À l’occasion des 70 ans des relations entre la Chine et l’Afrique, Pékin met en avant un partenaire clé en Afrique de l’Ouest : le Ghana. L’objectif affiché est de tourner la page des grands projets indistincts et promouvoir une coopération plus ciblée, plus verte et plus stratégique.
Ce qu’il faut retenir sur le « modèle Ghana » vu de Pékin
À Pékin, le Ghana est mis en avant comme un exemple de la nouvelle séquence de la relation Chine‑Afrique : plus ciblée, plus structurée et davantage arrimée à la transformation économique sur place. Accra, selon ce récit, incarne un partenariat recherché, fondé sur une capacité à accueillir investissements, technologies et savoir‑faire dans un environnement international plus incertain.
Le Ghana n’est pas choisi par hasard. Pour Pékin, ce pays d’Afrique de l’Ouest incarne une nouvelle étape de la relation Chine-Afrique, plus sélective, plus structurée et davantage tournée vers la transformation économique locale.
Le programme ghanéen d’« économie 24 heures » illustre cette convergence. Il vise à industrialiser le pays, moderniser l’agriculture et fluidifier les échanges, notamment le long du corridor du lac Volta, présenté comme un axe de croissance verte. Les entreprises chinoises y voient un terrain d’expérimentation à taille humaine, loin des mégaprojets parfois critiqués ailleurs sur le continent.
Pour Pékin, mettre le Ghana en vitrine, c’est envoyer un signal : la coopération sino-africaine se veut désormais plus durable, plus rentable et plus équilibrée. Une manière aussi de défendre son modèle face aux rivalités géopolitiques croissantes et aux critiques occidentales.
Un choix ghanéen présenté comme stratégique
Le Ghana n’est pas placé au centre du discours chinois par hasard. Dans la lecture de Pékin, le pays d’Afrique de l’Ouest symbolise une étape plus exigeante de la coopération : moins orientée vers l’accumulation de projets, davantage vers un parcours de développement lisible et des priorités économiques explicites.
Cette mise en vitrine sert aussi à illustrer une relation jugée plus « ordonnée », où les attentes des deux parties sont présentées comme convergentes. Le Ghana est décrit comme un partenaire stable, en mesure d’absorber des investissements et d’en maximiser les effets sur la production locale, plutôt que de se limiter à l’exécution de chantiers.
De l’infrastructure au modèle de développement
Le message que Pékin laisse entendre est celui d’un déplacement du centre de gravité : financer des infrastructures ne suffit plus, il s’agit d’accompagner une trajectoire économique. Accra est ainsi associée à une volonté de produire davantage, de transformer sur place et de connecter plus efficacement ses marchés.
Du côté chinois, cette orientation répond à une recherche de partenariats jugés robustes, capables de valoriser l’apport technologique et industriel. Dans un contexte mondial présenté comme plus instable, Pékin valorise des collaborations où le rendement économique et l’ancrage local sont explicitement mis en avant.
L’« économie 24 heures », une convergence mise en scène
Le programme ghanéen d’« économie 24 heures » est mobilisé comme illustration de cette convergence. Il est présenté comme visant l’industrialisation du pays, la modernisation de l’agriculture et une meilleure fluidité des échanges, avec l’idée d’un fonctionnement économique étendu et plus continu.
Dans cette architecture, le corridor du lac Volta est décrit comme un axe de croissance verte. Cette référence permet d’inscrire la coopération dans un registre plus actuel, où l’organisation des flux, l’agriculture modernisée et l’industrialisation sont associées à une narration de durabilité.
Corridor du lac Volta : un terrain d’essai recherché
Pour des entreprises chinoises, l’intérêt mis en avant tient aussi à l’échelle : le Ghana apparaît comme un terrain d’expérimentation « à taille humaine ». Ce cadrage oppose implicitement des projets plus calibrés à des mégaprojets parfois contestés ailleurs, sans les nommer, et suggère une préférence pour des formats perçus comme mieux maîtrisés.
Cette approche alimente l’idée d’une coopération qui se veut plus pragmatique, attentive aux chaînes de valeur et à l’absorption locale. Le Ghana devient alors un démonstrateur : un pays où l’investissement est censé se traduire en capacité productive, en logistique améliorée et en transformation plus visible.
Soft power économique : une vitrine face aux rivalités géopolitiques
Mettre le Ghana en exergue relève enfin d’un signal politique. Pékin entend présenter la coopération sino‑africaine comme plus durable, plus rentable et plus équilibrée. En filigrane, il s’agit de défendre un modèle de partenariat, au moment où les rivalités géopolitiques s’intensifient et où les critiques occidentales sont plus audibles.
Dans ce récit, Accra sert de preuve par l’exemple. La Chine met en scène un partenaire africain engagé dans une stratégie de transformation, et suggère que la relation bilatérale peut dépasser la logique du chantier pour s’inscrire dans une dynamique économique plus structurée.
Contexte : une coopération Chine‑Afrique en recomposition
Le cas ghanéen, tel qu’il est raconté depuis Pékin, s’inscrit dans une recomposition assumée : la coopération ne se résume plus à l’infrastructure comme horizon unique. Le discours insiste sur la production, la transformation locale et l’intégration des marchés, autant de thèmes qui permettent de justifier une sélection plus nette des priorités et des partenaires.
Calendrier : les jalons mis en avant dans le récit chinois
Le texte met en avant une séquence structurée autour d’orientations programmatiques au Ghana, notamment l’« économie 24 heures », et d’un axe logistique et productif associé au lac Volta. Sans détailler d’échéances, l’ensemble est présenté comme un cap politique et économique, destiné à guider les coopérations à venir.
Acteurs : Accra, Pékin et les entreprises en première ligne
Trois ensembles d’acteurs ressortent : les autorités ghanéennes, qui portent une ambition de production et de transformation sur place ; les autorités chinoises, qui recherchent des partenaires stables et valorisent une coopération plus ciblée ; les entreprises chinoises, qui identifient des terrains d’implémentation et d’expérimentation.
Scénarios : ce que la « vitrine Ghana » peut signifier
Si l’exemple ghanéen continue d’être promu, il peut servir de matrice à une coopération davantage centrée sur les chaînes de valeur, l’industrialisation et les corridors économiques. À l’inverse, si les attentes de rentabilité et d’impact local ne se matérialisent pas, la logique de sélection mise en avant pourrait se renforcer encore, en privilégiant des projets plus circonscrits.
RSA avec source























































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