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Vladimir Poutine, le président russe

Vladimir Poutine, le président russe

Le président russe Vladimir Poutine a participé à la réunion du club de discussion international Valdaï, à Sotchi, le 22 octobre. Le Courrier de Russie a traduit les meilleurs fragments de son discours.

« Les États-Unis essaient d’induire le monde entier en erreur »

Il y a quelques jours, on a lancé en Europe les premiers tests du système de défense antimissile américain. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie que nous avions raison, lorsque nous contestions la position de nos partenaires américains. On a tenté de nous induire en erreur, et tout le reste du monde avec nous.

Et pour parler plus simplement, on nous a trompés. Le problème n’est pas dans une hypothétique menace nucléaire iranienne, qui n’existe pas et n’a jamais existé. Ce que nous voyons, c’est une volonté de détruire l’équilibre stratégique, de modifier le rapport de forces à leur avantage, afin non seulement de dominer, mais encore de pouvoir dicter leur volonté à tous : concurrents géopolitiques mais aussi, je pense, alliés. C’est un scénario de développement des événements extrêmement dangereux pour tous, et également pour les États-Unis eux-mêmes.

« Les sanctions sont un outil de concurrence déloyale »

Malheureusement, la terminologie militaire s’applique aujourd’hui à tous les domaines de la vie. La réalité de l’économie moderne globale, ce sont des guerres commerciales et de sanctions, c’est même devenu un cliché des médias de masse. Les sanctions sont utilisées notamment comme un outil de concurrence déloyale, pour gêner l’adversaire, voire l’« éjecter » des marchés. Je citerai à titre d’exemple l’épidémie d’amendes infligées aussi aux entreprises européennes par les États-Unis.

Tous les prétextes sont bons pour châtier ceux qui ont osé enfreindre les sanctions unilatérales américaines. Pour la seule année en cours, une banque française a été condamnée à verser près de 9 milliards de dollars. Toyota a payé 1,2 milliard de dollars, l’allemande Commerzbank s’est engagée à verser 1,7 milliard de dollars au budget américain, et j’en passe.

Ce n’est peut-être pas le problème des Russes, bien sûr, mais je me permettrai tout de même de vous poser la question : est-ce ainsi que l’on agit avec ses alliés ? Non, on agit de cette façon avec des vassaux, qui ont eu l’audace d’agir à leur guise – on les punit pour s’être mal comportés.

La version complète du discours en russe

« La force militaire sera longtemps encore un instrument de politique internationale »

Chers collègues, soyons réalistes : la force militaire restera évidemment, et pour longtemps encore, un instrument de politique internationale. On peut le déplorer ou s’en réjouir, mais c’est un fait. La question est ailleurs : ne sera-t-elle utilisée que lorsque tous les autres moyens auront été épuisés ? Quand il faut affronter des menaces comme le terrorisme, par exemple, et selon les règles établies du droit international ? Ou bien montrera-t-on le poing en toute occasion, simplement pour rappeler au monde qui est le chef à la maison, sans s’interroger sur la légitimité de l’emploi de la force ni sur ses conséquences, et sans régler les problèmes mais, à l’inverse, en les multipliant ?

« Il ne faut pas séparer les terroristes entre modérés et radicaux »

On voit ce qui se passe aujourd’hui au Proche-Orient. L’organisation terroriste État islamique a pris le contrôle de territoires immenses. Comment ? Réfléchissez seulement : si elles avaient pris Damas ou Bagdad, les bandes terroristes auraient quasiment obtenu le statut de pouvoir officiel et créé une place d’armes pour leur expansion mondiale. Est-ce que quelqu’un pense à cela ? Il est temps que toute la communauté internationale comprenne enfin à quoi nous avons affaire. Nous sommes face à un ennemi de la civilisation, de l’humanité et de la culture mondiale, porteur d’une idéologie de haine et de barbarie, qui foule aux pieds la morale et les valeurs des religions mondiales, y compris de l’islam, en le compromettant.

Et il ne faut pas jouer avec les mots, séparer les terroristes entre modérés et radicaux. On voudrait comprendre où se situe la différence. Peut-être, pour certains spécialistes, les bandits modérés ne décapitent-ils les enfants qu’en nombre modéré ou selon des méthodes tendres ? On ne se débarrassera pas de ces terroristes, et c’est une illusion de croire qu’on pourra en venir à bout par la suite, les éloigner du pouvoir ou s’entendre avec eux d’une quelconque façon. […]

https://www.lecourrierderussie.com/politique/2015/10/vladimir-poutine-valdai-bagar-frapper-premier/

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