Le Ghana a consolidé sa position de premier producteur d’or en Afrique en 2024-2025, détrônant l’Afrique du Sud, avec une production record atteignant près de 4,8 millions d’onces en 2024. Portée par l’exploitation minière artisanale et de nouvelles mines, cette production devrait encore augmenter en 2025 pour dépasser les 5 millions d’onces.
Le Ghana, premier producteur d’or d’Afrique, s’apprête à introduire un nouveau système de redevances minières basé sur une échelle progressive. Jusqu’à présent, les sociétés minières payaient une redevance fixe de 5 %. Avec la nouvelle réforme, ce taux pourrait atteindre 12 % lorsque le prix de l’or atteint 4 500 $/oz.
Alors que l’or est sous les feux de la rampe, porté par des prix élevés et l’appétit persistant des banques centrales, les pays producteurs surveillent le marché. En Afrique, le Ghana est depuis plusieurs années celui qui produit le plus de métal jaune, devant l’Afrique du Sud, le Mali, le Soudan et la Tanzanie.
L’or artisanal mieux structuré
L’exploitation artisanale occupe depuis longtemps une place centrale dans l’économie aurifère ghanéenne. Elle a souvent échappé au contrôle de l’État, alimentant la contrebande et suscitant des préoccupations environnementales. Le phénomène local connu sous le nom de « galamsey » désigne d’ailleurs l’orpaillage illégal.
En 2025, les autorités ont accéléré la formalisation du secteur. Depuis mai, l’or artisanal est ainsi encadré par le Ghana Gold Board (ou GoldBod), un organisme public chargé d’acheter la production des petits exploitants avant réexportation. Pour son premier exercice, le GoldBod a indiqué fin décembre 2025 avoir généré 10 milliards USD (environ 8,4 milliards d’euros) de recettes grâce à l’exportation d’un volume record d’environ 100 tonnes.
Sur l’ensemble de l’année, les exportations aurifères ont atteint 20,9 milliards USD (environ 18,1 milliards d’euros), contre 10,3 milliards USD (environ 8,9 milliards d’euros) un an plus tôt. Le métal jaune s’impose désormais comme le premier produit d’exportation du pays ouest-africain, loin devant le cacao et le pétrole.
Des réformes fiscales qui interrogent pour 2026
Le record de 2025 survient alors que le gouvernement prépare une refonte du régime des redevances minières. Le taux fixe actuellement en vigueur doit être remplacé par un barème progressif indexé sur le prix de l’or. La redevance passerait d’une fourchette de 3 à 5 % à un minimum de 9 %, pouvant atteindre 12 % lorsque les prix dépassent certains seuils.
Jusqu’à présent, les sociétés minières payaient une redevance fixe de 5 %. Avec la nouvelle réforme, ce taux pourrait atteindre 12 % lorsque le prix de l’or atteint 4 500 $/oz.
L’objectif du gouvernement: capturer davantage de valeur alors que les prix des matières premières explosent. Mais cette décision ne fait pas l’unanimité.
Plusieurs gouvernements (États-Unis, Chine et partenaires occidentaux) ont tenté de convaincre le Ghana de ralentir cette réforme.
Les grandes compagnies minières préviennent que cela pourrait freiner les investissements et les nouveaux projets.
De son côté, l’autorité minière ghanéenne défend une position claire: plus de revenus pour l’État tout en maintenant la rentabilité du secteur.
Ce contexte fait peser un climat d’incertitude sur les perspectives pour 2026. Selon les prévisions actuelles, le Ghana vise une production de 6,5 millions d’onces cette année.
RSA Par Tinno BANG MBANG






















































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