Les Émirats arabes unis ont annoncé leur décision de quitter l’Organisation des pays producteurs et exportateurs de pétrole, dès le 1er mai 2026. Après 55 ans dans l’instance régulatrice du pétrole mondial, ils prennent leur propre chemin, pour suivre leur « intérêt national ».
Les commentaires de Donald Trump auraient-ils fini par trouver un écho chez les dirigeants émiratis ? Ce mardi 28 avril 2026, les Émirats arabes unis ont fait savoir qu’ils se retireraient de l’Organisation des pays producteurs et exportateurs de pétrole (OPEP) dès le 1er mai. Ils expliquent prendre cette décision au nom de leur « intérêt national ». Cette décision, lit-on dans le communiqué de presse diffusé par les agences de presse locales, « reflète la stratégie des Émirats sur le long terme, leur vision économique et le profil énergétique évolutif ».
Depuis 1960, l’OPEP forme un cartel puissant dans le secteur pétrolier. Ses membres sont tous producteurs de pétrole et peuvent, via l’organisation, négocier avec les sociétés pétrolières sur les prix de la ressource, sa production et la quantité exportée. Jusqu’à présent, l’OPEP comptait 12 membres : Algérie, Gabon, Libye, Nigeria, Guinée équatoriale, République du Congo, Venezuela, Arabie saoudite, Irak, Iran, Koweït et Émirats arabes unis. Les Émirats quittent aussi l’OPEP+, qui compte notamment la Russie.
Un départ en plein chaos pétrolier
Depuis plusieurs années, Donald Trump critique l’existence et le « monopole » de l’OPEP sur les prix du pétrole. La guerre au Moyen-Orient, la fermeture du détroit d’Ormuz – par lequel transite habituellement 20 % du pétrole mondial – et la crise pétrolière qui en résulte n’ont pas rendu le président des États-Unis plus tendre avec l’instance.
Depuis plusieurs années, Abou Dhabi est également notoirement en désaccord avec Riyad sur les quotas de production pétrolière dans le Golfe. C’est, sans conteste, dans le cadre de tensions ravivées entre les Émirats et l’Arabie saoudite que se déroule cette sortie de l’OPEP, souligne le Washington Post.
La décision émirati fragilise ainsi fortement l’OPEP, dominée de facto par l’Arabie saoudite. Riyad se retrouve dans une position délicate : elle doit gérer un marché pétrolier plus difficile à contrôler, des alliances régionales moins solides et une organisation affaiblie au moment où la stabilité des prix de l’énergie devient cruciale pour son influence économique et géopolitique. Le départ d’Abou Dhabi marque une rupture dans les relations entre les pays du Golfe.
Que change la décision des Émirats de quitter l’OPEP pour l’économie mondiale ?
La décision émiratie est surtout hautement stratégique. Abou Dhabi repose moins que ses voisins sur les revenus du pétrole. Quitter l’OPEP signale encore davantage sa volonté de diversifier ses sources de revenus, notamment en se concentrant sur le numérique et l’intelligence artificielle. Mais c’est aussi un moyen de se départir des contraintes de production imposées par l’OPEP, souligne Homayoun Falakshahi, responsable de l’analyse pétrolière chez Kpler sur RFI.
« L’objectif pour l’émirat d’Abou Dhabi est de retirer plus de revenus de son pétrole : cette production supplémentaire sera exportée vers les marchés mondiaux », explique l’expert. Et la guerre au Moyen-Orient va faire gonfler les prix sur plusieurs mois, certainement au profit des Émirats.
Côté OPEP, ce départ risque d’avoir des conséquences négatives. Selon Homayoun Falakshahi, ses « prises de décisions sur le marché du pétrole seront moins impactantes à l’avenir ». Et cela pourrait renforcer Donald Trump et le marché pétrolier américain. Si les Émirats produisent davantage, les prix baisseront et l’économie américaine ne s’en portera que mieux.
Pourquoi les Emirats arabes unis quittent l’Opep
Les EAU quittent l’Opep afin de s’extraire du système des quotas, qui limite leur production de pétrole. Ce départ accentue l’incertitude quant à l’avenir de l’organisation.
Par RSA avec GEO




















































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