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Incendie à la Sonara, située dans la périphérie de Limbé, la ville balnéaire de la Région du Sud-Ouest.

Incendie à la Sonara, située dans la périphérie de Limbé, la ville balnéaire de la Région du Sud-Ouest.

Société ivoirienne de raffinage (SIR, publique), Société Nationale de Raffinage du Cameroun ( Sonara, publique).

Le 20 mars 2018, à la veille du sommet extraordinaire de l’Union africaine (UA) au Rwanda où les représentants de 44 pays se sont réunis pour signer le traité de la Zone de libre-échange continentale (ZLEC), le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a prôné la création d’une monnaie unique pour l’Afrique. Selon lui, cette nouvelle monnaie pourrait notamment stimuler le commerce transfrontalier.

Le jeudi 30 mai 2019, l’Accord de libre-échange continental africain est légalement entré en vigueur à minuit. Ce même jour, vers 10h, un incendie s’est déclaré à la Société Ivoirienne de Raffinage, à la suite d’une fuite d’huile sur un groupe électrique. Et dans la soirée, la Société Nationale de Raffinage du Cameroun, Sonara, subissait le même sort. La cause était un problème de branchement. Un problème de générateur, c’est à dire un problème de source d’énergie.. Ces deux sociétés ont été créées par leurs gouvernements respectifs, avec la participation de partenaires étrangers dont les sociétés françaises Elf et Total qui détenaient 5% du capital de la SIR et 19% de la Sonara.

En janvier 2019, la banque d’affaires Southbrige de Lionel Zinsou, conseil de la société ivoirienne de raffinage (SIR) annonçait avoir arrangé avec succès un refinancement de 660 millions de dollars pour le compte de la SIR. Ce financement permettait ainsi à la SIR de rembourser sa dette historique.

Selon le communiqué de Southbridge, les investisseurs concernés par ce crédit syndiqué sont l’Africa Finance Corporation (Fonds africains), la Deutsche Bank (Allemagne), l’ICBC (Chine), la United Bank for Africa (Nigeria), la NSIA Bank (Côte d’Ivoire et la Bridge Bank (Côte d’Ivoire).

En 2015, la Sonara bénéficiait d’un refinancement pour un montant de 143,5 milliards FCFA grâce à une convention de crédit relais avec une syndication de quatre banques locales  conduites par la filiale camerounaise de BGFI, la banque gabonaise chef de file de l’opération. Ce prêt constituait la première étape du processus de redressement de la Sonara qui prévoit d’augmenter sa capacité de raffinage à 3,5 millions de tonnes par an.

Au mois de novembre 2018, la Sonara réalisait une augmentation de la part de l’état camerounais dans son capital par conversion de ses dettes fiscales évaluées à 128 milliards de FCFA. La Sonara qui n’a pas révélé son nouvel actionnariat, ne dit pas au détriment de quels actionnaires cette augmentation de la part de l’état camerounais a été réalisée.

Dans tous les cas, la SIR et la Sonara semblent vouloir se passer des entreprises françaises pour leurs financements et tout laisse à penser que les nouveaux financiers et actionnaires de ces deux entités privilégieront les entreprises de leur pays pour la fourniture d’équipements, mettant ainsi la France hors-jeu dans un futur proche.

De plus, une augmentation de la production de ces raffineries pour leurs marchés locaux réduit les quantités disponibles pour l’exportation de pétrole brut, notamment vers la France, fragilisant encore plus sa dépendance énergétique. En attendant la Sonara qui vient d’annoncer la suspension de ses livraisons, le Cameroun devra augmenter ses importations de pétrole pour alimenter le marché local.

“En politique, rien n’arrive par hasard. Chaque fois qu’un événement survient, on peut être certain qu’il avait été prévu pour se dérouler ainsi”, avait dit Franklin Delano Roosevelt.

Par Regardsurlafrique Avec Presstv

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