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Quand Poutine déçoit Israël : Un expert russe interrogé par Fars News voit dans le déplacement du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, à Moscou une tentative d’affaiblir la présence iranienne en Syrie. Une tentative, mais pas davantage.

Interrogé sur les motifs de la visite « infructueuse » de Netanyahu en Russie, l’expert russe du Moyen-Orient et spécialiste des sciences politiques, Igor Pankratinko, a précisé que le Premier ministre israélien cherchait à affaiblir la présence militaire iranienne en Syrie, mais que sa tentative était loin d’être un succès. 

Netanyahu a effectué cette visite au moment où le vice-président américain Mike Pence a fini sa première tournée. Pence a quitté Tel-Aviv sans rencontrer au préalable les Palestiniens en colère.

Évoquant la quasi-simultanéité du déplacement du Premier ministre israélien à Moscou avec les négociations inter-syriennes dans la ville balnéaire russe de Sotchi, Pankratinko a fait remarquer qu’« il ne s’agissait pas d’un hasard de calendrier ».

« Un retour sur les visites de Netanyahu effectuées au cours des trois dernières années à Moscou montre que le Premier ministre israélien débarque en Russie chaque fois que le Kremlin entend franchir un pas sérieux au Moyen-Orient », a-t-il commenté.

S’attardant sur les évolutions des relations russo-israéliennes « ternies depuis les dernières années », l’intéressé a ajouté : « Après l’intervention de la Russie en Syrie aux côtés de ses alliés stratégiques, à la demande de Damas, les relations Moscou-Washington se sont ternies. Cette dégradation a atteint son apogée avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump à la Maison-Blanche qui a attisé les tensions internationales, notamment avec l’Iran et la Russie, mais a ouvert une nouvelle page de l’alliance américano-israélienne. »

« La décision du transfert de l’ambassade des États-Unis dans la ville sainte de Qods était donc un magnifique cadeau qui a beaucoup plu à Israël », précise-t-il.

L’analyste russe des questions politiques, évoquant les tentatives israéliennes visant à jouer le médiateur entre Moscou et Washington, a déclaré : « Parmi les acteurs régionaux et internationaux du conflit syrien, à savoir la Russie, l’Iran et la Turquie, Tel-Aviv ne peut que confier à Moscou ses préoccupations. »

Même les États-Unis, précise-t-il, ne peuvent l’aider, car les positions américaines sont différentes de celles prises par d’autres protagonistes de la crise.

S’agissant de la médiation israélienne entre les Russes et les Américains, l’expert précise qu’« Israël profite de l’occasion pour mettre Moscou au courant de ses propres inquiétudes et défendre ses propres intérêts auprès d’un Moscou qui est l’allié de ses ennemis. »  

S’attardant sur les bases militaires du Hezbollah en Syrie, il a rappelé qu’Israël cherche à les démanteler et que Tel-Aviv a besoin de la position « neutre » de Moscou.

À rappeler qu’une haute délégation diplomatique, sécuritaire et militaire russe est arrivée à Qods le mardi 30 janvier.

Selon une note de DEBKAfile, cette visite a eu lieu moins de 24 heures après que le Premier ministre Benyamin Netanyahu a rencontré Vladimir Poutine au Kremlin.

Les membres de la délégation russe auraient abordé avec des responsables israéliens des questions liées à « la présence militaire iranienne en Syrie et au Liban et aux changements qu’Israël souhaite apporter à l’accord sur le nucléaire iranien, dont la Russie ainsi que les États-Unis et quatre autres puissances mondiales sont signataires ».

Évoquant les multiples missions étrangères des hautes délégations russes, le site DEBKAfile note aussi que c’est la première fois que le président Poutine a dû avancer la date de cette mission diplomatique pour certaines raisons :

– Il a voulu transmettre à Netanyahu un message en ce sens que les questions iraniennes et syrienne ne pouvaient pas être résolues dans une seule conversation, appelant ainsi à une évaluation approfondie desdites questions dans tous leurs aspects.

– Poutine y a vu une occasion d’agir en profitant des relations actuellement conflictuelles entre Washington et Tel-Aviv.

– La délégation russe à la conférence de Sotchi devait montrer que Moscou disposait de plusieurs options en Syrie.

http://www.presstv.com/DetailFr/2018/02/01/550916/Qua-demand-Netanyahou–Poutine

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