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Le président tchadien Idriss Déby prêtant serment, le 8 août 2016 à N'Djaména. - AFP

Le président tchadien Idriss Déby prêtant serment, le 8 août 2016 à N’Djaména. – AFP

Tchad: Idriss Déby veut quitter le pouvoir mais pose ses conditions

Idriss Déby Itno pose l’équation de son départ du pouvoir. Le président tchadien Idriss Déby Itno a récemment laissé entendre qu’il pourrait quitter le pouvoir.

Mais à une seule condition : que les Tchadiens, après son départ, puissent assurer la stabilité du pays. Réelle volonté ou simple mirage ? Un grand doute plane sur cette annonce. Pour nombre d’observateurs, cette posture du président tchadien n’est rien d’autre qu’un prétexte pour s’éterniser au pouvoir.

A peine rentré du sommet d’Addis-Abeba où il a déposé à Alpha Condé sa couronne de président en exercice de l’Union africaine (Ua), Idriss Déby mobilise la presse locale pour une annonce pour le moins surprenante. En gros, le président tchadien laisse entrevoir un probable départ. Mais il n’en reste pas là. Idriss Déby fixe lui-même les conditions de son départ, dans un appel à la concorde qui sonne comme un jeu de l’autruche.

« J’ai consacré toute ma jeunesse et toute ma vie à ce pays », postule le président tchadien qui estime n’avoir « pas connu une vie de jeunesse ». « Je n’ai vu que du sang et des jeunes Tchadiens mourir », se désole-t-il, avant d’ajouter « J’aurais bien souhaité me retirer et me reposer si vous Tchadiens êtes capables demain de ne pas vous affronter entre vous, de ne pas semer la haine, de ne pas vous entretuer ». Telle est la conclusion du président tchadien pour qui, « la campagne présidentielle de 2016 a démontré la division nette du pays, la haine ».

C’est donc clair désormais qu’Idriss Déby ne partira pas de la tête du Tchad sans un minimum de cohésion et de concorde. Et tout porte à croire qu’il sera le seul à juger suffisant ou non, le niveau de ce climat, avant de se déterminer. Nobles idéaux à priori, quand on sait qu’aucun chef d’Etat responsable ne saurait souhaiter qu’ « après lui, le déluge ».

Pour autant, cette posture du président tchadien ne manque pas de soulever des interrogations. D’abord, n’existe-t-il plus de constitution au Tchad qui régisse l’exercice de la fonction présidentielle? Si oui, pourquoi c’est à lui qu’il revient de déterminer les conditions de son départ ?

Difficile de croire pour l’instant qu’Idriss Déby envisage véritablement de prendre une quelconque retraite. De surcroît, il lui est quasi-impossible de se soustraire à la chaîne de responsabilités quant au climat de division qu’il semble dénoncer dans le pays. Après près d’une trentaine d’années au pouvoir, le président tchadien ne saurait s’absoudre de la situation politique, sociale, sécuritaire, etc, dans le pays. Mieux, le tripatouillage à répétition de  la constitution plaide très peu en sa faveur. En raison du système de répression politique mis en place par ses soins, Le Tchad aujourd’hui est un désert d’opposition qui n’a de démocratie que de nom.

Arrivé au pouvoir en 1990 après avoir déposé l’ex dictateur Hissène Habré, Idriss Déby dirige le Tchad depuis d’une main de fer . Il partage d’ailleurs avec ses pairs d’Afrique  centrale, le titre peu flatteur de doyen des chefs d’Etat du continent.

Pour l’instant, les Tchadiens attendent le passage à l’acte pour juger de la bonne foi de leur président.

Bruno O. OTEGBEYE/ beninmondeinfos

http://africa24monde.com/actualite/view/idriss-deby-veut-quitter-le-pouvoir-mais-pose-ses-conditions.html

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