La Chine n’a pas d’alliés. Elle a des partenaires. Cette distinction n’est pas sémantique, elle est au cœur de sa stratégie globale.
Contrairement aux États-Unis, qui ont bâti un réseau d’alliances formelles (OTAN, AUKUS, traités bilatéraux), Pékin refuse délibérément tout engagement contraignant. Pas d’Article 5, pas d’obligation de défense mutuelle, pas de garantie de sécurité.
L’Iran en est l’illustration parfaite.
Depuis l’accord de partenariat de 25 ans signé en 2021, beaucoup ont cru à une alliance de fait. Erreur de lecture. La relation sino-iranienne est transactionnelle : pétrole sanctionné à prix réduit contre investissements, équipements et veto au Conseil de sécurité. L’Iran a besoin de la Chine pour survivre. La Chine, elle, peut se passer de l’Iran si le coût de le défendre dépasse la valeur de le conserver.
Et ce coût serait astronomique :
→ Sanctions massives de l’Occident
→ Rupture avec ses principaux partenaires commerciaux
→ Exposition de ses faiblesses militaires, précisément ce qu’elle ne peut pas se permettre avant Taïwan.
Alors que fait la Chine face aux tensions avec l’Iran ? Elle observe. Elle attend. Elle laisse les États-Unis dépenser des milliards. C’est du Sun Tzu appliqué à la géopolitique du XXIe siècle : la victoire suprême est celle obtenue sans combattre.
Ce que vous voyez en Iran n’est pas ce que vous croyez. Les médias parlent de nucléaire, de droits de l’homme, d’un régime instable. Mais, la vraie raison est ailleurs, et elle s’appelle la Chine.
À mesure que la Chine monte en puissance, Washington a un problème.
Il ne peut pas se battre sur 3 fronts en même temps :
→ Le Moyen-Orient
→ L’Europe / la Russie
→ La Chine
Les ressources sont limitées. Il faut choisir. Le choix est fait : la priorité absolue, c’est la Chine. Mais pour se concentrer sur la Chine, il faut d’abord la fragiliser.
Et la Chine a un talon d’Achille : Sa dépendance aux hydrocarbures bon marché.
Pékin importe plus de 70 % de son pétrole. Et une grande partie vient de sources sanctionnées, donc bradées.
→ L’Iran lui vendait des millions de barils sous les prix du marché
→ Le Venezuela, même logique
→ La Russie, même logique
Couper ces robinets un par un = serrer l’étau énergétique sur Pékin. Sans déclaration de guerre. Sans confrontation directe. C’est de la stratégie pure.
L’Iran, concrètement, c’est quoi pour les États-Unis ?
– Un régime idéologique qui n’agit pas rationnellement
– Le principal financier du chaos au Moyen-Orient (Houthis, Hezbollah, proxies en Irak)
– Un fournisseur de drones à la Russie
– Un acheteur massif d’équipements militaires chinois
– Une source d’énergie low-cost pour Pékin
Neutraliser l’Iran, c’est retirer d’un seul coup :
— Un problème régional qui bloque le désengagement américain
— Une artère énergétique vitale pour la Chine
— Un maillon de l’axe Moscou-Pékin-Téhéran
Les protestations iraniennes ?
Une raison cosmétique.
Pas la vraie raison.
La vraie raison, c’est que les États-Unis ne peuvent pas se permettre de laisser la Chine devenir numéro 1 avec de l’énergie bon marché dans le dos.
Venezuela. Iran. Russie.
Un par un. Méthodiquement.
Pourquoi Pékin n’aide t’il pas l’Iran ? « L’absence d’engagement n’est pas une faiblesse. C’est une stratégie. »
Si « l’Iran a besoin de la Chine pour survivre. La Chine, elle, peut se passer de l’Iran si le coût de le défendre dépasse la valeur de le conserver.
Alors que fait la Chine face aux tensions avec l’Iran ? Elle observe. Elle attend. Elle laisse les États-Unis dépenser des milliards. »
- « C’est du Sun Tzu appliqué à la géopolitique du XXIe siècle : la victoire suprême est celle obtenue sans combattre. »
Au sujet de la relation Chine/Iran, Kevan Gafaiti rappelait en septembre dernier, dans le numéro des Grands Dossiers de Diplomatie sur la Chine, les limites de l’égarement de Pékin à l’égard de Téhéran suite à la guerre des 12 jours. En effet, comme il l’expliquait, « pour l’Iran la Chine reste un partenaire précieux mais frustrant : Pékin soutient Téhéran au sein des enceintes multilatérales mais ne veut pas franchir le seuil d’un appui stratégique et diplomatique univoque, au risque de s’exposer soi-même aux sanctions américaines et onusiennes. (…) Si pour l’Iran, ce soutien « prudent » reste utile et apprécié, il est insuffisant pour fondamentalement modifier l’équilibre des forces en sa faveur.»
Comme il l’expliquait, « la guerre des 12 jours entre l’Iran et Israël a mis la Chine dans une posture fort délicate. D’une part, la Chine affichait une rhétorique particulièrement critique envers Israel et promouvait un règlement multilatéral, d’autre part elle s’est abstenue de tout alignement explicite sur l’Iran, se refusant a qualifier la contre-attaque iranienne de légitime défense.
Cet équilibrisme traduit la fragile prudence que Pékin tente de maintenir entre ses partenariats et intérêts au Moyen-Orient, mais aussi son souhait d’être perçu comme un médiateur crédible. Cet affrontement Iran-Israël a révélé deux contraintes majeures, à savoir tout d’abord que la dépendance chinoise au pétrole saoudien et émirien empêche tout soutien fort à l’Iran, la Chine ne voulant pas compromettre son accès à des volumes importants et stables en provenance du Golfe Persique. Apparaît aussi sa volonté de se présenter comme un arbitre au Moyen Orient, lui imposant alors de ne pas se présenter comme une partie prenante d’un front anti-israélien. (…) Pour l’Iran, la réaction chinoise a assurément un goût amer. Il pouvait légitimement espérer que cette guerre renforcerait la valeur stratégique de son partenariat avec la Chine, mais il est forcé de constater que Pékin se cantonne à sa politique de « non-choix » pour protéger sa vision de la stabilité régionale et ses approvisionnements énergétiques. En pratique, cet épisode confirme que la relation irano-chinoise demeure un instrument secondaire aux yeux de la Chine, et certainement pas un levier central de sa stratégie moyen-orientale. »
Le Japon plus touché que la chine
La fermeture du détroit d’Ormuz aura un impact économique significatif sur le Japon, un pays fortement dépendant des importations de pétrole pour alimenter son économie. Le détroit d’Ormuz est une voie maritime cruciale par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial, et une grande partie de ce pétrole est destinée aux marchés asiatiques, y compris le Japon.
Premièrement, le Japon importe environ 90 % de son pétrole du Moyen-Orient, dont une grande partie du Qatar, et une fermeture du détroit d’Ormuz perturberait gravement ces approvisionnements, sans compter la fermeture du Qatar des ventes de GNL. Cette perturbation entraîne une hausse des prix du pétrole et du GNL, augmentant ainsi les coûts pour les entreprises japonaises et les consommateurs. Les industries manufacturières, qui sont au cœur de l’économie japonaise, vont être particulièrement touchées par l’augmentation des coûts de production.
Deuxièmement, l’augmentation des prix du pétrole et du GNL se traduira par une inflation accrue, ce qui freinerait la consommation intérieure. La Banque du Japon pourrait être contrainte d’ajuster sa politique monétaire pour contrer ces effets, mais cela pourrait également avoir des répercussions sur la croissance économique globale du pays et par ricochet sur la dette américaine.
En outre, le Japon pourrait être contraint de diversifier rapidement ses sources d’énergie, ce qui nécessiterait des investissements massifs dans les infrastructures énergétiques alternatives et prend du temps. Bien que le Japon ait déjà commencé à investir dans les énergies renouvelables et le gaz naturel liquéfié (GNL), une transition rapide pourrait s’avérer coûteuse et complexe.
Enfin, sur le plan géopolitique, le Japon pourrait être amené à renforcer ses relations avec d’autres fournisseurs de pétrole, ce qui pourrait modifier les alliances et les dynamiques régionales. Cela pourrait également pousser le Japon à jouer un rôle plus actif dans les discussions internationales concernant la sécurité énergétique et la stabilité du Moyen-Orient en poussant les Américains à aller plus vite en imposant une deadline du conflit.
En somme, la fermeture du détroit d’Ormuz et l’arrêt des ventes du GNL qatari représentent actuellement un défi majeur pour le Japon, tant sur le plan économique que géopolitique. Le pays navigue dans un environnement incertain, nécessitant des ajustements stratégiques pour atténuer les impacts négatifs sur son économie.
La présidente du Parti communiste japonais, Tamura Tomoko, a déclaré que le Japon devrait exhorter les États-Unis et Israël à cesser les frappes.
Takaichi a déclaré que son équipe préparait un agenda diplomatique qui lui permettrait de déployer tous les efforts possibles pour rétablir la paix au Moyen-Orient, ajoutant que son gouvernement était déjà engagé dans ce travail.
Regard Sur l’Afrique Par Tinno BANG MBANG






















































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