Les efforts agressifs de l’État israélien, agissant comme un instrument de l’impérialisme américain, se poursuivent dans le but de déstabiliser l’ensemble du Moyen-Orient. Et ce, de manière croissante. Israël est également un partenaire important des États-Unis dans les efforts visant à fragmenter et à déstabiliser les pays africains. La reconnaissance officielle, le 26 décembre, de la région séparatiste somalienne du Somaliland par Israël en est une illustration.
Cette reconnaissance officielle est intervenue deux jours seulement avant le départ du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour des réunions approfondies avec le président Donald Trump à Mar-a-Lago, en Floride. Ce calendrier précis indiquait clairement que cette reconnaissance n’était pas une décision unilatérale de Netanyahu.
L’existence même d’Israël dépend entièrement du flux incessant d’aide militaire américaine, de matériel et de reconnaissance satellitaire, se chiffrant en milliards de dollars, ainsi que des subventions et investissements impérialistes américains et occidentaux.
Un article du Wall Street Journal du 4 janvier expliquait l’enjeu plus large de la reconnaissance par Israël : « En accordant une reconnaissance diplomatique au Somaliland, État sécessionniste, Israël a conclu un accord visant à partager des renseignements et à sécuriser les voies maritimes stratégiques de la mer Rouge, faisant ainsi du Somaliland un acteur dans la Corne de l’Afrique, où les pays arabes rivalisent d’influence.»
Un article de la BBC du 31 décembre indiquait que le Somaliland, en retour, devrait reconnaître l’État d’Israël. Un groupe de réflexion israélien s’attend à ce que le Somaliland fournisse à Israël une base militaire et pourrait s’inscrire dans un plan plus vaste visant à déplacer de force les Palestiniens de Gaza.
La reconnaissance du Somaliland est perçue par les pays africains et asiatiques comme une provocation manifeste et une nouvelle tentative de déstabilisation de toute la région.
Un carrefour stratégique entre l’Afrique et l’Asie
Le Somaliland se situe sur le détroit crucial de Bab-el-Mandeb, voie maritime vitale du golfe d’Aden, à l’entrée de la mer Rouge et face au Yémen. D’importantes quantités de commerce mondial, notamment de pétrole, transitent par ce passage maritime stratégique et étroit. En solidarité avec la résistance palestinienne, le gouvernement yéménite d’Ansarullah a fermé cette zone à tous les navires transportant des approvisionnements vers Israël.
Le Somaliland est une région sécessionniste de la Somalie qui a fonctionné de manière autonome pendant des décennies sans reconnaissance internationale, jusqu’à l’annonce d’Israël le vendredi 26 décembre. Aucun pays africain n’a reconnu le Somaliland en raison de l’impact déstabilisateur que cela pourrait avoir sur d’autres pays où les puissances impérialistes cherchent depuis longtemps à démembrer les fragiles États postcoloniaux.
La lutte de l’Afrique pour préserver son unité
De nombreuses nations et cultures africaines ont été divisées par les puissances impérialistes européennes rivales lors de la Conférence de Berlin de 1884-1885, uniquement à leur avantage. Après avoir accédé à l’indépendance et rompu leurs liens officiels avec les puissances coloniales, les pays africains ont collectivement décidé, dans la Charte de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1964, de ne pas redessiner les frontières imposées par la Conférence de Berlin. Cette décision visait à éviter de nouveaux conflits entre les nations africaines.
Les dirigeants de ces pays savaient que, lors de tels conflits, les puissances impérialistes tenteraient une fois de plus d’opposer les nations les unes aux autres afin d’affaiblir davantage les États nouvellement indépendants. Cette conception de « l’intégrité territoriale » a perduré pendant des décennies, jusqu’à la partition du Soudan en 2011, une partition imposée par les puissances impérialistes actuelles.
L’intervention flagrante d’Israël dans cette région vitale et la reconnaissance du Somaliland ont suscité une vague de condamnations internationales, les pays africains et ouest-asiatiques ainsi que les organisations internationales dénonçant cette initiative comme une violation flagrante de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Somalie.
Une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité des Nations Unies a été convoquée le 29 décembre en réponse à la reconnaissance du Somaliland par Israël. S’adressant au Conseil, l’ambassadeur de Somalie auprès des Nations Unies, Abou Bakr Dahir Osman, a exhorté les membres à rejeter fermement cette reconnaissance, la qualifiant d’acte d’agression. Selon lui, elle menaçait non seulement de fragmenter la Somalie, mais aussi de déstabiliser la Corne de l’Afrique et la région de la mer Rouge.
Lors de cette réunion, la Somalie et la Ligue arabe ont accusé Israël de chercher à déplacer les Palestiniens de Gaza vers le Somaliland.
Les États-Unis ont été le seul membre du Conseil de sécurité, composé de 15 personnes, à refuser de condamner la reconnaissance par Israël de cette région séparatiste. Au contraire, Tammy Bruce, représentante des États-Unis auprès des Nations Unies, a défendu la reconnaissance israélienne du Somaliland. Cette prise de position a confirmé le rôle des États-Unis, qui considèrent Israël comme leur instrument, servant ainsi leurs intérêts géopolitiques.
Des pays africains et asiatiques dénoncent la reconnaissance
Dans une déclaration relayée par trtafrika.com, l’Union africaine a dénoncé cette reconnaissance, la qualifiant de provocatrice et de grave menace pour la sécurité régionale. Elle a affirmé qu’elle « risque de créer un dangereux précédent aux conséquences considérables pour la paix et la stabilité sur le continent ». L’UA a réaffirmé son ferme attachement à l’unité, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Somalie, ainsi que sa position en faveur du « respect du caractère intangible des frontières héritées de l’indépendance ».
La Ligue arabe a rejeté cette initiative, la considérant comme une violation flagrante du droit international. Son secrétaire général, Ahmed Aboul Gheit, l’a qualifiée de « provocatrice et de grave menace pour la sécurité régionale ».
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a averti que cette reconnaissance s’inscrit dans la politique plus large d’Israël visant à déstabiliser la région et à alimenter l’insécurité en mer Rouge et dans la Corne de l’Afrique.
L’Organisation de la coopération islamique, ainsi que 21 pays arabes et islamiques, ont condamné la mesure israélienne, la qualifiant de grave menace pour la paix et la sécurité internationales. L’Égypte a également exprimé ses inquiétudes quant à la sécurité en mer Rouge, cette voie maritime entre l’Afrique et l’Asie, l’Égypte se trouvant du côté africain et le Yémen du côté asiatique.
Le Hamas, organisation de résistance palestinienne, a déclaré que cette initiative témoigne de l’isolement international profond d’Israël, conséquence de ses crimes génocidaires à Gaza.
Le chef du mouvement yéménite Ansarullah, Abdul-Malik al-Houthi, a souligné qu’Israël cherche à instrumentaliser le Somaliland pour mener des actions hostiles contre la Somalie, d’autres pays africains et le Yémen, et pour menacer la sécurité de la mer Rouge et du golfe d’Aden.
Le lendemain, 27 décembre, les États-Unis ont illustré leurs efforts agressifs pour déstabiliser l’Afrique par des bombardements au Nigeria, en Afrique de l’Ouest, à la frontière de la toute nouvelle Alliance des États du Sahel (AES). L’AES venait d’annoncer ses prochaines étapes pour forger une unité anti-impérialiste.
Par Regard Sur l’Afrique et (International Action Center)























































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