Le partage de pouvoir entre la présidence de Félix Tshisekedi et le gouvernement majoritairement, contrôlé par l’ex-président Joseph Kabila, a mené le pays au blocage institutionnel. Depuis lundi 2 novembre, le chef de l’Etat multiplie les consultations dans l’espoir de constituer une « union sacrée de la nation » qui pourrait dessiner une nouvelle majorité.
Depuis lundi 2, le président multiplie les entretiens : les ex-premiers ministres, les ex-gouverneurs de la banque centrale, les ex-présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, les candidats à dernière élection présidentielle, les présidents d’associations professionnelles, les mouvements citoyens, les chefs coutumiers, les organisations de la société civile… L’objectif déclaré de M. Tshisekedi est de réaliser le plus large rassemblement possible, une « union sacrée de la nation », autour d’un grand projet de développement du pays.
Le président congolais Félix Tshisekedi, en pleine crise avec le camp de son prédécesseur Joseph Kabila, a échangé mercredi avec l’ex-chef de guerre Jean-Pierre Bemba, première personnalité politique qui s’est rendu aux « consultations nationales » en cours en République démocratique du Congo. Débutées lundi, ces consultations initiées par le chef de l’État vise à créer une « Union sacrée de la nation », face à la persistance des tensions au sein de la coalition au pouvoir en RDC.
L’ancien opposant Tshisekedi gouverne en coalition avec le Front commun pour le Congo (FCC) la plate-forme politique de son prédécesseur Kabila, avec qui il a signé un accord politique après son investiture le 24 janvier 2019.
« C’était cordial (…). Je soutiens tout dialogue entre les Congolais », a déclaré de manière lapidaire M. Bemba, président du parti d’opposition Mouvement de libération du Congo (MLC).
Cet ancien vice-président congolais a été acquitté en 2018 de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale (CPI), après avoir passé près d’une décennie en détention.
Après une entrevue en présence des collaborateurs du chef de l’État, les deux personnalités ont eu ensuite un aparté pendant plus d’une quinzaine de minutes.
Au troisième jour des consultations, le président Tshisekedi a notamment rencontré des organisations culturelles et des artistes. Les mouvements citoyens Lutte pour le changement (Lucha) et Filimbi doivent également être reçus.
Mardi, M. Tshisekedi avait échangé avec des associations de la société civile qui l’ont invité, selon leur porte-parole Christopher Ngoy, « à mettre un terme à la coalition » avec les pro-Kabila.
La crise au sein de la coalition au pouvoir a pris de l’ampleur le 21 octobre, lorsque le chef de l’État a présidé la cérémonie de prestation de serment des trois nouveaux membres de la Cour constitutionnelle qu’il a nommés en juillet, malgré l’opposition de ses partenaires du FCC.
Le camp Kabila avait alors accusé le chef de l’État d’avoir fait « le choix délibéré de violer la Constitution » et qualifié la cérémonie d’ »irrégulière » pour « des personnalités nommées de manière illégale ».
La partie est d’autant plus difficile pour le chef de l’État et l’alliance qui le soutient, Cap pour le changement (CACH), que le camp Kabila est majoritaire au gouvernement (43 ministres contre 23) mais aussi au Parlement et dans les Assemblées provinciales.
Après avoir consulté Jean Pierre Bemba mercredi, le président Tshisekedi a reçu samedi Moïse Katumbi. Ces rencontres ont eu lieu dans le cadre d’une large série de consultations entamées en début de semaine par le chef de l’Etat congolais. Parmi les ténors de l’opposition, Martin Fayulu a refusé, à ce stade, de participer aux consultations, revendiquant toujours son statut de véritable gagnant de l’élection présidentielle. Adolphe Muzito ne semble pas davantage disposé à saisir la main que lui tend le chef de l’Etat.
RSA





















































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