Le président sortant Yoweri Museveni a été déclaré, le 17 janvier, vainqueur de l’élection présidentielle en Ouganda avec près de 72% des suffrages. Un scrutin marqué par des violences, des accusations de fraude et une coupure d’internet. Le principal opposant, Bobi Wine, affirme avoir échappé à une opération militaire.
La commission électorale ougandaise a annoncé, le 17 janvier à Kampala, la victoire de Yoweri Museveni, 81 ans, qui prolonge ainsi son règne entamé en 1986. Son principal rival, le chanteur et homme politique Bobi Wine, a obtenu 24 % des voix. Cette réélection permet au chef de l’État de consolider sa position politique, alors que les spéculations sur sa succession se multiplient.
Le scrutin s’est déroulé sous un blackout d’internet imposé par les autorités. Bobi Wine a dénoncé des fraudes massives et appelé ses partisans à manifester. Il a également déclaré avoir échappé à une opération menée par les forces de sécurité contre son domicile, affirmant que plusieurs membres de sa famille étaient placés en résidence surveillée, une information non confirmée officiellement.
Violences après le vote
Des affrontements ont été signalés après la fermeture des bureaux de vote. La police fait état de sept morts dans le centre du pays, tandis que l’opposition évoque un bilan plus lourd et accuse les forces de sécurité.
Au pouvoir depuis près de quatre décennies, Yoweri Museveni a supprimé les limites constitutionnelles de mandats et d’âge. Malgré les critiques internationales sur les droits humains, il conserve le soutien de partenaires occidentaux pour son rôle régional et sécuritaire.
Le fils de Yoweri Museveni menace l’opposant de mort Bobi Wine, qui renonce à contester sa défaite
Alors que le président ougandais Yoweri Museveni a été depuis peu proclamé vainqueur d’un septième mandat consécutif à la tête de l’Ouganda, son fils Muhoozi Kainerugaba est sorti de sa réserve pour menacer de mort l’opposant Bobi Wine. Connu pour ses sorties outrancières virulentes et imprévisibles sur les réseaux sociaux, le fils du président était resté discret pendant toute la campagne électorale. De son côté, l’opposant a annoncé qu’il ne saisirait pas la justice pour contester sa défaite à l’issue du scrutin du 15 janvier.
Muhoozi Kainerugaba aura patienté quelques heures seulement après l’annonce de la victoire de son père Yoweri Museveni pour réapparaître sur les réseaux sociaux. Le général Muhoozi, après des mois d’un étonnant silence, s’en prenait dès samedi soir à Bobi Wine, tout juste déclaré perdant de la présidentielle par la Commission électorale avec 24,72 % des voix contre 71,65 % pour Museveni.
Mais c’est surtout la série de tweets publiée lundi 19 janvier par le chef d’état-major qui est particulièrement virulente. Le général qualifie les membres de la National Unity Platform (NUP), le parti de l’opposant, de « terroristes ». Il se « félicite d’en avoir tué 22 », ajoutant : « Je prie pour que Kabobi (surnom qu’il donne à Bobi Wine – NDLR) soit le 23e cas ».
Dans sa série de messages, le général prend également des allures mystiques en se présentant comme un prophète de « Dieu tout-puissant » et promettant de « débarrasser son pays de la NUP comme dans un mauvais rêve ». Des propos d’autant plus embarrassants à Kampala que beaucoup voient en lui un possible dauphin de l’actuel chef de l’État.
Bobi Wine affirme par ailleurs être toujours caché, après avoir quitté son domicile vendredi 16 janvier pour échapper, selon lui, à une opération des forces de l’ordre. La police assure ne pas avoir envisagé de l’attaquer, mais l’accès à sa résidence reste bloqué, officiellement pour des « raisons de sécurité ».
Par Regard Sur l’Afrique avec Source























































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