Pendant que la Chine, la Russie et les États-Unis réorganisent le monde, le président Trump se livre à un exercice périlleux de survalorisation de son héritage. Il est parvenu à nous faire croire qu’il a choisi de se retirer de l’OTAN, alors qu’il ne peut plus rester. Il se trouve, en réalité, dans la même position que Mikhaïl Gorbatchev lorsqu’il s’est retiré du Pacte de Varsovie : au bord du précipice.
Au cours de la première année de son second mandat, le président Donald Trump a annoncé vouloir propulser les armées des États-Unis dans une position de supériorité indéniable.
• Le Dôme d’or (20 mai 2025)
Le Dôme d’or états-unien est censé protéger, non pas les États-Unis, mais l’ensemble du continent américain, en contrant « la menace des missiles balistiques, hypersoniques et de croisière ». Il s’inspire du projet reaganien de « Guerre des étoile » et tire son nom du Dôme de fer israélien. Il a confié cette mission au général Michael Guetlein et prévu de la doter d’un budget de 175 milliards de dollars.
Selon le décret, le Dôme d’or devrait comprendre :
Des capteurs spatiaux de poursuite hypersonique et balistique ;
Des intercepteurs spatiaux pour la phase d’accélération ;
Des capacités d’interception en sous-couche et en phase terminale ;
Une couche de garde de la Proliferated Warfighter Space Architecture (PWSA), elle-même devant être constituée de sept couches à mettre en œuvre en quatre tranches de 2026 à 2030 ;
Des capacités destinées au pré-lancement et pendant la phase de propulsion ;
Des capacités dites « non cinétiques » en renforcement du dispositif.
• Le département de la Guerre (5 septembre 2025)
Le président Trump a renommé le secrétariat à la Défense en secrétariat à la Guerre, comme c’était le cas jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
En outre, il a fait procéder à une réforme des armées pour développer « l’esprit des guerriers ». Il a annoncé que, désormais, l’avancement serait exclusivement au mérite, sans tenir compte des quotas communautaires.
On se souvient des remarques sur les officiers de salon obèses qui ont été invités à démissionner d’eux-mêmes avant d’être mis à la porte.
• La Flotte d’or (22 décembre 2025)
Face au développement de la marine militaire chinoise, le président Trump a annoncé la construction de la Flotte d’or. Pour commencer dix cuirassés, de la classe Trump, seront réalisés. Ils pourront transporter des canons conventionnels et des missiles de croisière à armes nucléaires.
• Le budget militaire (7 janvier 2026)
Enfin, le président Trump a annoncé son souhait d’augmenter d’environ 50 % le budget de la Défense. Ces ressources le placeraient à la hauteur de la totalité des budgets de défense cumulés du reste du monde.
Les États-Unis ont publié à la fois leur Stratégie de sécurité nationale 2026 et leur Stratégie de défense nationale 2026, mais ils conservent secrète leur Examen de la posture nucléaire 2026.
Washington laisse planer le doute sur sa stratégie nucléaire. Le projet de Dôme d’or, s’il est réalisé, remet en question l’idée même d’équilibre. Le traité qui fixait l’équilibre de terreur avec la Russie arrive à expiration, le 5 février. Les États-Unis n’ont pas souhaité reprendre les négociations.
Quoi qu’il en soit, ces projets tonitruants ont peu de chances de correspondre à des réalités. La construction du Dôme d’or n’est encore qu’une esquisse dont l’architecture n’a pas encore été dessinée. Le projet de la Flotte d’or est impossible, à court et à moyen terme, pour les chantiers navals états-uniens.
Quant aux aspects budgétaires, ils portent sur des sommes inatteignables en l’état actuel de l’économie. Le premier défi de l’administration Trump, c’est le surendettement des États-Unis, hérité des administrations précédentes. Il a dépassé les 38 mille milliards.
L’annonce d’un milliard de dollars d’investissement aux États-Unis par l’Arabie saoudite et d’1,4 milliard par les Émirats arabes unis ne sont que de la poudre aux yeux. Outre que cet argent ne représente rien par rapport à la dette publique états-unienne, l’Arabie saoudite n’a encore rien versé de ce qu’elle a annoncé. Ses caisses sont vides. Tout son argent liquide est absorbé par son projet Saudi Vision 2030 (la construction de NEOM et de The Line).
En réalité, nous assistons à la chute de l’Empire américain sur le modèle de la chute de l’Empire soviétique. Mikhaïl Gorbatchev avait d’abord démantelé le Pacte de Varsovie, avant de prendre acte de l’effondrement de l’URSS.. Aujourd’hui, le président Trump démantèle l’Alliance atlantique en espérant ne pas avoir à constater la fin des États-Unis d’Amérique. Ses rodomontades ne doivent pas nous impressionner.
RSA Par Thierry Meyssan





















































Discussion à propos du post