À Munich les experts et des responsables politiques vont discuter du désordre de l’après-guerre. Avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, le monde est entré dans une ère de politique étrangère «destructrice», selon le rapport annuel de la Conférence de Munich sur la sécurité.
L’édition de la Conférence de Munich sur la sécurité de cette année, se déroulant du 13 au 15 février, établit «le Rapport de Munich sur la sécurité 2026 et analyse les conséquences profondes de la montée en puissance des forces politiques qui privilégient la destruction à la réforme». «Il en résulte un climat dans lequel ceux qui utilisent des bulldozers, des boulets de démolition et des tronçonneuses sont admirés avec prudence, voire ouvertement célébrés», est-il annoncé pour introduire l’angle analysé.
«Dans tous les pays du G7 interrogés dans le cadre de l’Indice de sécurité de Munich 2026, seule une infime proportion des répondants estime que les politiques de leur gouvernement actuel amélioreront le sort des générations futures. Tant au niveau national qu’international, les structures politiques sont désormais perçues comme excessivement bureaucratisées et judiciaires, impossibles à réformer et à adapter pour mieux répondre aux besoins de la population», avertissent les experts.
«Le monde est entré dans une ère de destruction politique. La destruction massive, plutôt que des réformes réfléchies et des ajustements politiques, est devenue la norme. Le plus en vue de ceux qui promettent de libérer leur pays des contraintes de l’ordre établi et de reconstruire une nation plus forte et plus prospère est l’administration américaine actuelle. Résultat: plus de 80 ans après ses débuts, l’ordre international d’après-guerre, initié par les États-Unis après 1945, est aujourd’hui en train de s’effondrer», constatent-ils en accusant Trump qui «s’est attaqué aux structures et aux règles existantes» et, ainsi, provoqué ce changement dans l’ordre mondial.
Ainsi, Trump représente l’exemple le plus frappant d’un nouveau type de dirigeant mondial. Les personnalités politiques dites «disruptives» gagnent actuellement en popularité. La campagne électorale du dirigeant argentin, Javier Milei, qui avait utilisé une tronçonneuse comme symbole de ses réformes, en a été une illustration.
La demande publique pour de telles politiques découle de la désillusion envers les gouvernements en place, tant nationaux qu’internationaux, et d’une perte de confiance dans l’amélioration de la qualité de vie par le biais de réformes.
Selon l’étude présentée par la Conférence de Munich sur la sécurité, dans la quasi-totalité des pays du G7, le public tend à croire que les politiques de son gouvernement actuel n’amélioreront pas la situation des générations futures. Plus précisément, près de 60% des personnes interrogées en France, 51% en Allemagne et 53% au Royaume-Uni pensent que la situation ne fera qu’empirer.
Un nombre croissant de personnes interrogées estiment que non seulement leurs gouvernements, mais aussi les institutions internationales telles que le Conseil de sécurité des Nations Unies (ONU) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sont incapables de relever les défis actuels, principalement en raison de leur refus de se réformer.
L’attaque de Trump contre l’ONU est un exemple de cette situation. En janvier dernier, Observateur Continental a rapporté que Trump a lancé son Conseil de Paix pour Gaza, une organisation ayant pour but de remplacer l’ONU.
D’un côté, les anciennes structures fondées à la fin de la Seconde Guerre mondiale ne sont plus efficaces et des leaders, comme Trump, prennent tout simplement l’initiative par la force pour réformer des structures inadéquates qui n’empêchent pas les guerres.
Le monde des responsables politiques de l’Europe est le premier à être mis en question. La prise de conscience et l’analyse doivent s’exprimer à Munich. La situation est d’autant plus inquiétante pour les Européens car comme Observateur Continental le signale: «l’Ukraine et l’Europe ne figurent pas parmi les priorités des États-Unis».
Dans ces conditions, selon les experts qui interviennent à la Conférence de Munich, l’ordre international d’après-guerre risque de s’effondrer, et le principal acteur de ce processus est le président des États-Unis –le pays «qui a joué un rôle déterminant dans la mise en place de cet ordre après 1945».
Les analystes réunis dans la capitale de la Bavière pointent du doigt l’approche destructrice de l’administration Trump à l’égard des principes fondamentaux du droit international. De plus, ils ont identifié une constante dans les actions du Républicain: en seulement un an de mandat, Trump a eu recours à la force contre l’Irak, l’Iran, le Nigeria, la Somalie, la Syrie, le Venezuela et le Yémen. Il a ouvertement évoqué la possibilité d’utiliser la force contre d’autres pays, notamment la Colombie, Cuba et le Mexique, menacé de «récupérer» le canal de Panama, discuté de l’intégration du Canada aux États-Unis en tant que 51e État et réaffirmé ses revendications sur le Groenland. Ainsi, une telle rhétorique pourrait affaiblir le principe d’intégrité territoriale, ce qui pourrait, entre autres, avoir des répercussions sur l’avenir de l’Ukraine et de Taïwan.
Plus qu’un ordre mondial qui est devenu dangereux et sauvage, il est question d’un changement radical de la gestion de la chose géopolitique.
Regard Sur l’Afrique avec observateur-continental Par Philippe Rosenthal

















































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