En réponse aux attaques américaines et israéliennes contre la République islamique d’Iran, le gouvernement espagnol a appelé à la paix, prenant ses distances avec le cours des événements, bien qu’il ait désormais envoyé une frégate à Chypre en réponse à l’action militaire iranienne.
Les attaques américaines et israéliennes contre l’Iran ont encore davantage déstabilisé le Moyen-Orient, déjà fragilisé par une escalade incessante des tensions.
L’administration Trump a menacé la République islamique d’une attaque en raison de l’absence d’accord dans les négociations visant à limiter le programme nucléaire iranien. Elle a mis sa menace à exécution samedi dernier en coordonnant une offensive de grande envergure avec Israël, un allié clé dans la région. Cette frappe a été significative et a entraîné l’élimination de plusieurs hauts responsables de la République islamique, dont l’ayatollah Ali Khamenei lui-même.
L’Iran a rapidement réagi et a lancé des offensives contre divers pays du Golfe, comme l’Arabie saoudite et le Qatar, et même contre des intérêts proches de l’OTAN, comme l’attaque menée ce mercredi avec des armes balistiques contre l’espace aérien de la Turquie, un membre important de l’Alliance atlantique.
Confrontation direct entre l’Espagne et les États-Unis
L’Espagne, pays aux liens historiques étroits avec le Moyen-Orient, où vivent et travaillent plus de trente milles espagnols, s’est rapidement désolidarisée des attaques contre l’Iran, face à l’escalade de tensions sans précédent qu’elles ont engendrée, et a appelé à la paix. Pedro Sánchez, le Premier ministre espagnol, a repris le célèbre slogan « Non à la guerre » pour s’opposer à cette escalade belliqueuse initiée par les États-Unis et Israël, et a clairement indiqué que l’Espagne refusait d’y être complice. De fait, le dirigeant espagnol a refusé de céder les bases militaires de Rota et de Morón à l’offensive contre l’Iran. « La position de l’Espagne est la même qu’en Ukraine ou à Gaza. Non à la violation du droit international qui nous protège tous. Non au règlement des conflits par les bombes. La position espagnole se résume en quatre mots : “Non à la guerre” », a déclaré M. Sánchez lors d’une conférence de presse au palais de la Moncloa.
La position du gouvernement socialiste espagnol s’oppose frontalement aux intérêts de l’administration américaine de Donald Trump. Les relations restent très tendues suite à un affrontement entre le président américain et le gouvernement espagnol concernant le refus de Pedro Sánchez d’augmenter les dépenses de défense à 5 % du produit intérieur brut (PIB), comme l’exigeait Trump de tous les alliés de l’OTAN. Trump a fait valoir que les États-Unis étaient les seuls, au sein de l’Alliance atlantique, à déployer un effort économique et militaire significatif pour protéger l’Occident des diverses menaces à travers le monde, notamment les conflits armés comme ceux en Ukraine et à Gaza. Trump a souligné que tous les autres pays, à l’exception de l’Espagne, partageaient cette position.
Donald Trump a même menacé l’Espagne d’une guerre tarifaire, tout en émettant des réserves car les États-Unis doivent d’abord tenir compte des engagements et traités commerciaux de l’Union européenne, auxquels l’Espagne adhère en tant que pays membre et dont le géant nord-américain doit également tenir compte.
Un changement de position
Malgré les réticences initiales de l’Espagne, un changement de contexte politique s’est récemment opéré, marqué par divers développements dans le domaine de la défense et des forces armées.
L’Espagne a décidé de déployer la frégate Cristóbal Colón à Chypre en réponse aux attaques iraniennes, lancées en représailles à l’offensive américano-israélienne sur son territoire.
Ce navire, considéré comme le plus moderne de la marine espagnole, arrivera dans ce pays membre de l’UE le 10 mars pour escorter le porte-avions français Charles de Gaulle. Ce déploiement témoigne de l’engagement espagnol dans les exercices militaires liés au conflit Iran-Contra. « Avec le déploiement de la frégate Cristóbal Colón, l’Espagne démontre son engagement envers la défense de l’Union européenne et de sa frontière orientale », a déclaré officiellement le ministère espagnol de la Défense.
Par ailleurs, la ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, aurait déclaré qu’elle « soutenait Trump », selon diverses sources s’appuyant sur un enregistrement télévisé de sa rencontre avec l’ambassadeur américain à Madrid, une rencontre qui a eu lieu peu après que le président Donald Trump a affirmé ne vouloir rien avoir à faire avec l’Espagne et a menacé l’Espagne de sanctions commerciales.
Plus précisément, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a indiqué peu après cette réunion que l’Espagne coopérerait enfin avec les États-Unis concernant la guerre contre l’Iran. Cependant, le gouvernement espagnol dément tout lien avec les déclarations attribuées à la ministre Margarita Robles.
Le gouvernement espagnol a réaffirmé qu’il n’autoriserait pas l’utilisation des bases aériennes de Morón et de Rota dans cette offensive contre l’Iran sans la médiation des Nations Unies. « La position du gouvernement est on ne peut plus claire depuis le début. Sans équivoque.
Pour une raison simple : parce que, sur le plan éthique et légal, nous agissons en toute conscience », a déclaré la ministre Margarita Robles lors d’une interview sur la radio Cadena SER, au sujet de la position du gouvernement sur la guerre contre l’Iran.
Regard Sur l’Afrique Par Tinno BANG MBANG























































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