En Zambie, la banque centrale exige depuis décembre que les transactions nationales soient réglées en kwacha, la monnaie locale. Depuis octobre dernier, le pays accepte aussi les redevances minières et les impôts en yuan.
L’Afrique veut « se sevrer du billet vert ». Le yuan et les monnaies locales gagnent de plus en plus de terrain.
Le dollar reste dominant : près de 70 % de la dette publique extérieure du continent est libellée dans cette devise. Mais des alternatives progressent. L’Égypte, le Nigeria et l’Afrique du Sud ont conclu de nouveaux accords d’échanges de devises avec la Chine. Le Kenya a converti des prêts libellés en dollars en yuan, ce qui pourrait lui permettre d’économiser jusqu’à 215 millions de dollars par an en frais d’intérêts. Les monnaies locales gagnent aussi du terrain dans les échanges entre pays africains.
En Zambie, cette politique oblige déjà certaines entreprises à réécrire leurs contrats libellés en dollars ou à renégocier leurs accords avec leurs fournisseurs.
La Zambie, comme plusieurs autre pays africains cherche à se défaire de sa dépendance au dollar américain. Cela profite au yuan chinois ainsi qu’aux monnaies locales qui, peu à peu, s’imposent dans les échanges monétaires.
Sur Cairo road, une artère commerciale animée de Lusaka, la capitale de la Zambie, les commerçants et les clients négociaient autrefois le prix de gadgets, de meubles et d’autres marchandises, libellés en dollars. Pendant des décennies, le billet vert a occupé une place prépondérante dans l’ensemble de l’économie zambienne.
De l’achat de voitures aux contrats commerciaux, les transactions importantes étaient systématiquement réglées dans la devise américaine. Les décisions de la Réserve fédérale à Washington en matière de taux d’intérêt se répercutaient sur le prix des produits alimentaires et des loyers en Zambie. Lorsque la Zambie s’est retrouvée en défaut de paiement sur sa dette en 2020, la force du dollar à l’époque a exacerbé les répercussions.
Les faits clés de la « dédollarisation » en Afrique
- La Zambie impose le kwacha et le yuan : La banque centrale exige que les transactions nationales soient réglées en kwacha, et le pays accepte le yuan pour les impôts et les redevances minières.
- Le rôle croissant du système Cips : Des institutions comme le groupe panafricain Ecobank utilisent le système de paiement chinois Cips pour régler les échanges avec Pékin sans passer par le dollar ni par le réseau Swift.
- L’offensive commerciale de Pékin : Depuis le 1er mai, la Chine applique une politique de zéro droit de douane sur l’intégralité des produits importés de 53 pays africains partenaires. Les échanges sino-africains ont atteint environ 310 milliards d’euros en 2025.
- Des accords d’échanges de devises : L’Égypte, le Nigeria et l’Afrique du Sud ont multiplié les accords de swap (échanges croisés de devises) avec la Chine. Le Kenya a converti une partie de ses prêts en dollars en yuan (notamment pour financer ses infrastructures ferroviaires).
- Une chambre de compensation dédiée : Une infrastructure opérée par la Standard Bank (Afrique du Sud) et la ICBC (Chine) fluidifie les règlements en yuans sur le continent.
Les limites actuelles
- L’hégémonie du dollar persiste : Près de 70 % de la dette publique extérieure du continent reste libellée en dollars.
- Une part de marché encore modeste : Le renminbi ne représente qu’environ 2 % des réserves de change internationales, loin derrière le billet vert ou les standards du réseau Swift.
Regard Sur l’Afrique Par Tinno BANG MBANG
























































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