Dans le sud-est de la Turquie, épicentre des deux tremblements de terre survenus lundi matin, le bilan s’élève à au moins 5 434 morts et près de 16 000 blessés. La Syrie voisine compte, elle, au moins 1 712 morts et plus de 3 500 blessés.
Plus de vingt-quatre heures après les premières secousses d’un séisme dévastateur qui a frappé le sud-est de la Turquie et la Syrie voisine, suivies quelques heures plus tard d’un second tremblement de terre de grande ampleur, c’est dans un froid glacial que les sauveteurs mènent, mardi 7 février, une course contre la montre pour tenter de porter secours aux rescapés. Le bilan, en constante aggravation, dépasse désormais les 7 000 morts en Turquie et en Syrie.
L’aide internationale commence à arriver mardi en Turquie où un deuil national a été décrété pour sept jours. Le décompte des morts s’y établit pour le moment à 5 434. En Syrie, 1 712 morts ont pour l’instant été recensés. Au total, cela porte le nombre de morts en Turquie et en Syrie à plus de 7 000, dans une série de tremblements de terre parmi les plus violents à avoir frappé la région depuis près d’un siècle.
Le premier séisme, d’une magnitude de 7,8, est survenu lundi à 4 h 17, heure locale (2 h 17, heure française) dans le sud-est de la Turquie, et dont l’épicentre a été localisé près de Gaziantep, a été ressenti jusqu’au Liban, à Chypre et dans le Nord de l’Irak. Il a été suivi de pas moins de 185 répliques dont l’une de 7,5 lundi à la mi-journée et une autre de 5,5 mardi avant l’aube. C’est le pire séisme en Turquie depuis celui du 17 août 1999 qui avait tué 17 000 personnes dont un millier à Istanbul.
Le déploiement des secours a permis d’extraire 7 840 personnes des décombres en Turquie, où près de cinq mille bâtiments sont complètement effondrés, et où un grand nombre de personnes restent piégées sous les débris.
La course contre la montre et le froid s’est poursuivie toute la nuit dans les deux pays pour extirper des survivants. La pluie et la neige, tombée par endroits en abondance, et la baisse des températures rendent la situation encore plus précaire, et accablent les rescapés grelottant sous des tentes ou autour de braseros improvisés.
La crainte d’un bilan beaucoup plus élevé
Dans ces conditions, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a dit s’attendre à un bilan final beaucoup plus élevé. « Nous voyons souvent des nombres huit fois plus élevés que les nombres initiaux », a dit à l’Agence France-Presse (AFP), une responsable des situations d’urgence du bureau européen de l’OMS, Catherine Smallwood.
Partout, les secouristes et les habitants se mobilisent et tentent de dégager les ruines parfois à mains nues, en utilisant pour certains des seaux pour évacuer les débris. Mais le froid et la nuit compliquent les opérations de secours. Dans certaines zones, comme à Iskenderun et Adiyaman, en Turquie, les hôpitaux publics ont cédé sous l’effet des secousses.
Les intempéries qui frappent cette région montagneuse paralysent les principaux aéroports autour de Diyarbakir et Malatya, où il continue de neiger très fortement, laissant les rescapés hagards dans le froid.
L’aide internationale à la Turquie doit cependant commencer à arriver mardi avec les premières équipes de secouristes, de France et du Qatar notamment. Le président américain, Joe Biden, a promis à son homologue, Recep Tayyip Erdogan, « toute l’aide nécessaire, quelle qu’elle soit ». Deux détachements américains de 79 secouristes chacun se préparaient lundi à se rendre sur place, selon la Maison Blanche.
Le gouvernement ukrainien, lui, a fait savoir qu’il envoyait un groupe de 87 secouristes en Turquie, dont 10 pilotes d’avions et de véhicules.
La France va déployer un hôpital de campagne en Turquie
La France va déployer un hôpital de campagne et plusieurs dizaines de sauveteurs supplémentaires en Turquie, ont fait savoir mardi les pompiers du Gard, à la tête de cette mission. Cet hôpital mobile « sera autonome pour 15 jours minimum et pourra assurer, en plus d’autres soins plus légers, de 10 à 15 interventions chirurgicales par jour », ont-ils précisé.
La structure de près de 2 000 m2 dispose d’un bloc d’accouchement, de deux blocs opératoires, d’un laboratoire, d’une pharmacie, d’un local de stérilisation et d’une unité de réanimation, ainsi que de salles d’accueil et de suivi des blessés, selon la même source, qui précise que son déploiement pourra être prolongé si nécessaire.
Une mission de reconnaissance partira de Marseille mercredi matin, avec pour tâche notamment de déterminer le lieu d’implantation de l’hôpital, connu sous le nom d’« Elément de sécurité civile rapide d’intervention médicale », ou « Escrim » en abrégé. Une équipe de 83 sauveteurs suivra « jeudi ou vendredi », en emportant avec elle environ 60 tonnes de matériel.
Un deuil national de sept jours
Selon le président turc, 45 pays ont proposé leur aide. En revanche, en Syrie, l’appel lancé par les autorités de Damas a été surtout entendu par son allié russe, promettant des équipes de secours « dans les prochaines heures », alors que selon l’armée, plus de 300 militaires russes sont déjà sur les lieux pour aider aux secours.
Les Nations unies ont également réagi, mais en insistant que l’aide fournie irait « à tous les Syriens sur tout le territoire », dont une partie n’est pas sous le contrôle du gouvernement. Dans ces zones tenues par les rebelles, frontalières de la Turquie au nord-ouest de la Syrie, au moins 700 morts ont été dénombrés. Profitant du chaos créé par le tremblement de terre, une vingtaine de combattants présumés du groupe Etat islamique (EI) se sont évadés d’une prison militaire à Rajo, contrôlée par des rebelles pro-turcs.
Ce séisme est le plus important en Turquie depuis le tremblement de terre du 17 août 1999, qui avait causé la mort de 17 000 personnes, dont un millier à Istanbul. Dans la journée de lundi, pas moins de 185 répliques ont été enregistrées, consécutives aux deux premières secousses : l’une de 7,8 survenue en pleine nuit, l’autre, de magnitude 7,5, à la mi-journée, les deux dans le sud-est de la Turquie.
Plusieurs répliques ont été enregistrées dans la nuit, mardi avant l’aube. La plus forte, de magnitude 5,5, a été enregistrée à 6 h 13 locales (4 h 13 à Paris) à 9 km au sud-est de Gölbasi, dans le Sud. Des dortoirs ont été ouverts par les autorités locales dans les gymnases, les collèges ou les mosquées afin d’héberger les rescapés. Mais par crainte de nouveaux séismes, nombre d’habitants ont préféré passer la nuit dehors. Le chef de l’Etat turc a décrété un deuil national de sept jours et la fermeture des écoles pour la semaine.
RSA et Le Monde avec AFP





















































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