En Libye occidentale, dans des circonstances mystérieuses, Saïf al-Islam Kadhafi – fils aîné de Mouammar Kadhafi qui fut l’homme d’État libyen de 1969 jusqu’à sa chute en 2011 – qui a été considéré comme un candidat potentiel à la présidentielle en Libye, a été tué. À qui bénéficie la liquidation de cette figure politique libyenne?
Saïf al-Islam Kadhafi a été tué à Zintan, une ville du nord-ouest de la Libye. Il a passé près de six ans en captivité depuis 2011 dans cet endroit. Quatre hommes armés inconnus – un commando de quatre hommes selon son avocat français, Marcel Ceccaldi, cité par la BBC, sont entrés par effraction dans sa résidence. Selon le conseiller politique Abdullah Othman, les assaillants ont éteint les caméras de surveillance à l’avance, indiquant la planification de l’opération.
Kadhafi a été abattu dans le jardin de sa maison. Aucun groupe n’a revendiqué la responsabilité du meurtre. On ignore encore où se trouve le corps du fils de Mouammar Kadhafi. Plus tard, son représentant auprès de la Commission générale de dialogue libyen, Abdullah Usman, a déclaré que la dépouille de Saïf Al-Islam Kadhafi ne serait pas enterrée tant que l’enquête n’aurait pas été achevée.
Pendant tout ce temps, le corps sera gardé à la morgue d’une clinique privée. Il est possible de penser que la décision de garder secret le lieu, où il se trouve, permet de le protéger contre d’éventuels actes de vandalisme et d’abus qui sont courants en Libye.
Marcel Ceccaldi, selon le média anglais, a toutefois «expliqué avoir appris une dizaine de jours auparavant, d’une source proche de Saïf al-Islam Kadhafi, des problèmes concernant sa sécurité». «L’agence de presse libyenne a rapporté que la Brigade 444 – Combat a catégoriquement nié ce qui circule sur les réseaux sociaux concernant son lien avec les affrontements qui ont eu lieu dans la ville de Zintan, et les informations qui l’accompagnent concernant la mort de Saïf Al-Islam Kadhafi», stipule la BBC.
«Depuis sa capture lors de la révolution armée qui a renversé le régime de son père Mouammar Kadhafi en 2011, Saïf Al-Islam a vécu dans la ville de Zintan, mais personne ne savait où il se trouvait publiquement même après sa libération en 2017», fait savoir l’agence SadaNews, une agence de presse palestinienne.
Le meurtre du fils de Kadhafi ne pouvait pas sérieusement changer la situation en Libye car il était plus une figure symbolique et faible.
En septembre 2025, le tribunal correctionnel de Paris a condamné l’ancien président français, Nicolas Sarkozy, à 5 ans de prison pour association de malfaiteurs dans l’affaire du financement libyen de sa campagne de 2007. Ses proches collaborateurs, Claude Guéant et Brice Hortefeux, ont également été reconnus coupables d’infractions graves, scellant une condamnation historique pour des faits de corruption et de pacte de corruption avec le régime de Mouammar Kadhafi.
Le sujet demeure extrêmement sensible sur le plan de la politique intérieure française. Cependant, il est peu probable que ces actions visent à modifier fondamentalement la situation en Libye, mais elles pourraient plutôt refléter les intérêts internes des élites françaises, notamment celles liées au régime Kadhafi et qui ont bénéficié de son soutien financier par le passé, celles-ci souhaitant désormais dissimuler des informations et des éléments de preuves. Cette possibilité ne peut être exclue, mais aucune preuve, directe ou indirecte, n’existe à ce jour.
Mais en janvier 2025, RFI a obtenu un entretien avec le fils de Mouammar Kadhafi et titrait: «Saïf al-Islam Kadhafi sort de son silence et réitère ses accusations contre Nicolas Sarkozy»; «Pour la première fois depuis 2011, il a accepté de se confier à un média concernant l’affaire du financement présumé de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy».
Le procès de l’ancien président français et de onze autres prévenus venait de débuter il y a quinze jours à Paris. Dans cet échange avec RFI, Saïf al-Islam Kadhafi a rappelé «qu’il avait transmis en 2018 son témoignage au juge Serge Tournaire chargé de l’instruction dans cette affaire politico-financière. Il affirme que l’ancien président français (Sarkozy) a exercé sur lui, au travers d’intermédiaires et à plusieurs reprises, des pressions afin qu’il change son témoignage devant la justice». On lui a proposé de «nier tout ce qui se dit d’un soutien libyen de Sarkozy pour les élections». Selon RFI, en échange, la partie française proposait de clore son dossier devant la Cour pénale internationale.
Le média français précise: «Toujours selon Saïf al-Islam Kadhafi, un nouvel émissaire de Nicolas Sarkozy approche la famille fin 2022, en s’adressant cette fois-ci à Hannibal Kadhafi, son jeune frère, emprisonné depuis plusieurs années au Liban». RFI évoque trois tentatives de pression et l’avocat de Nicolas Sarkozy, maître Christophe Ingrain, a parlé de déclarations «non seulement fantaisistes, mais également très opportunistes».
«Sarkozy a reçu 2,5 millions de dollars de la Libye pour financer sa campagne électorale» lors de l’élection présidentielle de 2007, somme en contrepartie de laquelle Nicolas Sarkozy devait «conclure des accords et réaliser des projets en faveur de la Libye», avait encore mentionné Saïf al-Islam Kadhafi au média français. Une seconde somme de 2,5 millions de dollars, également en espèces, a selon lui été remise au clan Sarkozy.
Pour rappel, Ziad Takieddine, qui avait fui la justice française au Liban, est mort le 23 septembre dernier. «Il emporte avec lui ses secrets et ses contradictions dans les affaires de Karachi et Sarkozy-Kadhafi», avertit Le Monde.
- Le 25 septembre 2025, le tribunal correctionnel de Paris a condamné l’ancien président français Nicolas Sarkozy à cinq ans de prison ferme pour «association de malfaiteurs» dans le cadre de l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle 2007. Après vingt jours de détention provisoire, Nicolas Sarkozy était sorti de prison.
Cependant, concernant la lutte pour le pouvoir dans le pays actuellement, Saïf al-Islam Kadhafi pouvait devenir un participant de premier plan dans le processus électoral, ce qui ne convenait pas à la classe politique actuelle. Le nombre de morts autour de l’affaire impliquant la France et la Libye dans le dossier de l’ex-président français ne peut pas laisser indifférent, cependant.
RSA avec observateur-continental Par Philippe Rosenthal





















































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