de précieux moments de solidarité. Attention ! la patience n’est pas une faiblesse….TBM

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