Après l’annonce de la victoire du Front de libération nationale (FLN) aux élections législatives, le Premier ministre algérien Abdelaziz Djerad a présenté sa démission.
Le Premier ministre algérien Abdelaziz Djerad a présenté ce jeudi 24 juin sa démission, près de deux semaines après les élections législatives du 12 juin, ouvrant la voie à la nomination d’un nouveau gouvernement par le Président Abdelmadjid Tebboune, rapporte la télévision publique algérienne.
En fonction depuis le 28 décembre 2019, Abdelaziz Djerad va rester chef du gouvernement pour gérer les affaires courantes. «J’accepte la démission, mais continuez à gérer les affaires courantes jusqu’à la désignation d’un nouveau gouvernement», a déclaré le président Tebboune, cité par l’agence de presse officielle APS. Le chef de l’État a remercié son premier ministre d’avoir dirigé le gouvernement «dans des conditions difficiles», notamment en raison de la pandémie de COVID-19.
Si l’information était évoquée depuis plusieurs semaines, l’annonce des résultats définitifs des élections législatives par le Conseil constitutionnel confirme la démission de l’actuel Premier ministre. Selon la télévision nationale algérienne, Djerad devra présenter officiellement sa démission au chef de l’Etat vendredi à 11h30, cette procédure est conforme à l’article 113 de la Constitution qui stipule que le Premier ministre ou le chef du gouvernement peut, selon le cas, présenter sa démission au Président de la République.
Dans la soirée du 23 juin, le Conseil constitutionnel a confirmé la victoire aux législatives du 12 juin du parti du Front de libération nationale (FLN) qui est arrivé en tête avec 98 sièges, suivi des Indépendants avec 84 sièges et du Mouvement de la société pour la paix (MSP) avec 65 sièges.
Ce scrutin est le troisième à connaître un taux d’abstention élevé, soit près de 77%, après l’élection présidentielle (60%) et le référendum sur la Constitution (près de 77% également) qui ont suivi l’avènement du Hirak en février 2019. Tandis que le taux de participation a été revu à la baisse, à 23%, soit le plus bas de l’histoire de l’Algérie, tous scrutins confondus.
Le Conseil constitutionnel, qui a examiné 348 recours, a déclaré 48 recours recevables sur le fond et en a rejeté 300 « pour défaut ou insuffisance de preuves ou moyens infondés », ce qui a entraîné la correction de la répartition des sièges dans un certain nombre de circonscriptions. L’article 211 de la loi électorale stipule que « les résultats définitifs des élections législatives sont tenus et proclamés par la Cour constitutionnelle (aujourd’hui le Conseil constitutionnel) au plus tard dix jours après la date de réception des résultats provisoires adoptés par l’ANIE (Autorité électorale nationale indépendante).
Le président algérien, que beaucoup continuent de lier à l’ancienne direction du Front de libération nationale, et les chefs de l’armée qui le soutiennent, ont misé sur les élections législatives, afin de mettre un terme à plus de deux ans de protestations du mouvement de protestation citoyen Hirak, qui continue d’inonder les rues pour réclamer les réformes politiques exigées par une population confrontée à une grave crise économique, marquée par la chute des prix du marché de l’énergie et la corruption d’une classe politique installée au pouvoir.
Abdelmadjid Tebboune doit engager à partir de samedi des consultations avec les dirigeants des partis politiques et les représentants des indépendants, en vue de la formation d’un nouveau gouvernement, a précisé un communiqué de la présidence. Le prochain chef du gouvernement devra appliquer la feuille de route de Abdelmadjid Tebboune, à commencer par des élections locales d’ici la fin de l’année. Le pouvoir est en effet déterminé à reprendre la main, après deux ans et demi d’instabilité politique, en ignorant les revendications de la rue: État de droit, transition démocratique, souveraineté populaire, justice indépendante.
Il s’agit de la troisième consultation citoyenne à se tenir en Algérie depuis le départ du pouvoir de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika en 2019, qui a dirigé le pays pendant 20 ans sous la pression de la mobilisation de la rue et du pouvoir militaire qui l’avait maintenu au pouvoir. 24 millions d’Algériens étaient appelés aux urnes pour des élections législatives marquées par un taux d’abstention record, des chiffres qui ont jeté une ombre sur la stratégie du gouvernement, qui avait brandi la consultation comme la « fin du Hirak » et la naissance de « l’Algérie nouvelle ».
La démission du premier ministre algérien ouvre la voie au président, Abedelmadjid Tebboune, pour former un nouveau gouvernement.
Par Tinno BANG MBANG





















































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