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La CIA à Alger, qui l’eût cru ?....Wikimedia Commons

La CIA à Alger, qui l’eût cru ?….Wikimedia Commons

La CIA à Alger, qui l’eût cru ?

El Watan, 31 janvier 2009……. Il aura fallu qu’une affaire de sordides coucheries éclate à Washington pour que les Algériens découvrent que la CIA dispose d’une antenne à Alger. Les autorités algériennes ont-elles donné leur accord pour l’ouverture d’une antenne de la Centrale de notre pays ? Si tel était le cas, l’opinion publique n’en a pas été informée. Du moins, pas officiellement. Bien sûr, il n’est pas dans les habitudes de nos gouvernants de nous tenir informés sur les activités secrètes des représentations étrangères en Algérie, mais tout de même…

Il s’agit de la CIA ! Bien sûr, on pourrait toujours nous rétorquer que l’affaire qui agite aujourd’hui le landernau américain n’est qu’une question de sexe, de basses mœurs, qu’elle n’est nullement liée à une quelconque tentative d’espionnage au détriment du pays, mais encore fois, il s’agit de la CIA… Depuis quand l’agence du renseignement américaine opère-t-elle en Algérie ?

Evidemment, il est de notoriété publique que toutes les ambassades étrangères à Alger possèdent des attachés militaires, des agents dûment identifiés et acceptés comme tels, mais un bureau de la CIA à Alger, c’est là une nouveauté. Oui, on sait que notre gouvernement a déjà donné son accord pour l’ouverture d’un bureau du FBI (Federal Bureau of Investigation) à Alger, mais l’annonce de l’existence d’une antenne de la CIA intrigue, choque et laisse perplexe.

Pour s’en convaincre, il suffit de lire les divers commentaires postés sur internet pour se rendre compte de l’ampleur de cet étonnement. Mais ne soyons pas dupes… Il est difficile de croire qu’Andrew Warren ainsi que ses supérieurs hiérarchiques travaillaient ou travaillent dans la clandestinité – « undercover » comme on dit dans le jargon –, dans la mesure où cet homme est bien connu de nos services pour avoir étroitement collaboré avec eux dans le cadre de la lutte contre Al Qaïda. Alors, on veut bien croire qu’Andrew Warren est un pervers qui a abusé des charmes de deux Algériennes, mais de grâce, dites-nous qui a autorisé la CIA à ouvrir une antenne à Alger ?

Par s. o. a


L’ANCIEN CHEF D’ANTENNE AMÉRICAIN ACCUSÉ DE VIOL SUR DES ALGÉRIENNES

La CIA éclaboussée par un scandale sexuel à Alger

Par :Azzeddine Bensouiah, Liberté, 30 janvier 2009

Le scandale a été révélé par la presse américaine : le chef du bureau de la CIA à Alger, Andrew Warren, 41 ans, fait l’objet d’une enquête de la justice américaine pour soupçon de viol sur deux Algériennes.

Selon la presse américaine, le fonctionnaire de la CIA serait un récidiviste, puisque des soupçons pèsent sur lui pour la période où il exerçait au Caire, en Égypte.

Selon des médias américains qui ont révélé le scandale
mercredi dernier, les enquêteurs ont découvert dans son domicile algérois, où les viols s’étaient produits, des cassettes vidéo montrant l’agent de la CIA en train de violer d’autres femmes en Égypte où il était en poste quelques années auparavant.
Les deux Algériennes ont été violées successivement en septembre 2007 et en février 2008, selon la presse américaine. Les deux femmes ont produit des témoignages presque identiques sur les conditions de leur viol par l’ancien responsable de la CIA à Alger. Elles auraient été droguées dans l’appartement algérois de M. Warren avec des substances mélangées à des boissons alcoolisées.Les enquêteurs américains ont trouvé dans le domicile algérois de l’ex-chef de l’antenne de la CIA à Alger des comprimés qui ont probablement servi à droguer les deux victimes algériennes.
L’ambassadeur américain à Alger, David Pearce, a décidé de renvoyer, en octobre 2008, l’agent dans son pays, après avoir reçu les plaintes de deux femmes.

M. Pearce a été reçu ce jeudi par le ministre délégué à la Défense, Abdelmalek Guenaïzia, au siège du ministère de la Défense. Même si aucune information n’a filtré au sujet des entretiens entre les deux hommes, tout laisse penser que l’affaire de l’ex-chef du bureau de la CIA à Alger fut au menu de leurs discussions. L’ambassade américaine a confirmé, jeudi à l’AFP à Alger, que le chef de la CIA en Algérie, accusé de viol par deux femmes, était “rentré à Washington” et que le “gouvernement américain examine la situation”. “Comme l’a bien indiqué le porte-parole du département d’État, les États-Unis prennent très au sérieux toute accusation de mauvais comportements impliquant ses personnels à l’étranger”, a déclaré un porte-parole de l’ambassade interrogé par téléphone. “La personne en question est rentrée à Washington et le gouvernement américain examine la situation”, a-t-il ajouté en demandant de s’adresser au département de la Justice “pour tout renseignement complémentaire”.

Un porte-parole du département d’État, Robert Wood, avait utilisé, mercredi, les mêmes termes. La justice américaine a ouvert une enquête sur le chef de la CIA à Alger, accusé de viol par deux femmes qui affirment avoir été droguées, selon plusieurs médias américains mercredi.

La médiatisation de cette affaire en ce moment précis laisse penser qu’il ne s’agit pas d’un simple fait divers. Puisque les autorités américaines, relayées par les médias, prennent très au sérieux cette affaire et que l’ambassadeur Pearce se déplace au ministère de la Défense et accepte de communiquer sur cette affaire. Au-delà du fait que ce soit le chef du bureau de la CIA à Alger, qui avait déjà travaillé dans un pays aussi sensible que l’Égypte, qui soit dans l’œil du cyclone, et avec lui toute la Central Intelligence Agency, c’est tout le système d’espionnage américain qui est ridiculisé.

En effet, comment peut-on imaginer qu’un espion en chef puisse commettre des viols de cette façon, lui qui est rompu à ce genre de pratiques pour faire parler ou chanter des personnes sensibles ? L’alcool, la drogue, l’argent et le sexe, c’est connu, sont les armes absolues de tous les espions. Comment est-il tombé dans son propre jeu et, de surcroît, en laissant des preuves (vidéo) sur ses actes ?
Du côté algérien, un silence somme toute compréhensible entoure cette affaire, en raison du fait que, officiellement, on n’a jamais évoqué la présence d’un bureau de la CIA à Alger. Ce n’est que l’an dernier que l’on avait annoncé l’ouverture d’un bureau du FBI à Alger.

C’est dire la sensibilité du sujet pour les autorités algériennes qui ont fermement rejeté l’idée de création de l’Africom, même si elles ont de tout temps coopéré avec les autorités américaines dans la lutte antiterroriste. Mais, du côté américain, ce “fait divers”, ainsi dévoilé et médiatisé, pourrait annoncer une nouvelle ère dans les missions de la CIA, avec l’arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche. La décision de fermer la prison de non-droit de Guantanamo et l’interdiction faite aux agents de la CIA d’user de la torture pour soustraire des informations aux détenus ont été les premières décisions prises par le nouveau président américain.
La CIA, qui, au nom de la lutte antiterroriste, a commis d’innombrables déviations, allant jusqu’à embarrasser les principaux alliés des USA, notamment dans l’affaire des prisons et vols secrets pour le transfert et les interrogatoires des suspects.

Azzeddine Bensouiah

http://www.algeria-watch.org/fr/article/pol/us/cia_alger.htm

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