Le classement montre que la dynamique de réformes s’est globalement poursuivie dans la région durant l’année écoulée, malgré un contexte marqué par des conditions de financement plus strictes, une baisse de l’aide au développement et un endettement élevé.
Sur les 40 pays d’Afrique subsaharienne éligibles aux financements de l’Association internationale de développement (IDA), le Rwanda est celui qui a affiché la meilleure qualité des politiques publiques et des institutions nationales en 2025, selon un rapport publié le 30 septembre 2026 par la Banque mondiale.
Intitulé « Country Policy and Institutional Assessment (CPIA) in Africa 2026 », ce rapport évalue la qualité des réformes politiques et institutionnelles nationales dans les pays d’Afrique subsaharienne bénéficiaires de l’aide de l’IDA, le guichet de la Banque mondiale dédié aux pays les plus pauvres, durant l’année 2025. Il se base sur 16 critères, dont la politique fiscale, la politique monétaire, la qualité des réglementations régissant le secteur financier, la protection sociale, l’équité en matière d’utilisation des ressources publiques, les droits de propriété et la transparence, la redevabilité et la corruption dans le secteur public. Ces indicateurs sont regroupés en quatre catégories : « gestion économique », « politiques structurelles », « politiques d’inclusion sociale et d’équité » et « gestion du secteur public et institutions ».
Pour chacun des 16 critères, chaque pays couvert reçoit une note allant de 1 (faible) à 6 (élevé) en fonction de sa performance durant l’année évaluée. Les notes reposent sur des réalisations et des politiques concrètement appliquées, et non sur des intentions ou des réformes simplement promises. Le score global de chaque pays correspond à la moyenne des notes des quatre catégories évaluées. Il est également calculé sur une échelle allant de 1 point (qualité médiocre des politiques et des institutions nationales) à 6 points (qualité optimale des politiques et des institutions).
Le Rwanda obtient un score global de 4,2 points, grâce notamment à ses bonnes performances dans les catégories « politiques d’inclusion sociale et d’équité » (4,5 points) et « politiques structurelles » (4,3 points). Le pays des Mille Collines affiche ainsi une note largement supérieure à la moyenne des pays éligibles aux financements de l’IDA en Afrique subsaharienne et à celle de l’ensemble des emprunteurs auprès de l’IDA dans toutes les régions du monde.
13 pays ont amélioré leurs scores
La Côte d’Ivoire occupe le 2e rang avec un score global de 4 points. Ce pays d’Afrique de l’Ouest réalise ses meilleures performances dans les catégories « gestion économique » et « politiques d’inclusion sociale et d’équité ». Le Bénin occupe la troisième marche du podium, ex aequo avec le Cap-Vert (3,9 points pour chacun des deux pays), devant le Kenya (3,8), le Togo (3,8), la Mauritanie (3,7) et la Tanzanie (3,6). Avec un score de 3,5 points, le Burkina Faso, le Ghana, le Sénégal et l’Ouganda occupent ex aequo le 9e rang.
Au total, 13 pays ont amélioré leurs scores par rapport à la précédente édition du classement, alors que 10 ont vu leurs scores régresser. De façon générale, on observe davantage d’augmentations de scores parmi les pays les mieux classés et davantage de détériorations en bas du tableau.
Dans l’ensemble, le classement met en évidence une région qui a continué à faire progresser ses politiques publiques et ses institutions en 2025, malgré un environnement de financement plus contraint, une baisse de l’aide au développement et des pressions liées à l’endettement.
Le score moyen de l’Afrique subsaharienne (3,1 points) a légèrement dépassé, pour la première fois, la moyenne de l’IDA, reflétant des améliorations soutenues dans de nombreux pays. La gestion économique est restée le domaine dans lequel la région réalise ses meilleures performances, soutenue par des progrès en matière de maîtrise de l’inflation, de gestion budgétaire et de surveillance de la dette, tandis que les politiques structurelles sont restées globalement stables, avec un score moyen de 3,2 points. L’inclusion sociale et l’équité ont continué de bénéficier de solides performances en matière de développement humain et de l’extension des systèmes de protection sociale, bien que les pressions financières s’intensifient. Le volet « gestion du secteur public et institutions » demeure cependant le point faible de l’Afrique subsaharienne, en raison des retards accumulés dans les domaines du respect des droits de propriété, de la gouvernance, de la redevabilité et de la lutte contre la corruption.
Classement 2026 des pays d’Afrique subsaharienne affichant la meilleure qualité des institutions et des politiques :
- 1-Rwanda (4,2 points)
- 2-Côte d’Ivoire (4)
- 3- Bénin (3,9)
- -Cap-Vert (3,9)
- 5-Kenya (3,8)
- -Togo (3,8)
- 7-Mauritanie (3,7)
- 8-Tanzanie (3,6)
- 9-Burkina Faso (3,5)
- -Ghana (3,5)
- -Sénégal (3,5)
- -Ouganda (3,5)
- 13-Guinée (3,4)
- 14-Cameroun (3,3)
- -Ethiopie (3,3)
- -Gambie (3,3)
- -Lesotho (3,3)
- -Madagascar (3,3)
- -Nigeria (3,3)
- -Zambie (3,3)
- 21-RD Congo (3,2)
- -Mali (3,2)
- 23-Burundi (3,1)
- -Eswatini (3,1)
- -Niger (3,1)
- -Sierra Leone (3,1)
- -Zimbabwe (3,1)
- 28-Liberia (3)
- 29-Tchad (2,9)
- -Malawi (2,9)
- -Mozambique (2,9)
- -São Tomé-et-Príncipe (2,9)
- 33-République du Congo (2,8)
- 34-Comores (2,7)
- -Guinée-Bissau (2,7)
- 36-Centrafrique (2,6)
- 37-Somalie (2,2)
- 38-Erythrée (1,7)
- 39-Soudan du Sud (1,6)
- -Soudan (1,6)
Par RSA avec Ecofin –Walid Kéfi























































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