Donald Trump était attendu à Davos, en Suisse, mercredi 21 janvier. Plus offensif que jamais, le président américain a fait un long discours, où il s’en est pris à l’Europe, à l’Otan et à Emmanuel Macron.
C’est en hélicoptère que Donald Trump a débarqué dans les montagnes suisses de Davos, mercredi 21 janvier. Dans le froid mordant, le président américain s’est montré tout aussi cinglant. Il est venu en Europe pour en découdre. Quand il monte sur scène, c’est pour faire la leçon au Vieux Continent.
« Peut-être que vous et les pays d’où vous venez ferez beaucoup mieux en imitant ce que nous faisons aux États-Unis, parce que certains endroits en Europe ne sont même plus reconnaissables. Franchement, j’aime l’Europe. Je veux que l’Europe aille bien, mais elle ne va pas dans la bonne direction », a lancé Donald Trump. À Davos, la prise de parole du président américain était l’événement le plus attendu de la semaine. Politiques, patrons et économistes du monde entier se sont pressés pour assister à ce discours.
C’est devant ce parterre de renom que Donald Trump a humilié Emmanuel Macron et ses lunettes portées pour un léger problème de santé. « Emmanuel Macron, je l’ai regardé hier avec ses belles lunettes de soleil. Mais qu’est-ce qu’il s’est vraiment passé ? Je l’ai regardé, il a essayé de jouer au gros dur », a-t-il raillé.
L’Élysée accuse Donald Trump de fake news
À écouter Donald Trump pendant plus d’une heure, les États-Unis sont en pleine forme économique, l’Europe dépend d’eux. Et dans la guerre commerciale, le président américain affirme que les dirigeants cèdent systématiquement à ses pressions en trois minutes, à commencer par la France. « J’ai dit : ‘Emmanuel, augmente le prix des médicaments.’ Il m’a dit : ‘non, non, non’, je lui ai dit, ‘la réponse est oui, et tu vas le faire vite, bien, sinon je mets 25 % de droits de douane sur tous les produits français exportés aux États-Unis.’ Il a dit : ‘Ok Donald, je vais le faire.’«
Faux, Emmanuel Macron n’a pas cédé, affirme l’Élysée, qui va jusqu’à accuser Donald Trump de fake news sur les réseaux sociaux. « Il ne fixe pas leurs prix. Ceux-ci sont encadrés par la Sécurité sociale. Ils sont d’ailleurs restés stables. Tous ceux qui sont entrés dans une pharmacie française le savent », a démenti le compte du Palais sur X.
Donald Trump va désormais rencontrer en tête à tête plusieurs dirigeants, avant d’inaugurer jeudi son fameux Conseil de la paix, qui veut en quelque sorte concurrencer les Nations unies.
Le président américain exige des « négociations immédiates » pour l’« acquisition » du Groenland
Donald Trump a semblé exclure pour la première fois d’utiliser la force pour mettre la main sur le Groenland, mais a exigé des « négociations immédiates » sur son acquisition par les Etats-Unis.
« Les gens pensaient que j’utiliserais la force. Je n’ai pas besoin d’utiliser la force. Je ne veux pas utiliser la force. Je n’utiliserai pas la force », a-t-il déclaré au sujet du territoire autonome appartenant au Danemark, qu’il a plusieurs fois confondu avec l’Islande dans son discours. « Je demande l’ouverture de négociations immédiates afin de discuter à nouveau de l’acquisition du Groenland par les Etats-Unis », a cependant ajouté le président américain, réaffirmant « qu’aucune nation ni groupe de nations n’est en position de pouvoir assurer la sécurité du Groenland en dehors des Etats-Unis ».
« Nous sommes une grande puissance, beaucoup plus grande que ce que les gens comprennent. Je pense qu’ils l’ont découvert il y a deux semaines au Venezuela », a-t-il relevé, en faisant allusion à l’enlèvement de l’autocrate Nicolas Maduro par les Etats-Unis.
« Nous voulons un morceau de glace pour protéger le monde, et ils refusent de nous le donner », a encore commenté Donald Trump. « Ils ont donc le choix », a-t-il poursuivi. « Ils peuvent dire oui, et nous leur en serons très reconnaissants. Ou ils peuvent dire non, et nous nous en souviendrons », a-t-il poursuivi sur un ton peu amène.
« On ne peut pas défendre le Groenland avec un bail, nous voulons un titre de propriété », a martelé l’ancien magnat de l’immobilier, qui a menacé de déclencher une guerre commerciale contre les Européens qui s’opposeraient à son projet.
Trump a aussi reproché au Danemark, qui refuse de lui céder ce territoire, de faire preuve d’« ingratitude », oubliant, entre autres, les 50 soldats danois tués en opérations dans des missions conduites par les Etats-Unis, en Afghanistan et en Irak.
Il a dénoncé le retour « stupide » du Groenland entre les mains du Danemark après la seconde guerre mondiale. Pourtant, le Danemark contrôle le Groenland depuis 1721, soit avant l’indépendance des Etats-Unis. Pendant la guerre, le Groenland a été de facto placé sous la protection de Washington, alors que le Danemark était envahi par l’Allemagne nazie. Mais il n’y a jamais eu de transfert de souveraineté.
Donald Trump a affirmé que l’annexion du Groenland par les Etats-Unis ne serait pas « une menace à l’encontre de l’OTAN », mais, qu’au contraire « cela renforcerait la sécurité de l’Alliance », avant d’assurer que les Américains sont « traités de manière injuste par l’OTAN ». « On donne tellement et on obtient si peu en retour », poursuit-il. « Je suis critique de l’OTAN depuis des années et pourtant aucun autre président américain n’a fait autant pour l’OTAN que moi », a continué Donald Trump.
Par RSA






















































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