Le président de la Refondation de la République de Madagascar a annoncé, le 9 mars, la dissolution du gouvernement du Premier ministre Herintsalama nommé il y a près de cinq mois. Cette rupture intervient alors que les critiques de la Gen Z se font plus fortes contre les institutions en place.
L’annonce de la dissolution du gouvernement malgache a été accueilli avec surprise dans la presse malgache. Elle a été rendue publique dans un communiqué de la présidence de la Refondation de la République de Madagascar lundi 9 mars 2026. Nommé par le colonel Randrianirina quelques jours seulement après son accession au pouvoir, Herintsalama Rajaonarivelo n’a pas fait ses preuves pour le chef de l’État.
« Le Président de la refondation de la République annonce que, conformément aux dispositions de la Constitution, le gouvernement est suspendu de ses fonctions. Il procédera prochainement à la nomination d’un nouveau Premier ministre, selon la procédure prévue par la Constitution », indique le bref communiqué de la présidence malgache. « Il n’aurait jamais dû être nommé, ça partait mal dès le départ” ont confié à TV5MONDE plusieurs sources du secteur privé dont il est issu.
La présidence n’a fourni aucune explication concernant cette décision de démettre le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo. « J’accepte sereinement et sans réserve la décision du président de la Refondation de mettre fin à mes fonctions de Premier ministre », écrit l’ex-chef du gouvernement ce mardi 10 mars dans un communiqué.
Cette dissolution intervient dans un contexte de sinistre national après le passage de cyclones dévastateurs Fytia puis Gezani. En attendant la formation d’un nouveau gouvernement, la gestion des affaires courantes sera assurée par les secrétaires généraux de chaque ministère.
Le profil peu convaincant du Premier ministre
Dès sa nomination sans concertation par le colonel Randrianirina, le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo faisait l’objet de critiques de la Gen Z. On lui reproche notamment des « casseroles » et la réputation controversée qui le précédaient dans le milieux des affaires mais qui n’ont été révélées qu’après sa nomination… Un exemple: son rôle passé d’administrateur dans des sociétés accusées de pratiques opaques comme la Cnaps ou Madarail, une société qui appartient au sulfureux homme d’affaires Mamy Ravatomanga. Il était très proche de certains caciques de l’ancien régime corrompu de Rajoelina, dont il n’a jamais pris ses distances publiquement.
Quant à son gouvernement nommé fin octobre, il n’avait pas plus convaincu avec la participation de nombreuses figures politiques controversées, aux antipodes des aspirations à un changement radical de politique portées par la jeunesse lors des manifestations. Le 3 mars, des représentants du mouvement ont dénoncé lors d’une conférence de presse dans la capitale Antananarivo une confiscation de leur révolution par les élites au pouvoir et ont demandé la dissolution de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC), la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et l’Assemblée nationale.
À quand une réelle refondation?
En attendant la nomination du nouveau gouvernement, la Gen Z s’interroge : « le colonel Mickaël aura-t-il maintenant la volonté de nettoyer en profondeur, d’éliminer les minorités corrompues qui bloquent une réelle Refondation »? se demandent les jeunes dans un communiqué du mouvement Gen Z Madagascar.
Le nouveau chef de l’Etat table sur une période de transition de deux ans, selon un programme rendu public fin février.
Une première phase de consultations tous azimuts est censée se dérouler jusqu’à la fin 2026. Ces consultations doivent déboucher sur une refonte du système électoral et sur un projet de nouvelle Constitution qui sera soumis à référendum entre mai et juillet 2027.
Une élection présidentielle est ensuite prévue au dernier trimestre 2027.
Vers une nouvelle élection dans la capitale Antananarivo
Une autre élection, également chargée d’enjeux, doit se tenir d’ici là, après l’annulation ordonnée lundi 9 mars par le Conseil d’Etat des résultats des élections municipales à Antananarivo fin 2024.
C’est une alliée du président déchu Rajoelina, Harilala Ramanantsoa, qui avait remporté le scrutin mais sa victoire était contestée par son adversaire, le fils de l’ancien président Marc Ravalomanana, Tojo Ravalomanana, qui dénonçait des fraudes électorales.
Dans son arrêt, le Conseil d’Etat ordonne la tenue d’une nouvelle élection à une date non communiquée pour choisir le futur maire de la capitale, un poste clé dans la politique malgache.
Par RSAavec Tv5monde
























































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