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Le roi d’Arabie saoudite, Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, reçoit le président soudanais Omar el-Béchir à Riyad, le 10 novembre 2015. ©AFP

Le roi d’Arabie saoudite, Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, reçoit le président soudanais Omar el-Béchir à Riyad, le 10 novembre 2015. ©AFP

Le journal arabe Rai al-Youm, publié à Londres, se penche sur les dissensions entre le Soudan et l’Arabie saoudite, suite à la décision de l’administration Trump de reporter la levée définitive des sanctions américaines contre Khartoum à une date ultérieure. 

Le Soudan avait opéré en janvier 2016 un revirement complet, suite aux pressions saoudiennes, en annonçant la rupture avec effet immédiat de ses relations diplomatiques avec l’Iran « chiite » qui était jusque-là son allié indéfectible dans la région. Depuis un an donc, son président, le général Omar el-Béchir, a cherché à se rapprocher des autres pays du golfe Persique, comme l’Arabie saoudite et les EAU, ainsi que de l’Égypte.

Accusant l’Iran d’attiser les tensions entre les pays chiites et sunnites, Khartoum a rejoint la coalition formée par Riyad pour combattre Ansarallah (les Houthis) au Yémen et surtout, pour faire son miel du soutien économique de la famille Al Saoud, laquelle par ailleurs s’est faite son avocat auprès des pays occidentaux.  

Le Soudan a suspendu le mercredi 12 juillet ses discussions avec les États-Unis, principaux alliés de Riyad dans la région du Moyen-Orient, sur la levée totale de l’embargo économique américain, après que Washington a prolongé de trois mois les dernières sanctions imposées depuis 20 ans au régime du président Omar el-Béchir. Au risque de saper leurs efforts en vue d’une normalisation des relations difficiles américano-soudanaises, le président Donald Trump a prolongé mardi soir jusqu’au 12 octobre une période probatoire qui avait été décidée à l’origine pour six mois par son prédécesseur Barack Obama.

Cette décision n’est pas « surprenante », assure le journal Rai al-Youm, car l’influence de la monarchie saoudienne est tellement grande que le président Omar el-Béchir se voit aujourd’hui sanctionné, de surcroît, pour s’être mis en travers de l’ordre qui lui avait été fait de rompre totalement ses relations avec le Qatar.

La crise du Qatar, qui ne fait que commencer, place le président soudanais dans une piètre situation. Khartoum entretient des relations plus que bonnes avec Doha et Ankara, d’où la création d’une coalition de soutien aux Frères musulmans, dont certains chefs sont réfugiés au Qatar.

Or, Omar el-Béchir a coupé la poire en deux : il a annoncé sa neutralité dans le conflit du golfe Persique en se proposant comme médiateur entre son allié le Qatar et ses adversaires.

Sa prise de position, tout comme son offre de médiation, a été rejetée en bloc. Les Saoudiens lui ont répondu en empruntant une célèbre citation de l’ex-président américain George W. Bush : « Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous. »

Ce n’est certainement pas à cause de la violation des droits de l’homme que l’administration Trump a retardé la levée des sanctions économiques contre le Soudan, car tous ses alliés régionaux sont impliqués dans cette affaire. Certains d’entre eux ont des antécédents beaucoup plus sinistres. Cet ajournement résulte de l’irritation de l’Arabie saoudite quant à la neutralité du Soudan dans le conflit survenu entre les pays du golfe Persique, estime Rai al-Youm.

Les sanctions imposées par l’Arabie saoudite au Soudan — pires que celles des États-Unis — se cristallisent. Le général Taha Osman al-Hussein, ex-directeur du bureau du président Omar el-Béchir, qui avait arrangé la participation de 3 000 soldats soudanais à la coalition menée par Riyad au Yémen, a été récompensé par l’octroi de la nationalité saoudienne et désigné comme conseiller pour les Affaires africaines du prince héritier Mohammed ben Salmane.

À quand le prochain acte de vengeance de Riyad contre le régime d’Omar el-Béchir ? On l’ignore. À l’instar du Qatar, le Soudan sera-t-il sommé de quitter la coalition arabe et de retirer ses troupes du Yémen ?

En 30 ans de présidence, Omar el-Béchir se retrouve dans l’impasse. Ses relations avec l’Égypte sont mauvaises, celles avec l’Arabie désastreuses et celles avec les Émirats arabes unis se détériorent. Ne lui resterait-il plus comme alternative que de se tourner vers l’Iran, l’axe qu’il a brutalement quitté il y a trois ans ?

http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/07/13/528348/Retour-du-Soudan-dans-laxe-iranien-selon-Rail-alYoum

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