Ce 27 février 2026, c’est le 50e anniversaire de la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) par le Front Polisario. Le Sahara occidental est aujourd’hui contrôlé à 80 % par Rabat. À l’occasion de ce cinquantenaire, le ministre des Affaires étrangères du gouvernement sahraoui Mohamed Yeslem Beissat est revenu sur cinq décennies de lutte et a réaffirmé la poursuite du combat pour la liberté et le droit à l’autodétermination. Un conflit qui s’inscrit au cœur des rapports de forces internationaux et qui connait des développements intenses.
Le 27 février 1976, la République arabe sahraouie démocratique (RASD) est proclamée à Bir Lehlou, localité du nord-est du Sahara occidental, alors que le Maroc revendique sa souveraineté sur ce territoire fraîchement libéré par l’Espagne. Une proclamation qui lance un conflit sans fin.
Depuis sa création, la RASD a mené des combats militaire, diplomatique et juridique, visant à recouvrer la souveraineté sur un territoire considéré par le Maroc comme une région du pays. Les cycles d’affrontements, de cessez-le-feu et d’impasses diplomatiques, 50 ans durant, n’ont pas fait plier les partisans du droit à l’autodétermination, en dépit des changements géostratégiques.
Pour les Nations unies, le Sahara occidental demeure « un territoire non autonome en attente de décolonisation » et les résolutions du Conseil de sécurité garantissent au peuple sahraoui son droit à l’autodétermination.
Rabat engrange des points dans ce conflit
Depuis 2020, Rabat engrange cependant des points dans ce conflit avec la reconnaissance des États-Unis de Donald Trump de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.
Plusieurs pays européens dont la France considèrent désormais que le plan marocain pour l’autonomie du Sahara occidental est « la solution la plus réaliste » pour ce conflit. Les efforts de l’ONU sont actuellement doublés par Washington. Pressés, les Américains ont promis une solution rapide, qui arrange leurs intérêts économiques. Ces efforts se heurtent cependant au mur de l’imbroglio juridique et du respect de règles du droit international.
Le Front Polisario, interlocuteur principal aux négociations, rappelle que « rien ne se fera sans le consentement du peuple sahraoui ».
Quant à l’ONU, elle n’affiche pas le même optimisme que les États-Unis, qui voulaient résoudre la crise en 50 jours. Son secrétaire général Antonio Guterres, dans des déclarations récentes à RFI, estime que le problème « est complexe », qu’il « faut attendre pour voir si vraiment on réussit à trouver une solution qui respecte les intérêts fondamentaux des deux parties ».
L’armée sahraouie a mis fin au cessez-le-feu avec le Maroc en vigueur depuis 1991 en novembre dernier en riposte à une opération militaire marocaine dans une zone-tampon de l’extrême-sud du vaste territoire désertique.
La question du statut du Sahara occidental, considéré comme un « territoire non autonome » par l’ONU oppose depuis 1975 Sahraouis et Marocains. Alors que les Sahraouis réclament leur droit à un référendum d’autodétermination prévu, d’ailleurs, par l’ONU, les Marocains tergiversent et proposent une solution de substitution n’offrant qu’une seule possibilité : celle d’un plan d’autonomie sous sa souveraineté.
Par RSA et RFI


















































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