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Le pape François recevant des représentants du corps diplomatique au Vatican, le 12 janvier 2015 ©AFP

Le pape François recevant des représentants du corps diplomatique au Vatican, le 12 janvier 2015 ©AFP

Le pape François a dressé lundi un tableau très sombre du monde, fustigeant les « formes déviantes de religion » et les fondamentalistes qui massacrent au nom d’un Dieu relégué « au rang de pur prétexte idéologique » en France, en Irak ou encore au Nigeria.

Dans le cadre solennel de son discours annuel devant le corps diplomatique au Vatican, le pape a dénoncé la déviance des terroristes qui voient « les autres comme des objets », comme lors du « tragique massacre » de Paris, où 17 personnes ont été tuées par des jihadistes dans trois attaques différentes.

Jorge Bergoglio a renouvelé son appel aux « responsables religieux, politiques et intellectuels, en particulier musulmans » à condamner « toute interprétation fondamentaliste et extrémiste de la religion ».

« L’être humain devient esclave (…) parfois même de formes déviantes de religion », a déclaré le pape, en considérant le terrorisme fondamentaliste qui ensanglante la Syrie et l’Irak comme une « conséquence de la culture du rejet appliquée à Dieu ».

Ce fondamentalisme refuse « Dieu lui-même, le reléguant au rang de pur prétexte idéologique », a-t-il martelé.

Il a répété, alors que les violences menacent les chrétiens dans la région, qu’un « Moyen-Orient sans chrétiens serait un Moyen-Orient défiguré et mutilé ».

Avec émotion, il a rappelé « la férocité inouïe » qui a vu, « il y a un mois, plus de 100 enfants tués » dans une école de Peshawar au Pakistan.

– Les plus touchés : les petits –

« Des formes de semblables brutalités qui fauchent souvent ceux qui sont les plus petits et ceux qui sont sans défense, ne manquent pas », a-t-il dit, évoquant « les violences sans discernement au Nigeria », où la secte islamiste Boko Haram massacre des villageois et enlève des jeunes filles.

Ces enlèvements représentent « un commerce exécrable qui ne peut pas continuer, une plaie qu’il faut éradiquer », et qui doit faire réagir « la communauté mondiale toute entière », a-t-il martelé.

Autre « horrible crime » dans les conflits, les viols infligent aux femmes « un traumatisme qui pourra difficilement être effacé et dont les conséquences sont aussi de caractère social ».Là aussi, la voix du pape s’est brisée.

« Les conséquences dramatiques de la mentalité du rejet et de la culture de l’asservissement est le déferlement continuel des conflits », a-t-il expliqué en citant la Libye, la Centrafrique, la Corne de l’Afrique, le Soudan, la République démocratique du Congo.

– Les ’exclus cachés’ –

Pour le pape François, cette violence qui plonge la planète dans « une vraie guerre mondiale morcelée » a d’abord des racines sociales et sociétales : « une mondialisation uniformisante qui rejette les cultures », le « drame du refus » auquel sont confrontés les migrants « victimes de bourreaux avides d’argent » mais aussi « les exclus cachés » que sont certaines personnes âgées ou handicapées ainsi que les jeunes sans emploi.

Le pape s’est aussi « alarmé » du fait que « beaucoup de migrants, surtout dans les Amériques, (soient désormais) des enfants seuls, proies plus faciles des dangers ».

Sans allusion directe à l’avortement et à l’euthanasie, François a évoqué toutes « les vies rejetées » et envoyé une pique aux mentalités et législations occidentales sur la famille.

« Il n’est pas rare que la famille soit objet de rejet », a-t-il dit en dénonçant « le phénomène dramatique de la dénatalité » et « des législations qui privilégient différentes formes de cohabitation », dans une allusion implicite au divorce et au mariage homosexuel.

Le pape a mentionné fort peu de bonnes nouvelles en 2014, saluant essentiellement le dialogue entre Cuba et les Etats-Unis « après un silence réciproque qui a duré plus d’un demi-siècle », sans aucunement s’étendre sur le rôle de médiation tenu par le Vatican.

Très sensible aux questions de développement et à l’écologie, le pontife argentin a terminé son discours en évoquant les rendez-vous de l’année sur ces sujets et en souhaitant en particulier « un nouvel accord sur le climat » lors de la conférence prévue en décembre à Paris.

Africa1.com /Cité du Vatican (AFP)

 

 

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