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Des musulmans prient dans la Grande Mosquée de Paris, le 26 octobre 2012 - MIGUEL MEDINA AFP

Des musulmans prient dans la Grande Mosquée de Paris, le 26 octobre 2012 – MIGUEL MEDINA AFP

Qui sont les musulmans de France ?

SONDAGE Le « Journal du dimanche » a publié une étude inédite de l’Ifop sur les musulmans de France…

Selon un sondage publié ce dimanche, une majorité de musulmans de France partage les valeurs laïques françaises mais plus d’un quart d’entre eux, surreprésentés chez les jeunes, ont une pratique rigoriste de l’islam.

Réalisée alors que la vague d’attentats djihadistes depuis 2015 et l’approche de la présidentielle enflamment les débats sur la place de l’islam, cette enquête « inédite » de l’Ifop sert de base à une étude de l’Institut Montaigne, « think tank » d’obédience libérale, publiée dimanche par le JDD et transmise à l’AFP.

Trois grands groupes

L’Ifop a distingué trois grands groupes, en fonction des pratiques des personnes sondées, de leur attachement à la laïcité, au port du voile ou à la viande halal.

Le premier groupe, largement majoritaire avec 46 %, compte des musulmans « soit totalement sécularisés, soit en train d’achever leur intégration » sans renier leur religion. Un deuxième groupe, représentant 25 %, est plus pieux et plus identitaire tout en rejetant le voile intégral.

Le dernier groupe, que l’Ifop évalue à 28 %, réunit des croyants qui ont « adopté un système de valeurs clairement opposé aux valeurs de la République », s’affirmant « en marge de la société ». Les jeunes, les moins insérés dans l’emploi et les convertis sont les plus disposés à adhérer à ce modèle, jusqu’à 50 %.

Contre les idées reçues

Ce sondage a été conduit auprès de 1.029 personnes de confession ou de culture musulmane (dont 874 se déclarant musulmanes), extraites d’un échantillon de 15.459 métropolitains âgés de 15 ans et plus.

Le rapport, intitulé « Un islam français est possible », esquisse un portrait inédit des musulmans de France, parfois à rebours de certaines idées reçues, relevant par exemple que 26 % des hommes rejettent le port du voile contre 18 % des femmes.

Il avance aussi qu’en France, pays qui compte la plus importante communauté musulmane d’Europe, les musulmans comptent pour 5,6 % des habitants de métropole (soit entre 3 et 4 millions), soit un pourcentage « moins important que ne l’avancent bon nombre de chiffres fantaisistes », souligne en avant-propos Hakim El Karoui, ancien conseiller de Jean-Pierre Raffarin à Matignon et ex-président de l’Institut des cultures d’islam.

Plus ‘halal’ que ‘mosquée’

Mais ils sont 10 % des moins de 25 ans, « signe de la prégnance croissante de la deuxième religion du pays auprès des jeunes générations ».

Une écrasante majorité des musulmans interrogés – aux trois quarts de nationalité française – ne refusent pas la mixité, acceptant de se faire soigner par un médecin (92,5 %) ou de serrer la main d’une personne (88 %) du sexe opposé.

Côté pratiques, deux traits saillants très largement partagés : 70 % des personnes interrogées déclarent « toujours » acheter de la viande halal et 65 % sont favorables au port du foulard.

La question du voile

La question du voile est toutefois plus clivante : 65 % des femmes musulmanes ne le portent pas. Quelque 37 % des personnes de culture musulmane considèrent que les jeunes filles devraient pouvoir porter le voile au collège et au lycée et 24 % sont favorables au port du niqab.

La fréquentation des 2.500 mosquées est plus faible qu’on ne le pense souvent : 30 % du millier de musulmans interrogés ne s’y rendent jamais, et autant ne le font au mieux que lors des grandes célébrations du ramadan.

En résumé, « la question sociale est la priorité des musulmans interrogés, bien avant les questions religieuses ou identitaires ». Il n’y a pas de « communautarisme musulman unique et organisé ».

Une nouvelle organisation de l’islam, « financée par de l’argent français » et s’appuyant « sur des femmes et des hommes nouveaux », apparaît nécessaire, alors que le Conseil français du culte musulman (CFCM) n’est vu comme représentatif que par… 9 % des interrogés.

Des recommandations

Sur la base du sondage, l’Institut Montaigne formule plusieurs recommandations, comme la nomination d’un « grand imam de France », la création d’un secrétariat d’Etat aux Affaires religieuses et à la Laïcité, ou encore un enseignement renforcé de l’arabe à l’école publique.

Réagissant à cette enquête, l’écologiste Cécile Duflot a souligné dimanche sur BFMTV qu’« une immense majorité des musulmans de ce pays vivent normalement », appelant à ne pas « agiter les peurs » avec ce type d’études statistiques, en l’absence d’un travail sociologique approfondi.

« Il y a une sorte de dynamique en faveur de la radicalisation », a jugé François Fillon, candidat à la primaire de droite, au « Grand rendez-vous » Europe1/iTELE/Les Echos, militant en faveur de « statistiques pour pouvoir avoir les moyens de traiter un sujet qui est celui de l’islam radical ».

20 Minutes avec AFP

 

http://www.20minutes.fr/societe/1926627-20160918-musulmans-france

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