Les deux seules puissances nucléaires européennes ont réalisé pour la première fois de leur histoire un exercice commun, « Rummy », avec des Eurofighter britanniques et des Rafale français, au-dessus de la mer Méditerranée.
L’essentiel
- Dans un communiqué de presse commun, la France et le Royaume-Uni viennent d’annoncer avoir réalisé leur premier exercice nucléaire commun.
- Après avoir décollé de la base aérienne de Saint-Dizier (Haute-Marne), « les Rafale français, escortés par des chasseurs Typhoon de la RAF, ont simulé une frappe nucléaire ».
- Intitulé « Rummy », cet exercice « démontre la coopération croissante entre les deux puissances nucléaires d’Europe dans le cadre de la Déclaration de Northwood ».
Un partenariat « historique ». Dans un communiqué de presse commun, la France et le Royaume-Uni ont annoncé ce vendredi avoir réalisé, pour la première fois, un exercice nucléaire en commun.
- Pour la première fois, les Typhoon de la Royal Air Force ont rejoint les Rafale de l’Armee de lair française pour participer à un exercice organisé par les forces aériennes stratégiques de la composante nucléaire aéroportée. Un jalon décisif de la coopération de défense 🇫🇷🇬🇧, démontrant la coordination et l’engagement des deux puissances nucléaires européennes en faveur de la sécurité de l’Europe et d’une dissuasion crédible.
« La première participation britannique à un exercice de la composante nucléaire aéroportée française marque un nouveau chapitre dans la coopération entre le Royaume-Uni et la France sur le nucléaire de défense », assure le ministère des Armées.
Simulation de frappe nucléaire
Au moins trois avions Eurofighter Typhoon de la Royal Air Force (RAF), et des Rafale de l’armée de l’Air et de l’Espace ont opéré ensemble lors d’un exercice nucléaire « inédit », intitulé « Rummy ». Des avions ravitailleurs A330 MRTT ont aussi participé à l’exercice, a ajouté le chef d’état-major des armées Fabien Mandon.
Cette nouvelle étape « démontre la coopération croissante entre les deux puissances nucléaires d’Europe dans le cadre de la Déclaration de Northwood » poursuit le communiqué. Adoptée par Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique d’alors Keir Starmer, le 10 juillet 2025, la Déclaration de Northwood stipule que les forces nucléaires des deux pays « sont indépendantes mais peuvent être coordonnées et contribuent significativement à la sécurité globale de l’Alliance, et à la paix et la stabilité de la zone euro-atlantique ».
Lors de cet exercice, « les équipages et les capacités britanniques ont opéré aux côtés des Forces aériennes stratégiques (FAS) françaises au-dessus de la mer Méditerranée. Après avoir décollé de la base aérienne de Saint-Dizier (Haute-Marne), les Rafale français, escortés par des chasseurs Typhoon de la RAF, ont simulé une frappe nucléaire ». L’exercice n’impliquait pas d’armes nucléaires.
« Une révolution pour les Forces aériennes stratégiques »
« C’est une révolution pour les Forces aériennes stratégiques (FAS), qui ont toujours opéré en totale autonomie depuis leur création dans les années 1960, a commenté sur X l’expert en armement stratégique Etienne Marcuz. Il convient toutefois de noter que deux avions Rafale B des FAS avaient déjà conduit un exercice conjoint avec deux Eurofighters allemands cet été ».
S’il s’agit bien d’une première franco-britannique, des responsables britanniques avaient toutefois déjà été admis à observer, en décembre 2025, l’exercice français Poker, qui se tient quatre fois par an et au cours duquel les forces aériennes stratégiques françaises mènent un raid nucléaire simulé.
« Concourir à la stabilité de la zone euro-atlantique »
« L’exercice d’aujourd’hui marque un nouveau chapitre dans la relation entre le Royaume-Uni et la France sur le nucléaire de défense, a déclaré Wes Streeting, secrétaire à la Défense britannique […] Dans un monde de plus en plus dangereux, nos adversaires ne doivent avoir aucun doute : le Royaume-Uni et la France restent unis dans leur engagement pour la sécurité européenne et le maintien de la dissuasion qui a contribué à préserver la paix pendant des générations. »
« Avoir des forces nucléaires indépendantes n’exclut pas la coordination, a déclaré de son côté la ministre des Armées Catherine Vautrin. Par la coordination, nos forces nucléaires démontrent qu’elles peuvent contribuer encore plus significativement à la sécurité globale de l’Alliance et à la paix et à la stabilité de la zone euro-atlantique. »
Cet exercice « témoigne de la détermination de la France et du Royaume-Uni à dissuader ensemble les menaces communes » estiment les deux pays. Tous deux rappellent qu’ils « n’envisageraient de recourir à l’arme nucléaire que dans des circonstances extrêmes de légitime défense ».
Emmanuel Macron a parallèlement lancé, en mars dernier, une initiative de « dissuasion avancée » auprès de ses partenaires européens. Celle-ci vise à associer les Etats européens volontaires à travers des exercices et des consultations stratégiques, mais sans aucun partage de la décision d’emploi de l’arme nucléaire. Elle prévoit notamment le déploiement « de circonstance » d’avions Rafale des forces stratégiques sur le territoire d’un partenaire. Dix Etats y ont, à cette heure, adhéré.
Par RSA avec AFP






















































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