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L’Union africaine a annoncé le 17 novembre qu’elle enverra une mission d’information et d’écoute au Gabon. L’organisation panafricaine exprime ses préoccupations par rapport à la crise politique qui secoue le pays,liée à l’état de santé du chef de l’État gabonais. L’institution invite les acteurs politiques à préserver la paix.

Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, s’est dit

«préoccupé par certains développements en rapport avec la situation sanitaire du chef de l’État gabonais.»

Ce communiqué de l’UA, publié samedi 17 novembre, répond à la cacophonie causée par l’état de santé du Président Ali Bongo, désormais à l’origine de diverses interprétations de la Constitution dans le pays. La Commission de l’Union Africaine appelle à la retenue et préconise le «strict respect de l’ordre constitutionnel» pour écarter tout risque de dérapage.

La sortie de l’UA est sans doute motivée par la posture de la Cour constitutionnelle gabonaise. Elle a annoncé mercredi 14 novembre dernier qu’elle avait ajouté un alinéa à l’article 13 de la Constitution, permettant au vice-Président du pays de présider le conseil des ministres en l’absence du Président de la République. Une modification de la Constitution qui a suscité un tollé général dans les rangs de l’opposition, qui revendique plutôt la constatation de la vacance au pouvoir et l’organisation d’une élection dans les délais prévus par ladite Constitution.

Malgré la disposition dite «temporaire» introduite par la Cour constitutionnelle permettant au vice-Président de tenir le conseil des ministres, un imbroglio demeure autour de cette modification, jugée illégitime et illégale par l’opposition. Face à cette crise qui pourrait perdurer devant les positions tranchées des acteurs politiques, l’Union africaine indique que

«le Président de la Commission dépêchera dans les meilleurs délais une mission d’information et d’écoute à Libreville.»

Moussa Faki Mahamat

«appelle l’ensemble des acteurs politiques et institutions du pays à conjuguer, en toute responsabilité, leurs efforts en vue de préserver l’unité, la paix et la stabilité du pays frère qu’est le Gabon.»

Dans un communiqué officiel lu sur Gabon 1re, la télévision nationale Gabonaise ce lundi 19 novembre, le ministre gabonais des Affaires étrangères, Régis Immongault Tatangani a indiqué que

«le gouvernement est disposé le moment venu et en tant que le besoin à recevoir une mission de l’Union africaine à une date qui sera convenue d’accord partie.»

Cependant, le chef de la diplomatie gabonaise considère que

«la solidité des institutions gabonaises n’est plus à prouver. La décision de la Cour constitutionnelle rendue le 14 novembre 2018 et le conseil des ministres tenu le 15 novembre 2018 témoignent de leur fonctionnement normal et régulier.»

Ali Bongo Ondimba, 59 ans, est absent de son pays depuis fin octobre pour raisons de santé. Il demeure hospitalisé à Ryad, en Arabie saoudite, où il prenait part au Davos du désert. Le porte-parole de la présidence, dans un récent communiqué, mentionnait que «le Président de la République est dans une phase de recouvrement de la plénitude de ses facultés physiques». Malgré les multiples communications de la présidence de la République gabonaise, visant à rassurer les Gabonais, la polémique a continué à enfler dans le pays sur l’état de santé du Président et sa capacité à continuer diriger le Gabon.

Par Regardsurlafrique Avec Sputniknews

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