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Mali d’hier* : 1964, LE PREMIER MINISTRE CHOU EN LAI, MESSAGER D'AMITIÉ DU PEUPLE CHINOIS

Mali d’hier* : 1964, LE PREMIER MINISTRE CHOU EN LAI, MESSAGER D’AMITIÉ DU PEUPLE CHINOIS

Mali : Mali d’hier* : 1964, LE PREMIER MINISTRE CHOU EN LAI, MESSAGER D’AMITIÉ DU PEUPLE CHINOIS

C’était il y a 51 ans. Notre pays accueillait le Premier ministre, vice-président et ministre des Affaires étrangères de la République populaire de Chine Chou En-Laï.

Le jeudi 16 janvier 1964, « la ville de Bamako, avec son hospitalité coutumière, a ouvert ses portes au Premier ministre Chou En-Laï.

Dès le petit jour, jeunes et vieux de notre capitale, sous la direction de leurs responsables, ont tenu à marquer d’un éclat tout particulier le premier contact du Premier ministre chinois et de sa suite avec le sol malien », écrivait L’Essor dans son édition du 17 janvier 1964.

C’était l’époque de la division du monde en deux blocs qui n’arrêtaient pas de se crêper le chignon. Les socialo-communistes (bloc de l’Est) étaient emmenés par l’Union soviétique. Tandis que les capitalo-impérialistes (bloc de l’Ouest) avaient comme tête d’affiche les Etats-Unis. Nous penchions plutôt pour le bloc de l’Est même si nous appartenions au groupe lilliputien (en termes de forces de frappe) des Non-Alignés qui essayait d’exister à l’ombre des deux mastodontes.
On comprend dès lors qu’à l’arrivée de Chou En-Laï dans notre pays l’ambiance ait été à l’enthousiasme révolutionnaire. Modido Keita, le président de la République d’alors, est visiblement très heureux de recevoir ce haut dirigeant d’un grand pays (650 millions d’habitants à l’époque) qui partage l’idéal socialiste. L’occasion est bonne pour les effusions de solidarité, d’exaltation du socialisme et de dénonciation de l’impérialisme. Les discours insistent sur la libération des peuples d’Afrique et d’Asie du joug colonial et sur l’amitié entre les deux pays.
Modibo Keita assure à son illustre hôte : « Votre visite, Monsieur le Premier ministre, n’est pas une visite dite officielle, elle est celle d’amis de la République du Mali, car nous savons avec quel intérêt actif vous suivez les problèmes du continent africain en général et plus particulièrement la lutte de libération des peuples africains et la politique hardie de décolonisation de notre parti ».
Chou En-Laï répond sur le même registre : « Au moment où l’on voit les drapeaux de l’indépendance et de la liberté arborés l’un après l’autre sur le continent africain et que l’amitié entre les peuples d’Afrique et le peuple chinois se resserre chaque jour davantage, nous sommes très heureux de venir visiter la République du Mali, en tant que messagers d’amitié du peuple chinois. »
Au cours de son séjour dans notre pays, le dirigeant chinois s’est rendu à Koulikoro où il a été fait citoyen d’honneur de la ville. Il a estimé à cette occasion que l’aide chinoise à l’époque était « fort limitée ». « J’ai la profonde conviction que la présente visite contribuera au renforcement de la coopération amicale entre nos deux pays et au resserrement des liens d’amitié unissant nos deux peuples. Que l’amitié des peuples chinois et malien soit comme les eaux du Niger et du Yangtsé qui coulent éternellement. »
Chou En-Laï a même développé la doctrine de son pays en matière d’aide. « Nous estimons qu’il est du devoir internationaliste du peuple chinois d’aider les pays naissants amis d’Asie et d’Afrique. Nous n’avons jamais considéré ce genre d’aide comme étant unilatérale, car, à notre avis, l’aide a toujours été réciproque. Que les pays naissants amis parviennent, avec notre aide, à développer progressivement leur économie et à se débarrasser de l’emprise coloniale, accroissant ainsi leurs forces anti-impérialistes dans le monde, c’est là un très grand soutien à la Chine. »
Dans la capitale du Méguétan, le leader chinois a visité en compagnie du président Modibo Keita la Compagnie malienne de navigation et la Compagnie malienne des huileries. La première entreprise construisait déjà des bacs, du mobilier, des réservoirs de véhicule. La seconde extrayait l’huile de l’arachide et fabriquait le savon.
La Compagnie malienne de navigation avait 900 employés. Quant à la Compagnie malienne des huileries, elle employait 180 personnes. A l’époque, le gouvernement voulait faire de Koulikoro, jonction des trafics ferroviaires et fluviaux et grenier agricole, un important centre industriel.
Cette visite historique de Chou En-Laï fut l’occasion de renforcer davantage une coopération qui, aujourd’hui encore, continue de faire le bonheur de notre pays. Inutile de citer les preuves récentes et les plus visibles comme le 3è pont, l’hôpital du Mali, l’autoroute Bamako-Ségou. Rappelons seulement les annonces prodigieuses en terme de grands travaux et d’appuis financiers qui ont suivi le voyage en septembre dernier du président Ibrahim Boubacar Keita en Chine.
B. TOURE

Source: L’Essor /maliactu.net

 

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