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Le désormais ex président soudansi, Omar el-Béchir reçu par le roi Salman, février 2016/Alarab

Le désormais ex président soudansi, Omar el-Béchir reçu par le roi Salman, février 2016/Alarab

Moins de 24 heures après sa nomination à la tête du Conseil militaire de transition au Soudan, le général Ibn Auf a démissionné à la surprise générale vendredi soir 12 avril. Il a été remplacé par l’ancien chef d’état-major Abdel Fattah Abdelrahman Burhan.

 Les médias « mainstream » en sont désormais à voir à travers lui un « personnage plus consensuel » surtout qu’il n’est pas connu du grand  public et qu’on ne lui connait aucune appartenance politique, souligne l’AFP qui affirme qu’il n’est pas issu du parti au pouvoir. Certains commentateurs n’ont cessé de souligner le rôle joué par l’axe Riyad-Le Caire-Abou Dhabi dans le renversement du général El-Béchir, hypothèse qui, vu les événements en cours en Libye, pourrait ne pas être totalement dénuée de sens. Al-Binna retient cette piste.  

Selon al-Binna, journal libanais, les récentes évolutions au Soudan semblent avoir été au moins en partie orchestré par Riyad qui souhaite exploiter l’armée régulière soudanaise dans le sens de leurs propres intérêts. Sous l’intitulé, « D’Hormuz à Gibraltar et en Corne de l’Afrique… l’Amérique est derrière la porte », le journal écrit : 

« Après le cuisant échec subi par les États-Unis dont les plans impérialistes sont tous tombés à l’eau dans le monde musulman, les Américains ont allumé la mèche d’une série d’actes de déstabilisation en Afrique du Nord et en Corne d’Afrique. Voilà le nouveau plan de Washington : confisquer les armées régulières arabes notamment celle de l’Algérie, de la Libye (s’il est vrai qu’il n’existe pas une armée régulière en Libye, mais les forces de Haftar constituent le corps armé le plus efficient, NDLR) du Soudan, les impliquer dans un processus politique trop complexe et aux multiples facettes, au risque de discréditer ces mêmes forces armées aux yeux de leur propre population, et ce, pour s’en servir par la suite dans le sens de leurs propres intérêts. Que l’armée des pays précités réussisse ou pas à calmer la situation, cela revient au même, elles seront fragiles et ouvertes aux propositions voire aux diktats occidentaux », indique al-Binaa.  

Le quotidien libanais évoque ensuite le rôle joué par le prince saoudien Mohammed ben Salmane dans les récentes évolutions au Soudan et écrit : « Le coup d’État au Soudan a eu lieu très probablement suite à une série de coordinations entre le prince saoudien Mohammed ben Salmane et le ministre soudanais de la Défense Aouad Ibn Aouf qui s’était rendu, quelques jours auparavant avant le coup de force, à Riyad pour prendre part à une réunion de “l’OTAN arabe”. En effet, le coup d’État au Soudan constitue en effet un pas préventif destiné à étouffer tout autre mouvement de protestation de nature populaire dont le succès pourrait entraîner la fin de l’implication des mercenaires soudanais largement impliqués dans les conflits au Yémen et ce, au profit de l’Arabie saoudite ».    

L’Arabie saoudite, disposant d’une armée désintégrée aux faibles capacités militaires, vise effectivement à bénéficier de l’absence d’Omar el-Béchir, qui s’opposait à l’engagement militaire « trop vaste » de son pays dans les conflits au Yémen bien que les mercenaires soudanais se battent depuis longtemps contre les forces yéménites. Riyad croit pouvoir désormais compter sur l’armée régulière soudanaise, l’une des plus puissantes de toute l’Afrique et la déployer plus efficacement contre les forces yéménites qui continuent à avancer sur tous les fronts et progressent même dans le sud de l’Arabie saoudite. Ce plan B intéresserait Riyad qui commence à perdre le soutien de ses alliés occidentaux à sa guerre génocidaire. Mais avec l’appui soudanais, l’Arabie saoudite pourrait-elle changer la donne? 

Al-Binna écrit : « la tâche est loin d’être facile. Même avec la totalité des soldats soudanais engagés dans la guerre aux côtés de Riyad et Abou Dhabi, il serait difficile de gagner la guerre contre Ansarallah et d’imposer une emprise US/monarchie arabe sur Bab el-Mandeb ou encore sur Gibraltar. Depuis 5 ans,  les mercenaires soudanais n’ont pas pu offrir à Riyad une quelconque victoire et rien ne dit qu’a partir d’aujourd’hui les choses changeront, surtout que la force armée soudanaise, comme d’ailleurs celle de l’Algérie, est engagée malgré elle sur un terrain bien accidenté. Même l’Égypte d’Al-Sissi qu’on qualifie d’un des soutien du coup d’État au Soudan ne voit d’un bon œil les évolutions au Soudan. Le risque d’instabilité est trop grand », a conclu le quotidien libanais.

Réaction d’Ansarallah

Le président du Comité révolutionnaire du Yémen a réagi, de son côté, à la destitution du président soudanais; El-Béchir et aux récentes évolutions dans ce pays africain.

Mohammed Ali al-Houthi a déclaré, vendredi 12 avril, dans un communiqué, que la « révolution » au Soudan ne priverait pas le peuple soudanais de son droit de reprendre l’initiative et de mettre un terme au régime despotique d’Omar el-Béchir. Et puis, l’état d’urgence, décrété par l’armée soudanaise, montre que celle-ci traite le peuple comme son ennemi. Une vraie révolution n’a pas peur de la nation et ne fait pas appel à l’instauration de l’état d’urgence », fait remarquer Mohammed Ali al-Houthi. 

Le ministre soudanais de la Défense Aouad Ibn Aouf a annoncé, dans un communiqué, la destitution d’Omar el-Béchir, ajoutant que celui-ci avait été arrêté et qu’il était détenu dans un lieu sûr. Aouad Ibn Aouf a également décrété l’état d’urgence pour une durée de trois mois avant de renoncer à la direction du conseil de transition vendredi. À Sanaa, les évolutions en cours au Soudan sont suivis à la lettre près. Un pouvoir civil à la tête du Soudan pourrait se solder par un changement de donne dans le camp saoudien puisque géo-stratégiquement parlant, le Soudan n’a aucun intérêt à participer à la guerre contre le Yémen. 

Par Africa24monde avec Presstv

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