L’influenceur anti-occidental, sous le coup de deux mandats d’arrêt internationaux émis par le Bénin, était activement recherché par son pays d’origine depuis plusieurs mois.
Kemi Seba, déchu de sa nationalité française et connu pour ses attaques contre l’impérialisme occidental en Afrique, est sous le coup d’un mandat d’arrêt émis par le Bénin, qui le soupçonne d’avoir soutenu la tentative de coup d’Etat du 7 décembre 2025.
L’arrestation de Kemi Seba en Afrique du Sud le 13 avril 2026 ne laisse pas les autorités béninoises indifférentes.Sitôt l’annonce de son interpellation, le gouvernement béninois a réagi avec célérité : une demande officielle d’extradition a été transmise aux autorités sud-africaines, tandis qu’une délégation béninoise a été dépêchée sur place pour peser de tout son poids dans ce dossier.
Arrêté lundi 13 avril dans un centre commercial de Pretoria, Kemi Seba, 45 ans, a été brièvement présenté devant un tribunal mercredi, aux côtés de son fils de 18 ans, qui l’accompagnait en Afrique du Sud, et d’un autre individu soupçonné d’avoir tenté de les aider à rejoindre illégalement le Zimbabwe, en échange de 250 000 rands (13 000 euros). D’après la police sud-africaine, ils avaient ensuite l’« intention de poursuivre leur route vers l’Europe ».
Stellio Gilles Robert Capo Chichi, de son vrai nom, est sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par le Bénin, pays dont il a la nationalité, dans le cadre de l’enquête sur la tentative du coup d’Etat du 7 décembre 2025 à Cotonou. La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme béninoise le poursuit pour « apologie de crimes contre la sûreté de l’Etat » et « incitation à la rébellion », des chefs d’accusation qui peuvent entraîner de sévères peines.
Opposant virulent au président béninois sortant, Patrice Talon, il se rêvait un temps candidat à l’élection présidentielle, remportée mardi par Romuald Wadagni, dauphin de l’ex-chef de l’Etat.
Selon les sources de RFI, la délégation du Bénin serait conduite par des personnalités de haut-niveau. La machine judiciaire béninoise s’est mise en branle dès l’annonce de l’interpellation de Kemi Seba.
Une demande d’extradition a été rapidement préparée et transmise aux autorités judiciaires sud-africaines, indique notre correspondant à Cotonou, Jean-Luc Aplogan.Le Bénin a émis deux mandats d’arrêt contre l’activiste : l’un pour blanchiment d’argent, l’autre pour apologie de crime.
Kemi Seba s’est en effet installé dans une défiance permanente à l’égard de Patrice Talon, chef de l’État du pays depuis 2016 et qui cèdera bientôt sa place à Romuald Wadagni, vainqueur de la présidentielle du 12 avril.
Le pouvoir s’est pourtant montré indulgent en faisant relâcher Kemi Seba après une brève arrestation à Cotonou en septembre 2023. Les choses se sont ensuite progressivement dégradées. En mai 2024, Kemi Seba avait affirmé détenir des preuves de la présence de légionnaires français au nord du Bénin. À cela s’ajoutent ses vidéos d’approbation sur le putsch manqué du 7 décembre dernier.
Passeport diplomatique
Né Franco-Béninois, l’activiste souverainiste Kemi Seba, s’est vu retirer sa nationalité française en 2024. Cet influenceur anti-occidental soutient les régimes militaires au Sahel, hostiles à Paris et proches de la Russie. Le Niger du général Tiani lui a octroyé un passeport diplomatique.
À la tête de l’ONG baptisée Urgences panafricanistes et connu pour ses diatribes radicales contre les autorités françaises et les pouvoirs africains alliés de Paris.
Détention provisoire et procédure judiciaire
Après leur arrestation, Kemi Seba et les autres personnes concernées ont été placés en garde à vue avant d’être présentés à la justice. Leur comparution a été renvoyée au 20 avril 2026.
En attendant cette échéance, ils restent en détention provisoire. La police sud-africaine a également indiqué qu’une procédure d’extradition est en cours, sans préciser à ce stade les modalités ni le pays concerné.
Cette affaire intervient dans un contexte de vigilance accrue des autorités sud-africaines face aux tentatives de migration irrégulière à travers leurs frontières, notamment dans les zones sensibles comme celle du fleuve Limpopo.
Son ONG a dénoncé jeudi soir une tentative de « mise à mort « politique » » de Kemi Seba par le pouvoir béninois, dans un communiqué. « Loin de l’affaiblir, ces manœuvres ne font que renforcer la légitimité et la portée de son engagement en faveur de la justice sociale, de la souveraineté et de la dignité africaine », a-t-elle affirmé.
Par Regard Sur l’Afrique





















































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