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7 mois après le Sommet de Paris sur la sécurité au Nigeria et pays voisins, initié par le président français, François Hollande, le Cameroun est davantage seul au front. Au même moment, le principal concerné, le Nigeria, curieusement, capitule.

L’affront du 28 décembre 2014, dans la localité d’Achigachia, fait ressortir l’une des visées des islamistes de Boko Haram: l’expansionnisme sauvage et barbare. Hisser son drapeau sur un territoire étranger n’est ni plus ni moins que le symbole d’une conquête satanique. À partir de cet instant, pensent certains analystes, les Camerounais doivent savoir qu’ils ne sont pas seulement en guerre contre un ennemi invisible, mais que leur pays est agressé par des terroristes d’un genre nouveau. Nul n’est plus besoin de faire un listing exhaustif des forfaits du groupe Boko Haram sur le territoire camerounais : enlèvements des expatriés, touristes et religieux, assassinats des populations, confiscation des biens, etc. Est-il encore besoin de rappeler le lourd tribut que paie aujourd’hui le Cameroun, en termes d’argent et vies humaines ?

Pourtant, le 17 mai dernier, lorsque le président de la République française, François Hollande, invite le chef de l’État nigérian et tous les chefs de l’État dont les pays ont une frontière avec ce géant d’Afrique, dans le cadre du «Sommet de Paris pour la sécurité au Nigeria», le but est d’adopter un plan d’action pour lutter contre la secte nigériane. C’est à la sortie de ce sommet que Paul Biya, sans doute revigoré par ce qu’il pensait être une préoccupation collective au plus haut niveau, déclare à la presse : «Nous sommes ici pour déclarer la guerre au Boko Haram !». Dans le communiqué final dudit sommet, des stratégies pour combattre le groupe terroriste sont clairement arrêtées : «Procéder à des patrouilles coordonnées dans un objectif de lutte contre Boko Haram et de recherche des disparues, mettre en place un système de partage du renseignement afin de soutenir cette action opérationnelle, les participants s’engagent à accélérer la mise en place de sanctions internationales, en priorité dans le cadre des Nations Unies, à l’encontre de Boko Haram, d’Ansaru et de leurs principaux responsables», entre autres. Aujourd’hui, rien n’est à l’observation fait, et le Cameroun se bat seul au front.


L’Afrique centrale en danger.

En tout cas, sept mois après le Sommet de Paris, le Cameroun est toujours seul dans cette guerre, où l’ennemi frappe toujours à l’improviste, étant donné qu’il manque une stratégie collective entre le Cameroun et le Nigeria pour traquer les terroristes jusqu’à leur dernier retranchement. La France et la communauté internationale conservent une attitude à équivoque face aux exactions de Boko Haram, alors qu’en Syrie, Irak et ailleurs, la France et la communauté internationale ne lésinent sur aucun moyen pour mettre les terroristes en déroute. La France, l’ami du Cameroun, qui détient pourtant une base au Tchad, tarde toujours apparemment à manifester son soutien logistique au Cameroun. Cette France qui a promis surveiller toute la sous-région africaine notamment la bande sahélienne, avec ses avions mirages. Ce qui fait dire à certains que le Sommet de Paris n’aura été qu’un pur cinéma et que le phénomène Boko Haram ressemble à un complot contre le pays de Paul Biya. Fort heureusement, le Cameroun n’arrête pas de déployer des unités de combat pour parer aux incursions des hommes d’Aboubakar Shekau, défendre son intégrité nationale et veiller ainsi à la sécurité des populations.

En d’autres mots, le Cameroun doit donc savoir qu’il n’a à compter sur aucune organisation, qu’elle soit internationale, régionale ou sous-régionale, encore moins sur un pays ami fut-il voisin. Pour preuve, alors qu’on s’attend à une collaboration, en termes d’information, plus étroite, le président nigérian semble plus préoccupé à sa réélection qu’à trouver les voies et moyens pour soutenir les initiatives de son homologue camerounais. Autre preuve, pendant que le pays de Paul Biya mène un combat solitaire pour la libération de toute la sous-région du joug des terroristes, en payant par le sang de ses vaillants soldats, son homologue du Tchad, Idriss Deby Itno, est en Algérie pour chercher comment libérer la Libye des djihadistes nés de la folie de la France et de l’Otan, dont l’ultime mission était l’assassinat de Mouammar Kadhafi.

Seulement, pensent certains observateurs, si le Cameroun tombe entre les mains des islamistes, le Gabon, la République centrafricaine, le Congo, le Tchad et la Guinée Équatoriale, le Niger, le Nigeria et le Bénin n’en seront pas épargnés. Une conjugaison des moyens matériels, humains et financiers devra mettre fin à la secte Boko Haram, au moment où le Nigeria a montré son essoufflement.

 La Météo / Nso’o Mot, correspondance particulière

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